Des p'tits cochons partout dans le monde

Marie-Claude Bouchard a acheté sa ferme en 2009.... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Marie-Claude Bouchard a acheté sa ferme en 2009. Elle vend entre 20 et 30 cochonnets par année.

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Six ans après avoir acheté une ferme « pour le plaisir », Marie-Claude Bouchard fait maintenant des affaires à l'international. Les cochons miniatures de la Saguenéenne font fureur jusqu'en France et en Belgique.

Marie-Claude possède le plus petit cochon connu mondialement, explique-t-elle en entrevue. Anatole a le gène du nanisme et, du haut de ses 12,5 pouces, pèse 33 livres. Il est l'un des mâles reproducteurs de la ferme située sur la route Saint-Léonard à Shipshaw.

« Au début, ce n'était que pour le plaisir, par passion. J'avais beaucoup d'animaux et je voulais des cochons. J'étais coiffeuse à temps plein et mon élevage m'occupait à temps partiel. Ça a changé aujourd'hui. Je fais de la coiffure seulement une journée par semaine. »

Mme Bouchard reçoit des dizaines de courriels par jour de gens désireux d'adopter un cochonnet. Les Européens sont particulièrement friands de son site internet.

« J'ai des demandes de l'Europe tous les jours. Là-bas, beaucoup de gens ont adopté des cochons vietnamiens en pensant qu'ils resteraient petits. Ils n'ont pas la même génétique que les miens. Tu peux te retrouver avec un cochon vietnamien de 200 livres. Ce n'est pas le cas pour les cochons miniatures de mon élevage. »

Le petit Jake, le fils de Marie-Claude Bouchard,... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Le petit Jake, le fils de Marie-Claude Bouchard, se promène avec Maggie.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Les animaux vendus par Marie-Claude Bouchard mesurent généralement entre 13 et 17 pouces, à l'âge adulte. Il n'y a que deux élevages de cochons miniatures au Québec, et six au Canada.

La Française Axelle Nicod est l'une des clientes de Marie-Claude Bouchard. « J'ai toujours aimé les cochons, mais je savais que c'était impossible d'en avoir un à la maison en raison de leur poids. Un jour j'ai regardé sur internet et je suis tombée sur l'élevage de Marie-Claude. Je l'ai appelée pour lui demander une adresse en Europe qui faisait le même élevage qu'elle, mais il n'y en a pas, a-t-elle expliqué en entrevue sur Facebook. Marie-Claude s'est occupée de tout et Oscar est à la maison depuis le 20 septembre 2014. Il est arrivé à Bruxelles. J'ai fait les 1600 kilomètres qui séparent ma maison et Bruxelles en deux jours de voiture. Sacrée motivation n'est-ce pas? »

Biosécurité

Les petites bêtes doivent passer par de nombreuses étapes avant de quitter le Canada, mais encore plus pour y entrer. C'est que Marie-Claude fait aussi des importations afin d'améliorer la génétique de ses animaux. « Les couleurs des cochons sont totalement différentes aux États-Unis. Eux ont beaucoup de roux, de dalmatiens, de blanc à tête noire. J'en ai importé un à moitié roux, à moitié rose. Il est magnifique. Les clients recherchent toujours des cochons différents. Nous vendons aussi beaucoup de noirs et de blancs. »

Marie-Claude Bouchard et son fils Jake se promènent... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Marie-Claude Bouchard et son fils Jake se promènent avec Peggy, Maggie et le petit Timon. Peggy a atteint l'âge adulte, de sorte qu'il ne grossira plus

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Les cochons qui arrivent des États-Unis afin d'être accouplés ici doivent passer des tests de santé avant de franchir les douanes, rester 40 jours dans un lieu de quarantaine en Ontario, puis repasser des tests de santé. Ils sont ensuite envoyés par avion au Saguenay. Pour le départ vers l'Europe, Marie-Claude Bouchard doit passer par les mêmes règlements que si elle envoyait un élevage porcin outre-mer.

Le prix des cochons varie entre 1000 $ et 1800 $. Pour les exportations, ce montant peut parfois doubler. « Les couleurs plus rares sont plus difficiles à produire et coûtent donc plus cher », ajoute l'entrepreneure.

Marie-Claude Bouchard voit maintenant encore plus gros. Elle a l'intention d'ouvrir une boutique en ligne d'accessoires pour cochons miniatures, qui sera accessible à partir du site internet de son entreprise.

L'idéal pour les gens allergiques

Le cochon miniature gagne en popularité partout à travers le monde, en outre parce qu'il est hypoallergène.

La semaine dernière, le journal Libération parlait de la «mode» du cochon miniature au Mexique. Marie-Claude Bouchard reçoit entre 20 et 60 courriels par jour afin de prendre de l'information sur ses portées.

«Je vends entre 20 et 30 cochons par année, incluant les sauvetages et les abandons. Souvent, avant même de naître, les cochons sont déjà vendus. Il y a même des gens qui attendent, parce que parfois une portée est de deux bébés, parfois de six. Environ 80% des clients sont des gens qui sont allergiques aux autres animaux. On ne peut pas être allergique au cochon, ce qui en fait un animal de compagnie exemplaire pour plusieurs.»

Le cochon ne possède pas de glandes sudoripares, de sorte qu'il n'a pas d'odeur, contrairement à la croyance populaire. «C'est aussi très propre. À la naissance, le petit voit sa mère faire pipi sur le ''pipi pad'' et ses selles dans la litière. Dès le premier jour, il fait comme elle et le fera pour toujours. Un cochon a l'intelligence d'un enfant de quatre ans.»

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