L'ultime appel de l'industrie forestière

Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce, souhaite que Québec envoie un message clair aux entreprises.

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Les unions municipales, chambres de commerce et entreprises forestières tendent la main au gouvernement du Québec pour initier la relance de cette industrie, et ainsi sauver le tissu social et économique des régions vivant en ce moment des difficultés économiques majeures en partie attribuables aux problèmes du deuxième secteur manufacturier de la province.

Ce nouveau regroupement a tenu un point de presse, mercredi matin, à Québec, pour lancer un appel de la dernière chance au gouvernement du Québec qui, aux dires du maire de Saint-Félicien Gilles Potvin, ne peut plus perdre de temps. L'économie des régions du Québec se détériore et l'industrie, qui représente plus de 55 000 emplois manufacturiers, n'attire plus les investisseurs en raison des performances déficientes de ce secteur.

«Ce sont des faits incontestables», a répété à plusieurs reprises le maire de Saint-Félicien, avant de réitérer l'invitation lancée au gouvernement du Québec et surtout l'urgence d'agir dans les circonstances et de tenir compte de l'insistance du milieu municipal.

Problèmes

L'étude de la firme Woods Market en arrive à quatre conclusions qui font du secteur forestier québécois un secteur déserté par les investisseurs. La première conclusion était déjà connue et démontre que le coût de la fibre québécoise a augmenté de 12% avec la mise en place du nouveau régime forestier. Il y a une portion de 52% de cette augmentation qui est constituée de transferts au gouvernement du Québec.

Les deux autres conclusions sont en bonne partie tributaires de cette situation. Elles révèlent que les entreprises forestières québécoises sont au 25e rang mondial lorsqu'il est temps de mesurer les bénéfices avant impôts et amortissements et au dernier rang en Amérique du Nord. Les entreprises qui réalisent des opérations en Ontario enregistrent des profits sept fois plus élevés qu'au Québec.

«Cette industrie représente 11% du PIB de notre secteur manufacturier et 170 compagnies sur tout le territoire. Le Québec ne peut pas se contenter d'être en queue de peloton, comme c'est le cas présentement. Il est anormal qu'une usine de dimension moyenne au Québec réalise 7 à 8 fois moins de profits que sa voisine en Ontario. Il est temps d'agir. Le gouvernement du Québec doit mettre sur la table des solutions concrètes et envoyer un message fort aux entreprises», a soutenu la présidente de la Fédération des Chambres de Commerce, Mme Françoise Bertrand.

Changer le régime

Le Conseil de l'industrie forestière du Québec propose de son côté des actions sur deux axes. Il demande des modifications au régime forestier pour ramener le prix de la fibre à un prix concurrentiel par rapport aux autres juridictions ainsi que l'accélération de la transformation de l'industrie des pâtes et papiers. Dans le second volet, André Tremblay identifie un programme de tarifs énergétiques en échange d'investissements des entreprises.

«Depuis trois ans, on s'est promené de sommets en chantiers et il ne s'est encore rien passé de concret avec le régime forestier. Ça prend un message très clair du gouvernement du Québec. Nous avons réuni l'industrie, les chambres de commerce et les unions municipales sur la même tribune. Si le gouvernement ne comprend pas le message, je me demande dans quelle langue on va devoir l'expliquer», a insisté le président du CIFQ.

Le milieu politique local est quant à lui impatient de connaître le niveau de réception du message lancé hier matin à Québec. Gilles Potvin ne voit pas comment le gouvernement sera en mesure de relancer les économies des régions sans tenir compte de la réalité forestière.

Gilles Potvin et André Tremblay ont cité en exemple le support de Québec à l'industrie aéronautique. Ils jugent que le gouvernement doit comprendre que l'industrie forestière représente le même levier économique que celle de l'aéronautique pour les régions ressources.

Invité à chiffrer l'aide nécessaire en argent pour relancer l'industrie, André Tremblay croit que des mesures totalisant 200 M$ seraient suffisantes pour donner ce signal tant attendu.

De la place pour le caribou forestier

(Pascal Girard) - Selon Nature Québec, la portion non utilisée de la possibilité forestière au Québec pourrait servir à protéger le caribou forestier.

L'organisme à but non lucratif qui regroupe des individus et des organismes oeuvrant à la protection de l'environnement et à la promotion du développement durable a réagi mercredi par voie de communiqué au dépôt du bilan du Forestier en chef mardi.

«On constate que ce rapport identifie une marge de manoeuvre importante au niveau de la possibilité forestière. On pourrait l'utiliser pour la conservation du caribou forestier. Il est clair qu'on peut protéger le caribou sans que l'emploi soit menacé, contrairement à ce que prétend une partie de l'industrie», a indiqué Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

L'organisme dénonce également la perte de qualité du bois à récolter.

«Nature Québec est particulièrement préoccupé par les constats concernant l'appauvrissement de la qualité de la forêt publique du Québec. Alors qu'un peu plus de la moitié du volume attribué a été récolté, il est choquant de voir que la qualité de la forêt s'est dégradée. L'industrie mange la mie du pain, mais semble laisser la croûte pour les générations futures», a poursuivi M. Simard.

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