Manifestation aux Serres Toundra

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Une cinquantaine de travailleurs de la construction de la région ont manifesté pacifiquement devant le chantier des Serres Toundra.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Une cinquantaine de travailleurs de la construction de la région ont manifesté devant le chantier des Serres Toundra à Saint-Félicien pour réclamer de pouvoir y travailler.

Monteurs d'acier, électriciens et opérateurs de machinerie lourde déplorent que les promoteurs n'aient pas fait appel à leur service alors qu'ils ont les compétences. Ils balaient du revers de la main l'argument des promoteurs que la construction du complexe nécessite une expertise unique que seule une compagnie hollandaise était en mesure de réaliser. «On est capable de faire les travaux plus complexes que ça. On a fait deux alumineries ultras modernes. C'est nous qui avons travaillé sur le chantier AP-60. Ce sont des personnes de l'Allemagne qui nous dirigeaient pour faire les travaux pour respecter leur technologie et cela a très bien fonctionné. C'était pas mal plus compliqué de ce qu'on retrouve ici, ce n'est pas vrai de dire qu'on n'a pas le savoir-faire. Il ne faut pas nous prendre pour des concombres», a témoigné Roger Valcourt représentant de la FTQ.

«C'est de la petite vaisselle qu'on appelle», a indiqué pour sa part Marc Simard, gérant d'affaires du Local 711, qui représente les monteurs d'acier. «On a dit que c'était du mécanique. Ce n'est pas vrai, c'est du bâtiment, de la structure, et nos gars sont formés pour ça. On n'a pas un gars qui travaille ici et il y a de l'argent de nos taxes dans ce projet et ce sont des Hollandais qui font notre job.»

Les porte-parole syndicaux se questionnent pour quelles raisons le gouvernement permet à des Hollandais de faire le travail alors que le taux chômage et très élevé dans la région. Selon les syndiqués, la Commission de la construction du Québec (CCQ) enquêterait pour déterminer si la construction entamée d'un bâtiment respecte les lois en vigueur au Québec. D'ailleurs, Christian Mallette représentant de l'union des opérateurs de machinerie lourde a mentionné que depuis un an il fait des plaintes à la CCQ parce que ses membres n'ont pas décroché de travail. «Il profite de Loi R-20 qui leur permet d'engager de travailleurs hors construction parce que les travailleurs habituels de la serre sont exclus de la Loi, mais il n'y en a pas encore de serres», a-t-il affirmé.

Aussi, la CSST est intervenue afin que les ouvriers hollandais travaillent plus sécuritairement. Les manifestants ont été très pacifiques et n'entendent pas faire de grabuge. Ils veulent surtout sensibiliser la population.

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André Jobin

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Poussé à l'aide sociale

Dans la région on retrouve 300 monteurs d'acier. De ce nombre, 125 ne travaillent pas, dont 60 sont sur l'aide sociale. Pour preuve, André Jobin, de Métabetchouan n'a pas travaillé depuis un an.

«J'ai dû me rendre en Alberta pour réussir à travailler un peu et me qualifier au chômage. Ce n'est pas normal de devoir s'exiler pour travailler. C'est le seul chantier d'envergure dans la région et on n'y a pas accès», a déploré l'homme de 61 ans.

Roger Valcourt et Marc Simard affirment que les travailleurs de la région sont en mesure de réaliser les travaux du complexe des Serres Toundra au lieu des Hollandais.

Ils veulent rencontrer les promoteurs pour faire changer les choses.

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