Local 9490 du Syndicat des Métallos de l'aluminerie d'Alma

La stratégie de RTA questionnée

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L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan

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Le Local 9490 du Syndicat des Métallos de l'aluminerie d'Alma questionne la stratégie de Rio Tinto Alcan qui utilise toutes les tribunes possible pour nourrir la perception au sein de la population qu'un conflit de travail se dessine et qu'il est attribuable aux syndiqués qui refusent d'accepter les mêmes propositions que les travailleurs du complexe Jonquière sur le régime de retraite.

Le président du syndicat d'Alma, Alexandre Fréchette, a préféré attendre avant de répondre à la dernière activité publique de RTA. L'entreprise a tenu un point de presse pour expliquer l'enjeu du régime de retraite dans le cadre de la présente négociation. «Nous avons été surpris quand nous avons pris connaissance de la décision de l'entreprise de tenir une telle activité alors que nous étions à quelques jours d'entreprendre un processus de médiation (une première rencontre a eu lieu mercredi). Cette activité s'ajoutait à celle de Jean Simard de l'Association de l'aluminium du Canada à la Chambre de Commerce et ainsi de suite depuis quelques mois. Ce n'est pas nous qui avons parlé de conflit jusqu'à maintenant; c'est l'entreprise qui fait référence à un hypothétique conflit», explique le président du syndicat et porte-parole du groupe des quatre unités qui n'ont toujours pas obtenu de règlement sur la caisse de retraite (Usine Alma-Métallos, Énergie électrique-SCFP, Roberval Saguenay-Métallos et Installations portuaires-Unifor).

Il n'est pas question, pour les dirigeants syndicaux, de se lancer dans un argumentaire public alors que le processus de médiation ne fait que débuter. Alexandre Fréchette, qui était accompagné du vice-président du Local 9490 et membre du comité de retraite Sylvain Maltais, affirme que les syndicats ne partagent pas nécessairement les mêmes interprétations que l'employeur quant aux impacts du régime de retraite sur l'entreprise.

«On pourrait discuter longtemps de ce qui a été mentionné lors de ce point de presse. Nous constatons simplement que l'entreprise n'a pas donné toutes les informations nécessaires pour être en mesure de comprendre toute la situation. Elle a laissé sortir les informations qui faisaient son affaire. À titre d'exemple, nous ne partageons pas leur interprétation des effets du Projet de loi 57 à long terme pour le régime de retraite», ajoute Alexandre Fréchette, sous le regard approbateur du vice-président Sylvain Maltais.

Les syndicats en conciliation n'ont pas le goût de se faire dire qu'ils doivent obligatoirement accepter pour leur groupe les mêmes clauses que celles adoptées par les assemblées générales des syndicats du complexe Jonquière, incluant Laterrière. Alexandre Fréchette ne porte aucun jugement sur cette entente et indique qu'ils ont à tenir compte du contexte spécifique dans lequel ils évoluent, qui est différent de celui des unités qui ont conclu d'entente avec l'employeur.

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Le président du Local 9490 du Syndicat des Métallos de l'aluminerie d'Alma, Alexandre Fréchette, a tenu à répliquer aux opérations de communication menées par Rio Tinto Alcan.

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«Il y a beaucoup de formation à faire sur les régimes de retraite. Nous avons présenté à nos membres l'entente intervenue à Jonquière pour bien expliquer la situation dans laquelle nous nous retrouvons. Nos membres n'ont pas rejeté l'entente intervenue à Jonquière, ils ont donné un mandat à 94% aux représentants syndicaux pour négocier ce que nous croyons réaliste dans les circonstances. Nous ne demandons rien à la compagnie. Nous faisons simplement lui rappeler qu'elle veut tout prendre, mais que nous ne sommes pas prêts à la laisser faire.»

Alexandre Fréchette assure que les syndicats sont fermes sur l'objectif à atteindre, mais acceptent de faire preuve de flexibilité dans les moyens pour ce faire. Ils ont de la difficulté à accepter le fait que l'entreprise ait l'intention de mettre en place un nouveau régime de retraite où elle n'aura plus de responsabilité pour les nouveaux travailleurs à partir de 2017.

«Quand les travailleurs de Rio Tinto Alcan réalisent des gains, c'est toute la région qui en profite. Surtout que l'entreprise investit de moins en moins au Saguenay-Lac-Saint-Jean.»

Tannés de passer pour des «bad boys»

Les dirigeants du Local 9490 du syndicat Métallos de l'aluminerie d'Alma en ont assez de passer pour les « bad boys » de la compagnie toujours insatisfaits de leur sort, qui font perdurer un climat de travail pourri, et qui sont prêts à tout pour aller jusqu'à l'affrontement avec l'employeur.

Il s'agit, selon Alexandre Fréchette, d'une réputation qui ne tient plus la route: « Ce n'est pas Walt Disney, lance le président avec une certaine ironie. Nous avons depuis deux ans de véritables relations de travail avec la direction de l'usine et nous sommes en mesure de régler plusieurs problèmes avec des discussions », assure le leader syndical.

L'historique des trois dernières années est relativement simple à faire pour les syndiqués. L'année qui a suivi le lock-out en a été une de vengeance, où employeur et syndicats se répondaient à coups de griefs. Au total, les parties ont accumulé plus ou moins 700 griefs.

« Nous venons à peine de régler un dossier qui représentait la répartition de 14 000 heures de travail à un peu plus de 150 travailleurs. C'est un travail gigantesque qui a été fait et on est parvenu à trouver des solutions à tous les dossiers. Il reste en ce moment un peu plus d'une centaine de griefs et nous croyons pouvoir les régler pendant la négociation », reprend Alexandre Fréchette.

Deux événements majeurs ont provoqué ce revirement de situation. Selon le vice-président Sylvain Maltais, le décès d'une collègue de travail il y a deux ans a donné un véritable électro-choc à cette usine. Quelques semaines auparavant, l'entreprise avait apporté des changements à la direction avec la nomination de Guy Gaudreault comme directeur secondé par Sylvie Brassard à la direction des ressources humaines.

« On oublie souvent de rappeler que pas plus tard qu'au printemps, nous nous sommes serré la main puisqu'il y a eu une entente sur tout le volet normatif de la convention. Le lock-out avait été décrété sur des dispositions normatives. »

Interrogé sur la confirmation par le premier ministre Philippe Couillard de la modification à la baisse des tarifs de vente d'électricité à Hydro-Québec pendant un éventuel conflit, comme ce fut le cas il y a trois ans, le président du syndicat est demeuré prudent. Il attend de connaître les détails de cette annonce.

Le syndicat ne serait pas surpris que ce changement important à une entente avec Québec comprenne aussi un autre volet qui ferait en sorte que le gouvernement accorde une réduction du prix de vente d'électricité à la multinationale sous le Tarif L (grande puissance).

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