Le forestier en chef constate les dégâts

L'usine de Graphic Packaging à Jonquière a fermé... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'usine de Graphic Packaging à Jonquière a fermé en 2015. Ils sont 140 à avoir perdu leur travail.

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Le secteur forestier s'est affaibli, au cours des dernières années, ce qui a provoqué plusieurs effets néfastes pour certaines communautés du Québec. Il s'agit de l'une des conclusions de L'état de la forêt publique du Québec et de son aménagement durable - Bilan 2008-2013, préparé par le forestier en chef, Gérard Szaraz, et déposé hier à l'Assemblée nationale par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard. Ce dernier mentionne toutefois que la forêt québécoise est exploitée de manière responsable et que la déforestation ne se pratique pas.

Parmi ses principaux constats, le forestier en chef rappelle que la faiblesse des marchés a eu plusieurs conséquences, notamment la fermeture de nombreuses usines, leur nombre passant de 409 en 2008 à 301 en 2013. Conséquemment, les communautés dépendantes de la forêt ont été dévitalisées et la contribution du secteur forestier au PIB du Québec a subi une baisse. Pour contrer cette diminution, Gérard Szaraz suggère de relever au moins trois défis, soit de développer de nouveaux produits du bois à valeur ajoutée et de nouveaux marchés, de préparer la relève de la main-d'oeuvre et de créer un attrait envers les emplois forestiers.

Le forestier en chef a toutefois noté que des mesures de protection de la biodiversité ont été appliquées. Ainsi, la proportion d'aires protégées est passée de 4,91% en 2008 à 9,1% en 2013 et le nombre de sites protégés pour les espèces fauniques a augmenté de 245 à 1031 pour la même période. Le but demeure toutefois d'augmenter à 12% la proportion d'aires protégées en 2015 en plus de poursuivre la protection de l'habitat du caribou forestier.

«Il est important de rappeler que plusieurs gestes ont été posés par le gouvernement pour améliorer la qualité de la gestion et la santé de nos forêts. Nous avons ajusté la possibilité forestière, créé le poste de forestier en chef, adopté la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier en 2010 et mis en oeuvre le régime forestier le plus rigoureux au monde. Malgré certains défis à relever dans quelques régions, je constate que, d'un point de vue global, la santé de la forêt québécoise s'est maintenue dans la période visée par le rapport, soit de 2008 à 2013», a déclaré le ministre Laurent Lessard par voie de communiqué.

Premières Nations

Afin d'accroître la participation du public et des Premières Nations aux décisions touchant la forêt, certaines actions ont été posées. Notamment, des mesures de sensibilisation et d'information ont été mises sur pied pour promouvoir la culture forestière et plusieurs consultations publiques ont été menées. Gérard Szaraz invite toutefois à une participation effective du public et des Premières Nations en amont des décisions touchant la forêt.

«Le Québec s'est engagé dans l'aménagement durable de sa forêt publique, afin de maintenir et d'améliorer la santé à long terme des écosystèmes forestiers pour en préserver les avantages environnementaux, économiques et sociaux. Le rapport du Forestier en chef pose un regard neutre et indépendant qui favorise grandement l'atteinte des objectifs fixés en matière d'aménagement durable. Je tiens à souligner l'excellent travail effectué par tous ceux et toutes celles qui ont contribué à l'élaboration de ce bilan», a ajouté le ministre Lessard.

Le forestier en chef a également analysé la santé de la forêt publique, la production de bois et la gestion forestière. Il souligne que même si le capital forestier s'est maintenu, la qualité et la valeur des bois ont continué de s'appauvrir. Il a aussi noté des progrès dans la gestion financière, mais a quand même recommandé qu'un cadre plus rigoureux soit mis en place.

Des scieries indépendantes qui réussissent

(Katerine Belley-Murray) - L'avenir est-il dans les scieries indépendantes plutôt que dans les grands groupes de pâtes et papiers? Sans rejeter du revers de la main la grande entreprise, le professeur Luc Bouthillier remarque néanmoins que la question se pose lorsque l'on observe les succès récents d'entreprises comme Chantiers Chibougamau et Barrette-Chapais.

« Pendant la crise, ces entreprises ont pris de l'expansion, explique le professeur Bouthillier, spécialiste en économie et politique forestière. Elles ont développé des catégories de produits à valeur ajoutée. Comme par hasard, ce sont des scieries indépendantes des grands groupes de pâtes et papier. Les grandes entreprises demandent au gouvernement de leur donner le bois, de diminuer les contraintes environnementales et demandent à leurs employés de faire des concessions. En échange, on a pourtant l'impression que ces compagnies n'ont pas de plan d'avenir. L'avenir n'est pas dans ce que l'on produit présentement. »

M. Bouthillier souligne que « peut-être en raison de l'emprise de la grande entreprise », certaines régions sont « habituées d'attendre le développement économique des grandes compagnies et que ça limite du coup les occasions de développer autre chose. »

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