Conflit dans l'automobile: dernière chance à la négociation

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Jacques Béchard, pdg de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec, Sylvain Gauthier, directeur général de la Corporation des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et Gino Fortin, président, ont reproché au syndicat de vouloir imposer un modèle de convention collective.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Au terme de la première journée d'étude en commission parlementaire du projet de loi 71 visant à mettre un terme au conflit dans le secteur automobile de la région, le ministre du Travail, Sam Hamad, se laisse convaincre de donner une dernière chance à un règlement négocié, et ce, sur la base de l'hypothèse de travail du conciliateur Normand Gauthier déposée le 30 octobre dernier. Cette hypothèse avait été rejetée par le Syndicat démocratique des employés de garage (CSD).

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Les députés péquistes Stéphane Bergeron et Sylvain Gaudreault ont convenu avec le ministre Sam Hamad d'une proposition afin de relancer la négociation sur la base de l'hypothèse du conciliateur Normand Gauthier.

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Le ministre souhaite fortement que les parties adhèrent à sa suggestion de mettre en place une médiation qui inclura la présence de deux assesseurs représentant chacun des parties, à défaut de quoi il y aura adoption de la pièce législative. Une réponse à cette suggestion était attendue pour 23 heures hier soir.

Le ministre Hamad en est arrivé à cette proposition mardi, après avoir consulté ses collègues péquistes Stéphane Bergeron, Sylvain Gaudreault ainsi que ceux de la Coalition avenir Québec, tout de suite après avoir entendu les représentants du syndicat et de la corporation des concessionnaires en commission parlementaire.

En fait, le ministre a saisi au bond les propos tenus plus tôt le matin par les deux parties impliquées dans le conflit pour élaborer cette voie de compromis.

« On a écouté les deux parties. Il y avait un objectif commun de tous les députés de trouver un terrain d'entente. Tous les partis politiques se sont entendus pour offrir cette voie. On demande de travailler à partir de l'hypothèse de M. Gauthier. Si les parties n'acceptent pas, on procèdera à l'adoption du projet de loi », a-t-il déclaré.

M. Hamad s'est défendu de vouloir s'immiscer et imposer les conditions de travail dans un conflit impliquant le secteur privé comme l'ont prétendu plus tôt les représentants patronaux Gino Fortin, président de la Corporation régionale des concessionnaires, Sylvain Gauthier, directeur général, et Jacques Béchard, PDG de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec. Devant le ministre, les porte-parole ont mentionné que les employés de garage de la région bénéficient des meilleures conditions de travail au Québec tant sur le plan de la rémunération, du fonds de pension que des avantages sociaux et qu'il n'est pas question d'abaisser ces conditions.

En réponse au ministre qui lui demandait quelle serait la meilleure solution pour régler le conflit, M. Béchard attribue la faute au syndicat de vouloir imposer son modèle de convention collective qui ne tient pas compte des changements économiques touchant l'industrie.

Privé

Dès le départ, la corporation s'est opposée à l'adoption du projet de loi et entend le contester. « Ce projet de loi est inadmissible autant pour les concessionnaires que pour l'ensemble des employeurs du Québec, puisqu'il constitue une intervention dans un conflit privé. Il bafoue les mécanismes prévus au Code du travail et brime le droit à la libre négociation », a indiqué M. Béchard.

En ce qui a trait aux impacts du conflit, les concessionnaires les ont minimisés en affirmant que les ventes se portent bien et que l'entretien des véhicules se fait à l'interne. L'un d'eux a même affirmé que le conflit a permis de développer davantage l'entrepreneuriat dans la région.

Les représentants patronaux ont également affirmé que l'annonce de l'adoption d'une loi a contribué à miner davantage le conflit actuel.

Toujours en réponse au ministre, les représentants patronaux se sont dits d'accord pour reprendre les discussions sur la base du rapport Gauthier.

Détruire le syndicat

Du côté syndical, le président de la CSD, François Vaudreuil, accompagné du président du syndicat, Georges Bouchard, et de Normand Pépin, responsable au Service de la recherche à la CSD, a affirmé devant le ministre que les employeurs tentent de briser le syndicat après avoir déposé une quarantaine de demandes affectant la qualité de leurs emplois.

Les syndiqués se sont dits d'accord avec l'adoption du projet de loi en affirmant qu'il porte une atteinte minimale à la libre négociation dans le secteur privé, et ce, dans un contexte et des circonstances qui sont elles-mêmes exceptionnelles, ne serait-ce que par la durée du conflit qui perdure depuis 33 mois.

Répondant aux mêmes questions posées par le ministre à la partie patronale, M. Vaudreuil qu'il est nécessaire de civiliser le climat de travail autour de la table de négociation afin de rebâtir la confiance. Il a proposé au ministre d'ajouter trois modifications au projet de loi, soit la médiation en présence de deux assesseurs, la mise en place d'un processus d'accompagnement des employeurs pendant six mois après un éventuel règlement, et l'allongement des délais prévus dans la loi.

Le Syndicat prévoit consulter ses membres en assemblée générale samedi prochain sur le contenu du projet de loi. Il faudra voir si ce calendrier sera modifié.

Texte pour pavés

Selon les informations disponibles, le conflit perdure en raison des mésententes portant sur les horaires de travail en alternance et les indemnités de départ. Selon le ministre Hamad, le projet de loi a été présenté en chambre parce que le conflit a entraîné la perte de 280 000 heures de travail, ce qui nécessite des mesures exceptionnelles.

Refus des parties

(Mélanie Côté) - La lecture du projet de loi 71 se poursuivra mercredi matin à l'Assemblée nationale. Le Syndicat démocratique des employés de garage (CSD) et la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont refusé la dernière main tendue par le ministre Sam Hamad, mardi soir.

Le Quotidien a appris, mardi soir, que les deux parties ont annoncé en début de soirée qu'elles refusaient l'offre du ministre du Travail. Elles avaient jusqu'à 23 h pour s'entendre sur la base du rapport du conciliateur.

L'étude du projet de loi se poursuivra donc mercredi à 11 h à l'Assemblée nationale avec l'étape de l'étude article par article. Comme prévu, le projet de loi pourrait donc être adopté d'ici la fin de la semaine.

Lorsque questionné par Le Quotidien, en fin de soirée, le directeur général de la Corporation, Sylvain Gauthier, a dit ne pas être au courant de cet ultimatum.

« Ce que j'ai comme information, c'est que nous n'avons jamais décliné la médiation dans le sens du Code du travail. On a pris position aujourd'hui sur le débat du projet de loi 71, à l'effet que nous voulons un retrait pur et simple de la loi. Vous comprendrez qu'à ce moment-là, nos orientations sont maintenues. Il y a effectivement la volonté de la médiation. En ce qui concerne le projet de loi, nos positions sont claires. Il n'y a pas matière à avoir ce projet de loi dans l'entreprise privée avec les préjudices que ça crée aux organisations », a-t-il dit.

Il n'a pas été possible au représentant syndical Georges Bouchard.

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