Favoriser la réussite par l'exercice physique

Tommy Chevrette est devenu professeur en kinésiologie à... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Tommy Chevrette est devenu professeur en kinésiologie à l'Université du Québec à Chicoutimi en 2011, après un début de carrière clinique.

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Faire de l'exercice physique permettrait aux jeunes de mieux réussir à l'école.

Tommy Chevrette, professeur-chercheur en kinésiologie à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), travaille depuis quelques années à étudier les impacts des approches psychomotrices sur le développement des enfants et des adolescents.

Les approches psychomotrices aident au développement global de l'enfant. Le kinésiologue a évalué et comparé des jeunes du secondaire de la région qui ont suivi le programme psychomoteur Aucouturier pendant leur enfance, à d'autres qui ne l'ont pas suivi. Les habiletés motrices, ainsi que des variables psychologiques et neuropsychologiques étaient évaluées.

«Cette approche psychomotrice propose un jeu qui se déroule en trois étapes: les enfants foncent dans des blocs empilés. Après la phase de destruction, une période de jeu libre suit, avant d'entrer en phase de reconstruction», explique Tommy Chevrette, rencontré par Le Quotidien.

Les jeunes d'une école du Lac-Saint-Jean, qui ont suivi ce programme, ont été comparés à ceux d'une école du Saguenay ne l'ayant pas suivi dans leur enfance.

Les résultats de cette étude, dont les données ont été recueillies de janvier à mai 2013, démontrent que les adolescents ayant suivi l'approche Aucouturier présentent de plus grandes habiletés motrices ainsi que des «fonctions exécutives» plus élevées par rapport à l'autre groupe.

De meilleures fonctions exécutives se traduisent principalement par la capacité de mieux traiter et de mieux planifier les informations reçues. Ces capacités facilitent donc l'apprentissage, diminuent le risque d'erreurs, et sont donc synonymes d'une meilleure réussite scolaire.

«En passant par les cours d'éducation physique, on pourrait donc avoir un impact sur la performance scolaire, avance le Dr Chevrette. Il pourrait aussi y avoir une meilleure rétention à l'école, car un jeune qui réussit mieux à l'école aura moins tendance à abandonner. Ce sont des hypothèses que nous aimerions vérifier.»

Autres études

Reste à trouver à quel moment du développement de l'enfant et de l'adolescent on peut observer les impacts de l'approche Aucouturier.

C'est que les résultats préliminaires d'une autre étude réalisée récemment par Tommy Chevrette suggèrent que les jeunes en première année du primaire qui suivent ce programme ne montrent pas dans l'immédiat des fonctions motrices particulièrement supérieures aux autres enfants qui ne l'ayant pas suivi.

«Je souhaite pouvoir réaliser une étude sur une plus longue période pour suivre des jeunes, de leur enfance à leur adolescence», précise-t-il à ce sujet. Ces résultats permettront d'élaborer différents plans d'intervention auprès des enfants.

Soigner le corps, mais aussi l'esprit

(MGA) - Un esprit sain dans un corps sain. Qui contredirait la logique de cette expression? Pourtant, l'esprit et le corps sont encore souvent soignés de façon séparée. Le professeur en kinésiologie Tommy Chevrette propose plutôt de les aborder comme un tout.

Celui qui enseigne à l'UQAC depuis 2011 propose cette approche aux étudiants, notamment dans ses cours kinésiologie et populations en situation de handicap.

Tommy Chevrette, qui s'est spécialisé en psychophysiologie auprès des jeunes, ne se dirigeait cependant pas vers cette spécialisation, et encore moins vers l'enseignement. C'est plutôt le hasard de la vie qui l'y a mené, le faisant rencontrer la bonne personne au bon moment.

Il a débuté sa carrière en cardiologie à l'Hôtel-Dieu de Québec, auprès de patients lourdement atteints, devant par exemple se remettre d'une transplantation cardiaque. En parallèle, il se consacrait à aider des skieurs handicapés sur les pentes du mont Sainte-Anne.

Lors d'une intervention, il a interpellé un skieur pour l'aider à installer une personne sur le remonte-pente. Ce skieur, qui était en fait un éducateur physique de l'hôpital Rivière-des-Prairies, l'a ensuite accompagné le reste la journée. «As-tu déjà pensé à la psychiatrie? Tu ferais un maudit bon intervenant!», a-t-il fini par laisser tomber au terme de la journée.

C'est ainsi que le kinésiologue a accepté de relever de nouveaux défis à l'hôpital Rivière-des-Prairies, qui l'a amené à se spécialiser en psychophysiologie et à entreprendre un doctorat. Puis, des offres dans différentes universités lui ont été proposées, le menant à l'UQAC.

Expérience clinique

Tommy Chevrette souhaite maintenant transmettre son expérience clinique auprès des jeunes handicapés à ses étudiants. Car ce ne sont pas tous les patients qui sont capables de comprendre et de verbaliser leur stress. Mais tous le traduiront par des symptômes physiques.

«La psychophysiologie permet aux étudiants d'adapter leur façon d'intervenir en reconnaissance ces symptômes physiques du stress. On peut adapter notre ton, notre position, les mots choisis, note attitude», explique-t-il.

Cette manière d'intervenir a fait ses preuves: le patient atteindra plus facilement les résultats souhaités.

Les étudiants en kinésiologie qui suivent ces cours optionnels apprennent donc à travailleur sur eux-mêmes pour devenir de meilleurs intervenants.

«Le message doit être adapté à celui qui l'entend», conclut celui qui souhaiterait voir des tandems kinésiologues-psychologues se former dans le système de santé pour intervenir plus efficacement auprès des jeunes.

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