Il ne faut laisser aucun répit au crime organisé

Le gouvernement ne peut vraiment pas abandonner la lutte au crime organisé.... (Photo 123RF)

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Le gouvernement ne peut vraiment pas abandonner la lutte au crime organisé. Même si les intervenants en justice savent très bien qu'ils ne pourront éliminer la criminalité, ils se doivent de maintenir une certaine pression.

Me Claudine Roy ne cache pas que l'éradication de la vente de stupéfiants est impossible, car l'actuelle procureure en chef, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, a vécu de l'intérieur les opérations policières visant le démantèlement des réseaux de stupéfiants.

Les opérations policières demeurent primordiales et doivent donc se poursuivre. Sinon, une situation criante deviendra tout simplement incontrôlable.

«Tout est donc une question d'équilibre. C'est un mouvement de balancier. Si l'État relâche, le crime organisé va prendre la place qu'on va leur laisser. Mais de maintenir une pression, c'est excellent. On réussit déstabiliser les réseaux. Lorsqu'un groupe est défait, on sait que des nouveaux vont prendre la place. Mais comme il s'agira de nouveaux joueurs, ils seront plus enclins à commettre des erreurs. D'où l'importance de maintenir une vigilance», estime Me Roy.

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Me Claudine Roy

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Le succès des opérations policières réside dans la collaboration entre les divers corps policiers de la région.

Procureure attitrée au Bureau de lutte contre le crime organisée (BLCO) de 2004 à 2012 pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'avocate retient l'échange d'information entre la Couronne, la Sécurité publique de Saguenay, la SQ et la GRC.

«À une certaine époque, le gouvernement a créé les Équipes régionales mixtes (ERM), dont une dans la région. Mais, comme cela s'est produit bien avant, la région avait été précurseure dans cette collaboration, alors que les policiers de Saguenay et de la GRC s'échangeaient des informations. Et à l'arrivée de l'ERM, toutes les informations des enquêtes se sont échangées entre les corps policiers afin de contrer le crime organisé», se souvient Me Roy.

Plusieurs opérations ont été menées dans la région. Le projet Type, les opérations Satchi, Gouape et plusieurs autres ont permis l'arrestation de nombreux trafiquants de drogue dans la région.

«Cela démontre que le travail de collaboration des corps policiers de la région a eu et a toujours son importance», conclut Me Roy.

La justice n'a pas l'intention d'abdiquer

Malgré toutes les opérations policières visant à démanteler des réseaux de trafiquants de drogue et de fraudeurs, il y aura toujours de la drogue disponible dans les rues et il se trouvera encore des gens pour en arnaquer d'autres. Mais le monde de la justice n'a pas l'intention d'abdiquer, bien au contraire.

Ancien procureur en chef de la Direction des poursuites criminelles et pénales pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Me Denis Dionne croit que les gouvernements, les policiers et le monde juridique doivent poursuivre les offensives pour déranger, ralentir et arrêter ceux qui tentent de corrompre le monde ou de vendre de la drogue aux abords des écoles.

« Il demeure important de faire ces opérations. Il faut que ça se fasse. Oui nous savons que ça va revenir, mais le temps qu'une organisation est mise à carreau, ça fait ça de moins sur le marché. C'est comme la prostitution, il y en avait dans les temps ancestraux et il y en a encore », commence par dire Me Dionne.

Celui-ci convient que la société s'interroge sur l'utilité ou non de conserver un crime en tant que crime.

Au fil des années, les choses ont changé. Des modifications ont été apportées pour l'aide au suicide et les discussions vont bon train concernant la déjudiciarisation de la possession simple de marijuana.

« On ne peut pas, comme société, s'imaginer que nous allons éradiquer le crime. Il faut accepter qu'il y ait un coût social. Mais au-delà de tout ça, le milieu judiciaire doit s'assurer qu'il y aura toujours un système indépendant de recherche du crime et de ses auteurs », explique Me Dionne.

Si la justice a changé, la façon de mener les opérations policières a aussi été modifiée. Depuis quelques années, les frappes policières se réalisent en collaboration avec le bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

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Me Denis Dionne

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Un policier peut se présenter à la Couronne et lui soumettre le dossier d'un individu à n'importe quel moment. Dans les opérations policières, lorsqu'il y a 15, 20 ou 25 arrestations, les choses ne peuvent se faire de la même manière. Surtout que les accusations doivent être déposées dans un délai de 24 heures après l'arrestation des individus.

« Ça prend une personne à la Couronne qui est au courant de l'évolution d'un dossier, qui connaît la preuve et qui sera en mesure de porter les accusations rapidement. On ne peut pas penser affecter un procureur quelques semaines avant l'opération et lui demander de voir toute la preuve accumulée », mentionne Me Dionne.

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