Le ministre Lessard se montre cinglant envers FSC

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Le ministre Laurent Lessard

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Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, se demande bien quelle juridiction dans le monde sera en mesure d'obtenir une certification du Forest Stewardship Council (FSC) si le Québec n'y parvient pas malgré le régime forestier le plus avancé sur la planète en matière de protection des écosystèmes.

Le ministre participe en ce moment, à la demande du premier ministre Philippe Couillard, au Forum international sur les forêts et paysages forestiers intacts tenu par l'organisme de certification à Bonn en Allemagne. Laurent Lessard y est de passage au moment où la haute direction de FSC international menace d'expulser de ses rangs la papetière Résolu qui possède la plus grande superficie de forêts certifiées au Québec, la province faisant partie des deux juridictions qui affichent les plus grandes forêts certifiées dans le monde.

Le ministre des Forêts du Québec n'a pas fait allusion directement à la crise qui perdure dans la Belle province entre FSC Canada et Résolu, mais a identifié clairement les enjeux pour le Québec, dont certains ont provoqué la perte de certificats (dossier des Cris). Les enjeux identifiés par Laurent Lessard devant le forum sont le consentement libre et éclairé des communautés indiennes et la motion 65 portant sur les paysages forestiers ainsi que les forêts anciennes, qui sera en vigueur en 2017.

Les communautés autochtones, a résumé le ministre, ont une place prépondérante dans le régime forestier québécois au stade des consultations dans la préparation des différentes phases menant aux plans de coupe. Laurent Lessard a toutefois fait des mises en garde concernant tout le volet autochtone de la certification en matière de consentement libre et éclairé. Le ministre a ouvertement informé les participants que certaines communautés profitaient de ce levier pour négocier d'autres éléments avec le gouvernement.

Il faisait ainsi référence aux propos tenus par le chef d'Obedjiwan Christain Hawashish, dans le cadre d'une table ronde à l'Université Laval. Le chef indien a alors indiqué vouloir retirer son consentement pour les certificats en vigueur sur le territoire de sa communauté pour signifier son mécontentement à Québec.

Un concept qui n'existe pas

Sur la question des forêts intactes, Laurent Lessard a coupé court aux discussions. Il a énuméré un certain nombre d'éléments qui composent la forêt boréale et régulent les changements, comme les insectes ou les grands feux.

«À la lumière de ces faits, je considère que le concept des forêts intactes ne s'applique pas au Québec», a tranché Laurent Lessard. Il insiste sur le fait qu'au moins 90% de la grande forêt boréale du Québec est sous la protection des aires protégées alors qu'une grande partie de cette forêt est située au nord de la limite des forêts sous aménagement.

«Selon nos dernières estimations, si nous combinons les forêts situées au-delà de la limite nordique et celles situées dans des régions protégées, il y a plus de 90% de forêts intactes au Québec. Ces calculs sont basés sur la définition la plus restrictive de la définition d'une forêt intacte. 90%, c'est beaucoup plus que les 80% qui sont utilisés comme indicateur dans la motion 65», a ajouté le ministre Lessard.

Le ministre avait évoqué plus tôt dans son allocution certaines réalités particulières de la forêt boréale. Il a statué que nous ne sommes pas dans une logique de déforestation totale pour créer des pâturages. Le Québec, a-t-il repris, croit qu'il doit y avoir des efforts pour augmenter la certification, mais que les organismes de certification comme FSC n'ont pas à se substituer à l'État pour établir les lois qui encadrent l'aménagement forestier.

Joint en fin de journée hier, le président de FSC Canada, François Dufresne, a indiqué qu'il préférait que le ministre Laurent Lessard donne lui-même ses impressions sur l'allocution prononcée: «Ça contribue au débat», s'est contenté de dire l'ingénieur forestier.

Quant au sort de la papetière Résolu qui est sous le coup d'une menace d'expulsion, le président de FSC Canada a indiqué que tout ce qui concerne la papetière était maintenant sous la responsabilité de FSC International. L'organisme a menacé Résolu d'expulsion en dénonçant la publication par la papetière d'un communiqué après la récupération d'un certificat en Ontario.

La région absente pour un enjeu important

(LT) - La Société du Plan Nord n'a pas jugé opportun de nommer des politiciens locaux au sein du groupe de travail qui a à se pencher sur les activités non industrielles qui permettront de compléter la protection de 50% de tout le territoire situé au nord du 49e parallèle. De cette superficie, rappelons-le, 20% seront constitués, d'ici 2035, d'aires protégées en fonction des engagements internationaux du gouvernement du Québec.

Le groupe de travail composé de 22 personnes comprend des représentants des communautés indiennes et inuit, des représentants d'au moins deux groupes environnementaux, ceux des industries minières et forestières, les gouvernements locaux du Nord-du-Québec ainsi que des fonctionnaires de trois ministères du gouvernement du Québec. Le président de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé, siège d'office sur ce groupe de travail.

Ses travaux auront un impact majeur pour l'industrie forestière de plusieurs municipalités du Lac-Saint-Jean dont les opérations de récolte se déroulent au nord du 49e parallèle, jusqu'à la limite nordique de la forêt boréale commerciale située au 51e parallèle.

Selon le responsable des communications à la Société du Plan Nord, Guillaume Plante, les personnes sélectionnées vont évaluer l'ensemble des questions et soumettre un rapport à la société. Les élus régionaux seront consultés au cours d'une étape ultérieure. Pour le moment, le gouvernement du Québec n'a encore pris aucune décision, si ce n'est qu'il a fixé un échéancier précis pour l'atteinte de certains objectifs en matière d'aires protégées ainsi que la rédaction de ce que devraient être des activités non industrielles permettant d'atteindre une portion de 30% du territoire protégé.

L'élaboration d'une décision pour des fins autres qu'industrielles constitue le premier volet du rôle du comité. Le second volet doit comprendre des «orientations et des moyens concrets pour opérationnaliser un mécanisme d'affectation du territoire à des fins non industrielles», précise le document obtenu par Le Quotidien.

Les enjeux sont de taille pour les communautés forestières dans cette dynamique de protection. En ce moment, les aires protégées couvrent une superficie de 9,34% de la forêt boréale. Le gouvernement doit donc identifier une autre portion de 2,66% de la forêt boréale qui sera désignée comme aire protégée. Cette désignation pourrait avoir une influence importante sur la possibilité forestière, à moins que le gouvernement ne choisisse des aires protégées situées au nord de la limite nordique de la forêt sous aménagement.

Un autre enjeu se dessine et il s'agit d'une portion de 30% du territoire qui tombera dans la catégorie des activités non industrielles. Le comité doit déterminer les critères qui permettront de faire la différence entre une activité industrielle et une activité non industrielle. Il est même précisé que le comité devra examiner la comptabilité des activités liées à l'aménagement forestier, l'écotourisme, la mise en valeur de la faune, la mise en valeur des ressources forestières non ligneuses et l'acquisition de connaissances des géopotentiels.

Pour le moment, le gouvernement n'a pas encore fixé d'objectif de protection dans la catégorie des activités non industrielles pour la portion de la forêt boréale commerciale située dans les limites du Plan Nord.

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