Saguenay économisera 50 M$

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

En signant une entente intermunicipale avec la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean pour l'enfouissement des déchets domestiques, Saguenay prévoit économiser les 50 millions $ qui auraient été nécessaires pour l'aménagement d'un nouveau lieu d'enfouissement technique (LET) tout en permettant aux municipalités du Lac-Saint-Jean d'abaisser leurs coûts d'opération en ajoutant des volumes de matières. Toutefois, Saguenay devra assumer une partie de la dette de 30 M$ de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean (RMR).

C'est ce qu'a indiqué le maire de Saguenay Jean Tremblay, jeudi matin, à l'issue de la séance extraordinaire du conseil municipal qui s'est démarquée par sa courte durée d'environ 30 secondes.

Très heureux de la conclusion de cette entente régionale qui porte uniquement sur les déchets domestiques, excluant les déchets industriels, commerciaux et institutionnels (ICI), M. Tremblay a expliqué qu'avant d'entreprendre les négociations avec la RMR, toutes les avenues technologiques et lieux d'enfouissement possibles ont été étudiés. « Le site d'Hébertville-Station a ouvert en septembre 2014. On a approché la RMR du Lac-Saint-Jean et on s'est aperçus qu'au niveau économique, il y avait des avantages pour nous et pour eux d'enfouir plus de tonnage dans un même lieu », a expliqué M. Tremblay.

Il a précisé qu'actuellement, il en coûte à Saguenay 100 $ la tonne pour enfouir les déchets. En vertu de l'entente, Saguenay paiera à la RMR 80 $ la tonne, plus un montant de 21 $ pour assumer le coût de transport des matières. « Tout le monde sortira gagnant de cette entente qui a une valeur historique puisque le Saguenay et le Lac-Saint-Jean s'entendent. Il ne serait pas surprenant qu'à l'avenir, on travaille avec le Lac-Saint-Jean pour le compostage ou la récupération d'autres matières. »

Il voit également un avantage à ce que l'enfouissement des déchets soit sous la gestion d'organismes publics plutôt que par le privé. D'ailleurs, un comité technique formé de représentants des trois organismes signataires, excluant la présence d'élus, sera formé pour chapeauter la gestion du LET.

Au plan technique, M. Tremblay a mentionné que Saguenay produit annuellement environ 50 000 tonnes de matières résiduelles, en excluant les ICI. L'ajout d'un tel volume annuel à Hébertville-Station signifie que des modifications devront être apportées au décret adopté le 11 décembre 2013 pour l'ouverture de ce nouveau site. Le décret prévoit que le tonnage annuel maximal autorisé est de 70 000 tonnes.

« Oui, il faudra une modification au décret avec des auditions publiques. On a deux ans pour faire la demande. On va demander une autorisation pour 150 000 tonnes par année avec la possibilité d'enfouir les ICI ». Le volume maximal autorisé pour la durée du site étalé sur 42 ans est de 2,5 millions de tonnes incluant le matériel de recouvrement. L'entente prévoit qu'il y aura agrandissement du site pour l'ajout de nouvelles cellules.

En ce qui concerne le transport des matières à partir du Saguenay, M. Tremblay prévoit l'utilisation de l'autoroute 70 et de la route actuelle près de Saint-Bruno. Le maire n'exclut pas que quelques contestations puissent être soulevées par des citoyens, mais il ajoute du même souffle que le travail le plus délicat d'ouverture du site est déjà réalisé.

Réduire le volume de déchets serait encore mieux

(Julien Renaud) - La solution en matière de déchets demeura toujours en amont, martèle Claude Villeneuve, directeur et professeur titulaire de la Chaire en éco-conseil de l'UQAC.

Invité à réagir à l'annonce du lieu d'enfouissement technique d'Hébertville-Station, M. Villeneuve a tenu à rappeler l'impératif de réduire le volume de matières à la source, pour assurer la durabilité du site. « Il y a de meilleures pratiques à mettre en place pour diminuer à la fois le volume et la masse des déchets. C'est une question de philosophie et de comportement. Fondamentalement, il faut favoriser une réduction à la source, notamment par la collecte de la matière organique. Il existe plusieurs solutions différentes et variées en termes de coût, d'éducation et de courage politique nécessaire », a-t-il affirmé, évoquant notamment le compostage et la facturation au poids.

Les limites d'étalement et de capacité du lieu d'enfouissement renforcent cette exigence de réduire à la source, ajoute Claude Villeneuve.

Le professeur croit que « la meilleure décision a sans doute été prise », à la lumière de ses connaissances du dossier. Il estime, par ailleurs, que l'établissement du lieu d'enfouissement à Larouche ou à Hébertville-Station, relevait du pareil au même, alors que les options de créer un nouveau site ou de se tourner vers l'extérieur de la région étaient à éviter.

En réduisant le volume de déchets, les émissions de gaz à effet de serre liées au transport seraient aussi diminuées. Également, M. Villeneuve souligne que les normes d'élimination des déchets organiques de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean obligeront Saguenay à s'améliorer dans le domaine et à s'aligner sur ces règles.

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