Festival collégial interculturel: première édition prometteuse

Autant de jeunes étudiants québécois qu'internationaux ont participé... (Photo courtoisie, Sophie Lavoie)

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Autant de jeunes étudiants québécois qu'internationaux ont participé au festival. Ceux-ci dégustent ici de la tire d'érable.

Photo courtoisie, Sophie Lavoie

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Le Cégep de Jonquière a tenu en fin de semaine une première édition prometteuse du Festival collégial interculturel, une rencontre entre étudiants québécois et internationaux, qui pourrait bien se développer pour intégrer le Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ).

Couronné par le succès du spectacle de l'humoriste Mariana Mazza samedi soir, l'événement a failli être terni par les coupes dans le milieu de l'éducation. «On a senti l'austérité. L'invitation a été lancée à tous les cégeps de la province en mai, mais seul Saint-Félicien a envoyé une délégation», se désole la responsable des activités socioculturelles de l'établissement jonquiérois, Jennifer Tremblay.

Le projet, mis en branle en 2012, est basé sur le modèle des festivals intercollégiaux du RIASQ comme celui de danse, de théâtre ou de Cégeps en spectacle. Chaque année, une institution différente organise l'événement, et des étudiants de toute la province logent dans l'école durant la fin de semaine pour partager leur passion. Le festival multiculturel devrait revenir en 2016, mais il devra évoluer quelques années avant de se promener dans d'autres régions.

Grâce à la participation de plusieurs élèves en sciences humaines, en travail social et en éducation spécialisée, autant de jeunes étrangers que québécois ont pu échanger. C'était l'objectif principal, afin d'intégrer les premiers et d'ouvrir les seconds au reste du monde.

Activités variées

D'origine latino-arabe, Mariana Mazza a facilement rejoint les centaines de personnes présentes à la salle François-Brassard samedi. L'humoriste a discuté sur scène avec les étudiants internationaux et a notamment découvert la Nouvelle-Calédonie, en Océanie, qu'elle a rebaptisée en riant «l'île de Cannelloni».

«Je n'ai jamais vu les élèves étrangers aimer autant un spectacle québécois. Mariana Mazza était très touchée et elle voudrait revenir l'an prochain, confie Jennifer Tremblay. Je suis sûre que plusieurs personnes ont assisté à la soirée pour la voir, en n'ayant aucune idée qu'il y avait autant d'étudiants internationaux au cégep. Eux aussi ont fait une découverte!»

Le propriétaire de l'épicerie Mon Afrique au Saguenay, Marcellin Gbazaï, était le président d'honneur de l'événement. Des ateliers sur le voyage, l'environnement et les danses africaines ont été donnés. Le metteur en scène Louis Wauthier a également donné un cours de danse folklorique.

«Quelque chose est né, est persuadée la responsable. Il y a un rayonnement entre les deux groupes. Pour certains élèves étrangers, c'est difficile de parler aux Québécois dans leurs cours. Une jeune fille qui étudie ici depuis deux ans ne leur avait jamais parlé, et elle a maintenant des amis originaires du Saguenay. Cette nouvelle dynamique va nous donner de l'énergie pour le reste de l'année!»

Un engagement essentiel

(DG) - Le Festival collégial interculturel a vu le jour grâce à l'implication essentielle d'étudiants internationaux, désireux de partager leur culture avec les Québécois et de connaître la leur en retour.

Diplômé en Intégration multimédia en 2014, le Réunionnais Christophe Marianne faisait partie du premier comité organisateur. Le gagnant de la 35e finale locale de Cégeps en spectacle avait justement relevé la difficulté pour les étudiants étrangers de participer au concours, puisque la langue française est valorisée par les juges. Or, ce ne sont pas tous les élèves qui peuvent exprimer librement leur art dans une autre langue comme le rappeur.

«On trouvait que nous étions défavorisés. Avec mes amis, on voulait créer un festival avec la même ambiance, mais où on pourrait partager notre culture sans contrainte», explique Christophe.

Présidente du Comité d'activités sociales des étudiants internationaux (CASEI) à Jonquière, Bénédicte Di Fonzo était bénévole pour le festival. La jeune femme, membre de l'importante communauté du cégep originaire de la Nouvelle-Calédonie, s'implique beaucoup depuis son arrivée en 2013, notamment dans la troupe de danse collégiale.

«En fin de semaine, la proximité avec les Québécois était vraiment spéciale. J'ai déjà plusieurs amis qui viennent d'ici, mais j'ai rencontré encore plus de personnes sympathiques. C'est bien de ne pas toujours rester avec notre groupe d'étudiants internationaux, ça change les idées.»

Bénédicte a été touchée par le contact avec la culture amérindienne. Le rappeur algonquin Samian donnait un spectacle le vendredi, avec en première partie des jeunes du Centre d'amitié autochtone de Chicoutimi. «J'ai beaucoup aimé écouter leurs chants traditionnels et discuter avec eux. Ils ont une vision des choses différente.»

Plusieurs étudiants jonquiérois proviennent entre autres de l'île de La Réunion, du Mexique, de l'Afrique et de la Guadeloupe. Grâce au local interculturel du CASEI à l'intérieur du cégep, il est facile pour eux de se regrouper et d'organiser des activités.

Les élèves en publicité d'Art et technologie des médias ont pris en charge l'événement, mais c'est un étudiant international de première année qui a organisé le «souk», un marché où les jeunes présentaient leur pays d'origine. Il est clair pour eux que l'implication favorise l'intégration.

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