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La dirigeante du CIUSSS Martine Couture a accepté de porter au gouvernement les revendications des manifestants.

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Une centaine de manifestants issus en majorité des organismes communautaires ont occupé dans une ambiance festive les bureaux du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), à Chicoutimi, mercredi midi, afin de soumettre leurs revendications à la présidente-directrice générale Martine Couture.

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Une centaine de manifestants ont répondu à l'appel de la Coalition élargie Main rouge.

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Des intervenants, des personnes aidées par les organismes, des représentants syndicaux et des étudiants de travail social en grève ont réussi à se rendre au 4e étage de l'édifice et y sont demeurés jusqu'à 14 h, à l'initiative de la Coalition élargie Main rouge dans la région. Plusieurs ont témoigné des impacts ressentis en raison des coupes et de leurs craintes. Leur principale demande concerne le maintien et l'amélioration du filet de protection social, assuré par les services publics, les programmes sociaux et les groupes d'action communautaire autonome.

Le CIUSSS a été ciblé en tant que principal bailleur de fonds des organismes et comme symbole gouvernemental. Martine Couture a déjà reçu les revendications de la coalition le mois dernier. Les manifestants lui ont rappelé son engagement à acheminer le message au gouvernement. «Elle a reconnu l'importance de notre travail et elle nous a assuré qu'elle ferait entendre notre message, déclare la porte-parole du mouvement, Karen Myles. On peut dire que c'est une réussite, ça montre que la mobilisation ne s'essouffle pas.»

Selon l'intervenante du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire (MÉPAC) de la région, Josie-Anne Bonneau, le renouvellement des protocoles d'entente pour 383 organismes financés par Québec n'est pas suffisant, puisque les mesures d'austérité se poursuivent. «Toutes les personnes qu'on rencontre ressentent des impacts, le gouvernement est en train de détruire nos acquis», dénonce-t-elle.

« Il n'y a pas d'âge pour se réaliser »

À 54 ans, Jacques Fortin s'est octroyé le droit de rêver. Pour atteindre son but de devenir boucher, il suit des cours de lecture et d'écriture au Centre Alpha de La Baie. Celui qui profite d'un accompagnement individuel sera cependant incapable d'améliorer ses conditions de vie, si l'organisme ferme ses portes en raison des coupes.

L'homme profite d'une subvention octroyée par Emploi-Québec pour une formation de six mois. Comme il doit réapprendre toute la base, son cheminement risque d'être plus long. «J'espère vraiment que le centre sera encore ouvert l'automne prochain», confie-t-il.

Déjà, l'organisme a vu passer le nombre de personnes subventionnées par ce programme de cinq à trois. «C'est la meilleure place pour moi, j'ai un bon suivi», assure celui qui a vécu de la dévalorisation par ses enseignants et de l'intimidation à l'école.

M. Fortin était lassé des emplois peu payants et de l'aide sociale. «Je veux vivre une vie normale, avoir une voiture, m'acheter des vêtements et faire mon épicerie chaque semaine. Je vais enfin réussir à sortir de cet enfer, à ne plus manger des toasts pendant deux semaines et à pouvoir subvenir aux besoins de mon épouse et moi.»

Selon lui, il est illogique que le gouvernement souhaite que les bénéficiaires quittent le programme d'aide sociale, alors qu'il coupe dans les outils pour y arriver. En pareille situation, son intervenante Louise Vaillancourt comprend que les gens préfèrent «décrocher». L'orthopédagogue de formation a elle-même abandonné son emploi en milieu scolaire en raison du manque de ressources. «C'est horrible ce qui se passe!»

Mme Vaillancourt se trouve privilégiée de pouvoir accompagner des adultes comme Jacques Fortin. «Il n'y a pas d'âge pour se réaliser.»

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