Unis pour les déchets

Le président de la Régie des matières résiduelles... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le président de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean, Lucien Boily, le préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Gérald Savard et le maire Jean Tremblay.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

La Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean et les élus de Saguenay ont signé, jeudi, une entente historique qui marque le début d'une collaboration pour l'enfouissement des déchets des 50 municipalités de la région. Une entente qui semble également annoncer de meilleures relations politiques sur le territoire.

«Je n'ai jamais vu une telle entente. Surtout une entente qui touche tous les citoyens. Tout le monde est gagnant. Et ce qui est en encore plus positif, c'est tout ce qu'on va faire après. L'enfouissement, ce n'est que la première étape», lance Lucien Boily, président de la Régie des matières résiduelles (RMR).

Une opinion partagée par le maire de Saguenay, qui se trouvait à Alma, hier, pour la signature de l'entente.

«On n'a jamais eu, depuis la création de la région, d'entente volontaire d'une telle ampleur entre le Lac-Saint-Jean et le Saguenay. Ça ne s'est jamais vu. Il y a eu des ententes en santé, mais elles étaient imposées par le ministère. Et notre entente va durer longtemps. Aujourd'hui (hier), c'est un moment dont on va se souvenir longtemps. Un moment qui va engendrer d'autres ententes dans les années à venir. Et pour des projets autres que les déchets», laisse tomber le maire, qui n'a d'ailleurs pas tari d'éloges à l'égard de la RMR.

La région fait figure de proue en s'unissant de cette façon, croit le préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Gérald Savard. «Ce projet fait en sorte qu'on devient un modèle. Un modèle dont d'autres régions vont s'inspirer, j'en suis convaincu. Je suis vraiment fier», exprime le maire de Bégin. Des dizaines de maires et conseillers de la région tenaient à montrer leur appui au projet en assistant à la conférence de presse.

«On se devait de le faire ensemble. Parce que si on n'était pas allé de l'avant, ça aurait montré quelle image aux gens? Qu'on n'était pas capable de s'unir? Et quand les fiançailles sont bonnes, le mariage est facile», image le maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, qui siège également au conseil d'administration de la RMR.

«Quand les intérêts sont communs, c'est facile de s'entendre. Et dans ce projet, tout le monde est gagnant», ajoute le maire d'Alma, Marc Asselin.

«Cette entente va mettre fin à nos guerres de clochers. Je pense qu'on va devenir une meilleure région, avec de meilleures relations», croit pour sa part le maire de Saint-Charles-de-Bourget, Michel Ringuette.

Le maire de Saint-Bruno dénonce l'entente

(LL) - Saint-Bruno agit comme le mouton noir du Lac-Saint-Jean en dénonçant l'entente sur la gestion des matières résiduelles, annoncée hier par les élus jeannois et saguenéens. Par voie de communiqué, le maire Réjean Bouchard s'est dit «surpris et choqué» par un agrandissement du site d'enfouissement, dont le chemin d'accès a été construit sur son territoire.

À son avis, la Régie des matières résiduelles (RMR) est allée trop vite dans ce dossier, car des éléments essentiels «ne sont toujours pas réglés et peuvent représenter un risque légal majeur» pour les opérations actuelles du site.

Ce dernier fait référence au protocole d'entente portant sur le statut légal du chemin d'accès qui ne serait pas finalisé et qui pourrait avoir pour effet d'invalider tous les permis relatifs aux travaux de construction sur le site.

«Des travaux de voirie ont été exécutés par la Régie, sans aucune autorisation ni délégation de compétences de la municipalité de Saint-Bruno. La plus grande portion de chemin est toujours la propriété de plusieurs propriétaires privés. Cette situation est risquée tant sur le plan juridique que pour la responsabilité civile en cas d'accident. Et notre municipalité ne peut se permettre de cautionner de tels agissements sans même les dénoncer», estime le maire, dans le communiqué de presse émis quelques minutes après la tenue de la conférence de presse annonçant l'entente régionale.

Contacté jeudi après-midi par Le Quotidien, le maire n'a pas voulu commenter davantage cette information, car il se trouvait au travail. Mais il a assuré que sa sortie avait pour objectif de défendre ses citoyens.

Ce dernier accuse également la Régie d'avoir annoncé l'accueil de déchets supplémentaires avant même de consulter la population.

«En lieu et place, on nous annonce des ententes par le biais d'une conférence de presse, ce que je considère comme insultant pour la population», écrit le maire, estimant que la population la plus touchée par un tel projet est celle de Saint-Bruno.

Redevances

D'ailleurs, en étant l'une des municipalités limitrophes, Saint-Bruno touche des redevances en lien avec ce projet, soit 1,25$ la tonne. Avec l'arrivée des ordures de Saguenay, la municipalité verra donc ses redevances doubler. Malgré sa sortie en règle contre la RMR, le maire a tenu à dire que sa «municipalité n'est pas contre les fondements du projet».

Porte-parole du comité de citoyens qui s'opposaient à l'époque à la construction du site à Hébertville-Station, Paul Morin ne voit pas non plus cette entente d'un bon oeil. Ce dernier déplore aussi le fait que la population n'ait pas été mise au parfum plus tôt.

«Le fait d'accueillir les déchets de Saguenay n'a jamais été discuté pendant les audiences du BAPE et même après. Et ce, même si nous, on a soulevé la question à plusieurs reprises. La raison, c'était aussi la capacité du site. Si on calcule les déchets de Saguenay, le site ne durera pas 42 ans, mais 14 ans», croit M. Morin, dont le calcul se base sur des volumes qui demeurent stables, alors que le nombre de tonnes enfouies tend à diminuer au fil des ans.

Facture

Pour les Jeannois, cette entente aura un impact sur leur facture. À l'heure actuelle, il en coûte 91 $ pour enfouir une tonne de déchets provenant du Lac-Saint-Jean. Avec l'arrivée de Saguenay, le prix baissera à 79 $ la tonne. « L'économie peut se traduire de deux façons. Une baisse à la porte où aller dans de nouvelles technologies sans augmenter la facture des citoyens. C'est donc drôlement intéressant pour nos populations », précise Lucien Boily, président de la RMR.

Durée de vie

L'ajout des déchets de Saguenay ne compromettra pas la durée de vie du site d'enfouissement qui a été fixée à 30 ans lors de son aménagement, a assuré le président de la RMR. Cette prévision a été revue à la hausse à l'ouverture du site, car les Jeannois génèrent 50 000 tonnes de déchets, soit 20 000 de moins que les premières estimations. Un chiffre qui tend d'ailleurs à diminuer avec les années. Avec de telles quantités, la durée de vie frôlait maintenant les 42 ans. Si on ajoute les matières de Saguenay et en faisant quelques travaux d'agrandissement, le site pourra être utilisé pendant au moins 30 ans.

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