L'électricité de Rio Tinto achetée moins cher

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Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré, mardi matin, sur les ondes de Planète 99,5, qu'une entente «va bientôt être déposée sur l'électricité. Il n'y aura plus le même prix. Il sera considérablement inférieur. Il n'y aura plus de bénéfices substantiels pour l'entreprise à vendre son électricité».

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Québec entend revoir ses tarifs d'échanges d'électricité avec Rio Tinto (RT) en cas de conflit de travail. Une entente, qui réduirait «considérablement» le prix d'achat d'électricité, devrait être déposée sous peu. La réduction serait importante au point où il n'y aurait plus de bénéfices «substantiels» pour l'entreprise à vendre son énergie lors d'un éventuel lock-out.

C'est ce que le premier ministre Philippe Couillard a déclaré, mardi matin, sur les ondes de Planète 99,5.

«Il y a une entente qui va bientôt être déposée sur l'électricité. Il n'y aura plus le même prix. Il sera considérablement inférieur. Il n'y aura plus de bénéfices substantiels pour l'entreprise à vendre son électricité. On ne peut pas l'exproprier cette électricité-là. Mais on veut faire en sorte que les conditions de règlement restent là», a répondu le premier ministre, questionné sur les échanges énergétiques par l'animateur Louis Arcand.

Les rachats d'électricité ont coûté près de 148 millions$ au Québécois pendant le lock-out de 2012.

Plusieurs groupes ont toutefois fait pression auprès du gouvernement du Québec pour éviter que ce scénario se reproduise dans le cas d'un nouveau conflit. Ces démarches semblent avoir porté ses fruits.

D'accord avec les travailleurs

«J'étais d'accord avec eux (les travailleurs) que ce n'était pas de nature à favoriser un règlement quand l'entreprise pouvait faire des profits avec son électricité pendant qu'il y a une interruption des activités», a raconté le premier ministre.

«Je veux remercier les travailleurs qui sont venus me rencontrer et qui m'en ont parlé de façon rationnelle. J'en ai discuté avec Pierre Arcand (ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles) et il est en train de terminer les conversations avec l'entreprise», a-t-il ajouté.

Est-ce que cette réduction de tarif s'appliquera seulement en période de conflit? Est-ce qu'elle vient modifier la fameuse entente secrète de 2006?

Contacté par Le Quotidien, le porte-parole de Philippe Couillard a refusé de donner plus de détails à ce sujet. «Le bureau du premier ministre ne commentera pas davantage pour le moment», a signifié Harold Fortin.

Jointe hier, la porte-parole de RT n'a pas non plus précisé la nature de cette entente. «On ne peut confirmer ou infirmer ces informations parce que ce sont des contrats commerciaux», a indiqué Xuan Lan Vu.

Cette dernière a toutefois salué les propos du premier ministre sur l'importance d'en venir à une entente négociée avec les travailleurs. M. Couillard a en effet invité la coalition à s'entendre avec la compagnie, comme l'ont fait les autres syndiqués.

«Dans le climat actuel, il faut tout faire pour ne pas avoir un autre conflit de travail. Surtout qu'une partie des syndiqués a déjà conclu une entente sur les fonds de pension. On aurait donc de la difficulté à comprendre pourquoi on ne peut pas avoir une entente pour l'autre syndicat (la coalition)», a mentionné M. Couillard, invitant ainsi la coalition à accepter les mêmes conditions que ceux de leurs confrères.

Alexandre Cloutier salue l'intervention de Québec

(LL) - Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, salue timidement l'intervention de Québec dans le dossier des échanges énergétiques. Celui qui réclame depuis plusieurs années d'exclure toute clause obligeant Hydro-Québec à racheter les surplus d'électricité de la compagnie en temps de conflit réclame maintenant des explications du premier ministre sur son intention.

« Je vois d'un bon oeil cette volonté. Mais le premier ministre ne peut pas laisser les travailleurs dans l'inconnu. Il doit préciser sa pensée et expliquer concrètement en quoi cette entente permettait d'éviter qu'un conflit soit une fois de plus financé par les Québécois. En 2012, le lock-out a coûté 148 millions $ aux Québécois en raison des rachats d'électricité. Dans le contexte économique actuel, ça serait un non-sens,  même une véritable catastrophe », a insisté le député péquiste.

Celui-ci n'a cependant pas été en mesure d'obtenir plus détails sur l'entente évoquée, hier matin, par le premier ministre.

Le porte-parole de la coalition des syndicats préfère attendre avant de commenter cette sortie de Philippe Couillard. Le président syndical souhaite d'abord obtenir des précisions sur la nature de cette nouvelle entente.

La coalition rencontrera le conciliateur

(LL) - La coalition, qui représente 50 % des employés syndiqués de Rio Tinto de la région, rencontrera aujourd'hui le conciliateur nommé par Québec, Jean-Luc Deschênes. Ce dernier, dont la présence a été exigée par les deux parties, tentera de dénouer l'impasse qui subsiste depuis quelques semaines dans le cadre des négociations sur le renouvellement de la convention collective. Le contrat de travail, rappelons-le, vient à échéance dans près d'un mois.

Le fonds de pension demeure au coeur du litige. La coalition, qui regroupe les travailleurs de l'Usine Alma, d'Énergie électrique (Nord), des installations portuaires et services ferroviaires et les policiers, et la direction de RT refuseraient de bouger à ce sujet.

Quant aux syndiqués des quelque 10 autres installations de Rio Tinto, ces derniers ont déjà conclu une entente avec l'employeur. Contrairement à la coalition, ils ont accepté les conditions offertes de la compagnie concernant le fonds de pension.

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