Le camp du non garde espoir

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Si le projet va de l'avant, la rue de Vienne aboutira sur Saint-Hubert.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Aujourd'hui, 2288 personnes résidant dans le quartier de la Petite-France, à Jonquière, se prononceront sur le projet d'ouverture de la rue de Vienne sur la rue Saint-Hubert dans le cadre d'un référendum.

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Lors de la dernière campagne électorale, Réjean Hudon s'était engagé à réaliser le projet d'ouverture de la rue de Vienne.

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Nathalie Gagnon est l'une des porte-parole du camp du non.

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Ce sujet a fait couler beaucoup d'encre depuis un an. Le camp du non, formé d'un groupe de citoyens vivement opposés au projet parce qu'ils craignent une augmentation considérable de la circulation dans leur voisinage, a une vision diamétralement opposée à celle du camp du oui, à la tête duquel se trouve le conseiller municipal Réjean Hudon. L'échevin a fait de l'ouverture de la rue de Vienne un enjeu lors de la dernière campagne électorale municipale.

Au cours des deux dernières semaines, le conseiller Hudon s'est fait remarquer dans le quartier en distribuant des tracts. Au moment où la décision de tenir un référendum a été prise par la Ville, il avait pourtant fait part de son intention de demeurer neutre. Ses activités de porte-à-porte ont donc fait bondir le camp opposé, qui considère cette pratique discutable, même si elle est en tous points légale.

«Pour quelqu'un qui disait qu'il allait y aller avec la voix de la démocratie, M. Hudon travaille pas mal pour lui-même. On sait qu'il y a un très fort favoritisme du côté de M. Hudon par la Ville. La preuve en est que 2288 électeurs sont invités à se prononcer. Quand on a fait notre pétition en janvier, on a rencontré environ 500 citoyens que l'on considérait concernés par le projet d'ouverture de la rue. Sur 500 portes, 411 ne voulaient pas du projet», explique Nathalie Gagnon, l'une des instigatrices du mouvement citoyen qui a mené à la création du camp du non.

La prétention de Mme Gagnon et de ceux et celles qui partagent son point de vue est que 65 pour cent des résidents invités à voter ne subiraient aucun désagrément si de Vienne débouchait sur Saint-Hubert. Au contraire, soutient la dame, la situation serait avantageuse pour eux.

Nathalie Gagnon déplore le fait que l'échevin Hudon ait concentré ses efforts de porte-à-porte dans le secteur où les gens subiront peu d'impact, une initiative, selon elle, qui vise à faire sortir le vote et à faire passer l'option du oui.

«On garde quand même espoir et on ne s'avoue pas vaincus. S'il le faut, on va aller en recours collectif. On ne se laissera pas faire et on fait appel au bon jugement des gens», martèle la citoyenne, qui craint la dépréciation des maisons du voisinage si le projet se réalise.

Neutre

Malgré ses activités de porte-à-porte, Réjean Hudon affirme qu'il maintient une position neutre dans le dossier.

«Je fais ma job de conseiller. J'instruis les gens de la rue de Vienne et du quartier au complet. Oui, j'ai dit que je ne m'en mêlerais pas, mais je veux dire la vérité aux gens», a déclaré M. Hudon, au téléphone. Le camp du oui demeure convaincu que le quartier a besoin d'une nouvelle issue pour désengorger Saint-Hubert, particulièrement aux heures de pointe, et réfute l'hypothèse selon laquelle le projet aura pour effet d'accroître le trafic lourd dans le secteur.

«Actuellement, les résidents du quartier qui désirent s'orienter vers la rue Saint-Hubert doivent emprunter la rue de la Charente, où il n'y a aucune lumière pour aider à la circulation. Si vous désirez emprunter Saint-Hubert à cette hauteur, vous devez attendre qu'il n'y ait aucune voiture en provenance du Nord et du Sud. C'est une véritable course entre deux dangers. Vous risquez de vous faire couper en deux dans un sens comme dans l'autre», a-t-il argué, dans un communiqué transmis aux médias cette semaine.

Il ajoute que l'objectif poursuivi par le camp du oui est d'«assurer une plus grande sécurité pour les piétons, les cyclistes et les automobilistes» et assure que le transport lourd sera interdit sur de Vienne, à l'exception des livraisons locales.

Quant aux tracts distribués, dont le contenu a été réalisé par une agence de relations publiques, Réjean Hudon indique qu'il a payé de sa propre poche les coûts relatifs au mandat octroyé à la firme Communications Velpro.

«C'est Réjean Hudon qui paie et il n'y a aucuns frais à la Ville. Je suis bien content de pouvoir me promener et expliquer ce que les gens du non ne comprennent pas. Ça me fait connaître parce qu'avant les élections, j'étais un peu un ''No Name''. Comme on dit: parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en», lance le représentant du quartier #4, qui a bien l'intention de briguer les suffrages pour une deuxième fois en 2017.

Le résultat sera soumis au conseil

Le référendum consultatif aura lieu entre 10h et 20h aujourd'hui, à Place Saint-Michel. Selon les données fournies par la Ville, 436 personnes (19 pour cent des personnes inscrites sur la liste), se sont déjà prononcées lors du vote par anticipation tenu la semaine dernière. Six boîtes sur 12 sont donc déjà remplies et se trouvent présentement sous scellé. Elles seront dépouillées en même temps que les six autres, ce soir.

La question qui sera posée aux citoyens aujourd'hui est : «Approuvez-vous l'ouverture de la rue de Vienne sur Saint-Hubert à toute circulation?». Il ne s'agit pas de la formulation initiale puisque le service des affaires juridiques et du greffe a dû modifier le libellé, devant les pressions du camp du non, qui le jugeaient biaisé.

Résultats

Porte-parole de Saguenay, Marie-Hélène Lafrance précise que si tout va comme prévu, les résultats seront connus autour de 21h30. Un communiqué sera publié par la Ville et les données seront diffusées sur sa page Facebook. La responsable des communications attire l'attention sur le fait que le résultat du référendum ne reflétera pas nécessairement l'issue du dossier. Le conseil statuera sur la question lors de la prochaine assemblée régulière, au début décembre.

Quant à la distribution de dépliants en faveur du camp du oui par le conseiller Réjean Hudon, Marie-Hélène Lafrance indique que l'administration municipale n'était pas au courant.

«Si c'est le cas, il a le droit. Un référendum n'est pas comme une élection avec des règles bien précises. Les gens ont le droit de faire la promotion d'un camp ou de l'autre et il n'y a pas de limite de dépenses. Certaines règles civiles s'appliquent et il ne peut pas y avoir d'affichage à proximité du lieu de vote», conclut la porte-parole.

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