20 000 emplois disparus en 10 ans

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L'usine MDF de La Baie a fermé en 2008. Ils sont 116 à l'époque à avoir perdu leur travail.

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(CHICOUTIMI) Environ 20 000 emplois ont été perdus dans les usines de transformation du bois et du papier au cours des 10 dernières années au Québec. Depuis le 1er avril 2005, 284 usines de ce secteur ont été fermées définitivement ou ont subi des réductions permanentes de postes.

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Les données de ce tableau sont issues de compilations par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs à partir de données disponibles publiquement (communiqués d'entreprises, médias, etc.). Puisque toutes les entreprises ne communiquent pas publiquement et de façon systématique leur décision de fermeture et de réouverture, ces données sont conservatrices.

Dans les seules usines de première transformation de l'industrie des pâtes et du papier, près de 40% des emplois ont disparu.

Ces données sont tirées de l'Enquête sur les pertes d'emplois dans l'industrie de transformation du bois et du papier publiée le 15 octobre par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a 2009 emplois qui ont été abolis depuis 2005, directement dans les usines. Le nombre d'emplois indirects perdu est inconnu.

«J'ai l'impression que l'on ne parle pas de cette crise, parce que pour de nombreuses personnes du public, le secteur forestier fait partie du folklore, souligne le professeur en politique forestière de l'Université Laval, Luc Bouthillier.  On parle pourtant d'une industrie qui fonctionne avec une ressource renouvelable.»

Selon M. Bouthillier, le secteur forestier devrait faire partie des créneaux d'avenir.

«Il faudrait que ça clignote rouge sur les tableaux de bord des décideurs. Il n'y a pas de stratégie qui essaie de voir comment le bois peut faire partie d'une politique de développement économique vert. Les initiatives demeurent timides, explique M. Bouthillier. La situation est grave. On fait quoi à Dolbeau si on ferme l'usine? Il y a quelque 300 communautés au Canada où l'industrie forestière occupe plus de 50% de la base d'emploi. Si cette industrie ne va pas bien, qu'est-ce qu'elles vont faire?»

Au moment de publier le rapport du ministère, à la mi-octobre, 19 usines étaient touchées par une fermeture temporaire ou une réduction temporaire de personnel, ce qui touchait 1327 emplois.

Les pertes d'emplois compilées dans cette enquête portent uniquement sur les travailleurs en usine. «La compilation de statistiques fiables sur les pertes d'emplois en forêt présente certaines difficultés en raison de leur caractère saisonnier et du fait que les relations d'affaires s'exercent directement entre les entrepreneurs en forêt et les industriels sans divulgation publique», mentionne le ministère dans son enquête, pour expliquer pourquoi seuls les emplois dans les usines sont comptabilisés.

Déconcentré

Le milieu forestier en est un déconcentré, explique le professeur Bouthillier, comparativement à l'industrie automobile, par exemple, qui est concentrée dans le Sud de l'Ontario.

«Tu ne sauves pas un territoire en particulier quand tu sauves l'industrie forestière, tu sauves plusieurs territoires. Si vraiment le développement régional est important, l'industrie forestière devrait l'être. [...] Nous n'avons pas l'air de nous en occuper. Pour moi, c'est très inquiétant. Dans l'hypothèse où l'on veut adhérer à l'économie verte, il va falloir se réinventer, et il me semble qu'une ressource première renouvelable devrait faire partie d'une stratégie verte.»

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