Les priorités régionales des prochains mois

Quatre préfets, quatre MRC, quatre dossiers prioritaires. Une ville, un maire,... (Archives Le Quotidien)

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Quatre préfets, quatre MRC, quatre dossiers prioritaires. Une ville, un maire, un cheval de bataille. Le Quotidien s'est entretenu avec les préfets des quatre MRC de la région et avec le maire de Saguenay, Jean Tremblay, pour connaître leur priorité pour les jours et mois à venir. Quel dossier figure au sommet de leur liste de souhaits pour le temps des Fêtes?

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Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay

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Plus beau cadeau: le décret pour Arianne Phosphate

Le plus beau cadeau que pourrait recevoir la MRC du Fjord-du-Saguenay pour Noël serait l'émission du décret ministériel pour le projet minier d'Arianne Phosphate, estime son préfet, Gérald Savard.

M. Savard n'a pas hésité bien longtemps avant d'énoncer le dossier le plus important pour sa MRC. Le projet minier du Lac à Paul représente un investissement de 1,2 milliard de dollars, la mobilisation de 2200 travailleurs lors de la construction et la création de 1000 emplois directs et indirects.

Depuis 2007, la MRC du Fjord-du-Saguenay accompagne Arianne Phosphate. Gérald Savard a notamment rencontré les ministres Jean D'Amour (Transports et Implantation de la stratégie maritime) et Pierre Arcand (Ressources naturelles) et a demandé un entretien avec le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel.

«Nous jouons un rôle politique. Nous espérons que les délais ne seront pas trop longs. Les choses sont en place, je suis confiant. Quoi qu'il en soit, la MRC poursuivra ses actions», assure Gérald Savard. En recevant le décret ministériel, Arianne Phosphate pourrait passer à l'étape des plans et devis.

Selon M. Savard, le projet du lac à Paul représente un des projets d'investissements les plus importants des dix dernières années, autant dans la région que dans la province.

De surcroît, le développement de la route L-200, la création d'un écoparc industriel dans le secteur de Saint-Fulgence et l'implantation d'un terminal maritime à Sainte-Rose-du-Nord constituent trois chantiers parallèles de grande importance pour le secteur. M. Savard croit également que le port de Sainte-Rose-du-Nord deviendrait une infrastructure cruciale pour le développement du Plan Nord.

«C'est un développement durable pour notre territoire. Quand tu commences quelque chose, il s'enclenche autre chose», ajoute M. Savard.

Même si les craintes environnementales ont fait couler beaucoup d'encre, notamment lors des audiences publiques du BAPE, le préfet affirme que plusieurs citoyens lui répètent sur une base quasi quotidienne leur désir de voir le projet minier d'Arianne Phosphate se concrétiser, rapidement. «La confiance, la confiance, martèle Gérald Savard. Les méthodes ont changé. Plusieurs projets ont fait leurs preuves ces dernières années, et la Loi sur les mines a été améliorée.»

Trois autres enjeux sont prioritaires pour la MRC du Fjord-du-Saguenay, selon Gérald Savard, soit le projet éolien de Rivière-du-Moulin, le schéma de couverture de risques en incendie et le sentier de motoneige de calibre international.

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Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin

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Les baux de villégiature et l'entretien des chemins

La hausse des baux de villégiature, ainsi que le désengagement du gouvernement et des compagnies forestières quant à l'entretien des chemins d'accès, ont forcé la MRC Maria-Chapdelaine à augmenter la taxe foncière pour soutenir les associations de villégiateurs dans leurs nouvelles responsabilités.

Le gouvernement augmentera de façon substantielle les baux de villégiature à partir du 1er janvier. La hausse varie d'un endroit à l'autre, en raison d'une méthode calcul qui tient compte de la distance entre un terrain et son pôle d'attraction urbain. La proximité d'un plan d'eau est également considérée, de même que la valeur de référence.

Le préfet Jean-Pierre Boivin juge ce dossier prioritaire. Sur le territoire de la MRC Maria-Chapdelaine, il y a plus de 3600 baux de villégiature. «Il fallait absolument trouver de l'argent pour assurer l'entretien des chemins multiressources, des ponts et des ponceaux. Cette question demeurait entière. Pour remettre de l'argent aux associations et s'occuper des chemins orphelins, il a fallu revoir notre taux de taxe foncière», justifie Jean-Pierre Boivin.

La taxe foncière sera donc haussée de 15 cents à 33 cents pour permettre aux associations et à la MRC d'intervenir dans les chemins de villégiature afin qu'ils soient accessibles et sécuritaires. Combinée avec l'augmentation du bail, cette hausse peut s'agir d'un coup dur pour les personnes à revenus modestes, reconnaît M. Boivin, qui croit toutefois avoir la meilleure solution possible entre les mains.

«On a rencontré plusieurs fois le regroupement des associations des villégiateurs et on en est arrivé à cette proposition-là, qui les satisfait», assure-t-il.

Dans les prochaines semaines, la MRC va réunir les associations pour trouver un terrain d'entente quant au processus de reddition de compte.

Par ailleurs, la MRC veut ouvrir une centaine de terrains de villégiature en 2016, car la demande demeure élevée. Les compagnies forestières qui procèdent à l'entretien de certains chemins seront aussi rencontrées.

Les efforts de la MRC Maria-Chapdelaine, au-delà de la villégiature, se tourneront vers l'intégration des services du CLD à la MRC et la mise en place d'une structure de concertation régionale.

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André Paradis, préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est

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Une nouvelle structure en place

Une nouvelle instance de concertation économique verra le jour au début de l'année 2016 dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est pour compenser l'abolition des Centres locaux de développement (CLD) et pour assurer une plus grande force d'impact.

L'implantation de cette structure, née de l'union des organisations de développement économique de la MRC et d'Alma, sera confirmée d'ici quelques semaines, en vue d'être active dès l'arrivée de 2016. Depuis trois mois, un comité travaille à assembler les différents morceaux du casse-tête.

La mission de cette instance sera similaire à celle du CLD. «C'est d'accompagner les entreprises dans la gestion de leur portefeuille et de favoriser l'accueil et le développement de nouvelles entreprises», indique le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis.

L'élaboration de cette instance découle d'une volonté de concertation et de mobilisation des régies responsables des différents parcs industriels du secteur, des municipalités et de la MRC. Selon M. Paradis, cette union permettra d'assurer la cohérence et la complémentarité des zones industrielles, en tenant compte des particularités et des forces de chacune.

Cette organisation disposera également d'un nouveau démarcheur pour les municipalités rurales afin d'attirer des entreprises.

«Si une entreprise case mieux dans un des secteurs, celui-ci va pouvoir favoriser le secteur concerné. Le gros défi est de s'assurer que tout le monde soit gagnant, et à ce jour, les discussions favorisent l'entente et le positivisme», explique André Paradis.

L'appellation et l'organisation finale de cette structure seront confirmées prochainement. Quant à l'administration, une quinzaine de personnes veilleront au succès de cette instance.

Selon M. Paradis, la mise en place d'une telle structure était essentielle dans un contexte de coupes budgétaires et de morosité économique.

«Mettre en commun nos budgets de développement économique et unir nos forces vont nous permettre de mettre encore plus de moyens financiers pour supporter le développement économique. En ce moment, on retient notre souffle. Maintenant, on souhaite donner un second souffle», fait valoir André Paradis.

Le budget annuel de l'instance sera de quelque 2,8 millions$ par année.

Les autres priorités de la MRC Lac-Saint-Jean-Est sont le suivi du plan de développement de la zone agricole et la poursuite des efforts en matière de tourisme.

Paradis réélu sans surprise

Par ailleurs, André Paradis a été élu, sans surprise, mercredi soir, à la présidence de la MRC Lac-Saint-Jean-Est. Le maire de Saint-Henri-de-Taillon entame son quatrième mandat à la tête de la table des maires. Seule sa candidature a été soumise par les élus jeannois.

« Merci de votre confiance. On a de beaux défis qui s'en viennent. Et vous pouvez compter sur mon entière collaboration », a exprimé M. Paradis, à la suite de son élection. Le maire d'Alma, Marc Asselin, a également été réélu au poste de préfet suppléant.

Les élus jeannois ont également adopté un budget revu à la baisse pour 2016. Un budget total de 10,6 millions $, ce qui représente une baisse 4,29 %. Et contrairement à l'an dernier, les quotes-parts n'augmenteront pas en janvier. Ils diminueront de 4 % en 2016, passant de 7,8 millions $ à 7,5 millions $.

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Le préfet sortant de la MRC Domaine-du-Roy, Gérard Savard

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L'héritage du préfet Savard

Depuis la fermeture de l'usine de Louisiana-Pacific en 2008, l'exploitation de la filière feuillue est limitée dans la MRC Domaine-du-Roy. Le préfet sortant Gérard Savard juge prioritaire d'orchestrer un changement profond en passant de la fibre à la molécule.

Dans une entrevue réalisée quelques jours avant l'élection de Ghislaine Hudon, mairesse de Lac-Bouchette, comme préfet, Gérard Savard a dit attendre avec fébrilité l'attribution des volumes de bois rendus disponibles à la suite de la résiliation de la garantie d'approvisionnement de l'usine de fabrication de panneaux OSB. Le bureau de projet mis sur pied en mars a reçu une dizaine de projets d'investissement et procède à leur analyse au regard de leur plan de financement et de leur viabilité, entre autres critères.

Quatre ou cinq projets ont été présentés pour le territoire de la MRC Domaine-du-Roy. «Les ministères mettent beaucoup d'énergie pour choisir des solutions viables afin d'assurer la pérennité de la filière feuillue. Le bureau de notre député nous dit qu'il reste des ficelles à attacher. On est comme des enfants. On espère un cadeau à Noël, mais tout en gardant à l'esprit qu'on ne veut rien précipiter», a affirmé Gérard Savard.

Le passage de la fibre à la molécule représente une transformation profonde des façons de faire de l'industrie de la forêt. La MRC veut ainsi développer de nouveaux créneaux pour une utilisation maximale de la ressource. «L'industrie du papier a connu des pertes immenses. Il faut trouver de nouveaux créneaux, de la première à la troisième transformation. Il faut travailler d'autres façons d'utiliser et de transformer le bois, de façon plus créative, pour apporter une valeur ajoutée supérieure», a soutenu Gérard Savard.

La fermeture de Louisiana-Pacific a causé la perte de 130 emplois directs, en plus de nombreux emplois indirects. Une bonne nouvelle viendrait mettre un baume sur une plaie encore ouverte, dit Gérard Savard, qui veut miser sur l'inventivité des jeunes et la recherche. «Une nouvelle positive dans ce secteur serait extraordinaire pour la région. Si un gros projet se confirme, on peut s'attendre à ce qu'il y ait une foule d'autres entreprises qui s'y accrochent.»

L'évolution du secteur minier, la transformation du milieu agricole en lien avec le Partenariat transpacifique, l'accompagnement de la relève en agriculture et le maintien des jeunes en région sont au nombre des autres priorités de la MRC Domaine-du-Roy.

Après sa victoire, Ghislain Hudon a affirmé que sa priorité était la mise sur pied d'un parc industriel éclaté. Le Quotidien n'a pas réussi à la joindre au lendemain de son élection.

Le maire Jean Tremblay est convaincu que le... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 6.0

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Le maire Jean Tremblay est convaincu que le conseil municipal ne perdra pas de son efficacité en passant de 19 à 15 conseillers autour de la table.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Saguenay: réduire le nombre de conseillers

Après les Fêtes, Saguenay présentera un mémoire en commission parlementaire concernant le projet de loi visant à faire baisser le nombre de conseillers municipaux de 19 à 15.

Le projet de loi privé, parrainé par le député Serge Simard, consiste en une modification au décret signé lors de la fusion. Ce décret octroie à Saguenay une permission spéciale quant à l'application de l'article 12.1 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, qui concerne la proportionnalité du nombre d'électeurs par district.

La proposition suggère que 15 conseillers municipaux soient élus en 2017, que les limites des arrondissements actuels soient conservées et que la règle de proportionnalité soit appliquée par arrondissement plutôt que pour l'ensemble du territoire, entre autres choses. Le projet de loi prévoit six conseillers à Jonquière et à Chicoutimi, tandis que La Baie conserve trois échevins.

Avec un salaire moyen de 50 000$ par conseiller, le maire de Saguenay estime faire des économies considérables. «Je prends ça comme un service au citoyen. Il va sauver 200 000$», lance Jean Tremblay.

Le décret avait été émis une première fois lors de la création de Saguenay, en 2002, puis a été reporté à trois reprises. «C'était compliqué de faire une fusion. Pour réussir à faire ça en harmonie, on avait besoin de temps, se rappelle le premier magistrat. La troisième fois, j'ai encore usé d'insistance. Mais je sentais que je commençais à les tanner. En 2013, j'ai senti que j'étais au bout de mon rouleau. Ils m'ont clairement dit que c'était la dernière fois.»

Après avoir demandé le report du décret à plusieurs reprises, le maire de Saguenay est désormais convaincu que la ville sera efficace avec 15 conseillers. Elle présentera son mémoire sur la question après les Fêtes, et toute personne peut également décider de déposer un mémoire. «Un conseil municipal, c'est comme un conseil d'administration, mais d'une ville. Ça me surprendrait qu'à Rio Tinto, ils soient 35 sur leur conseil d'administration. J'ai constaté qu'à 19 conseillers, c'est beaucoup.»

En 2011, le maire avait soutenu que la diminution du nombre d'élus entraînerait une augmentation du nombre de fonctionnaires en raison de l'augmentation de la charge de travail des conseillers. En 2017, il assure que le conseil sera fin prêt pour cette modification au décret. «C'est réaliste et limpide. Pour moi, c'est le nombre idéal. Les conseillers municipaux, leur tâche principale, c'est de prendre des décisions et de les faire exécuter. Ce n'est pas de poser des actes de fonctionnaires.»

Jean Tremblay a accepté de revenir sur les critiques suscitées par le dépôt de la résolution. Des conseillers et des acteurs de la société civile avaient alors dénoncé l'absence de dialogue a priori. «Je l'aurais présentée deux mois avant, et ils auraient dit la même chose. Est-ce que c'est faisable ou pas? Chacune est capable de se faire une tête là-dessus. Il faut être efficace pour le citoyen.»

À ses yeux, cette mesure vient corriger une anomalie. «Au Québec, c'est là qu'il y a le plus grand nombre de conseillers. C'est démesuré. On n'est pas des changeux, mais le monde change. Il faut aller voir les modèles qui marchent. Regardez à Vancouver, la ville fonctionne très bien avec juste 10 conseillers», avance Jean Tremblay.

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