Fonds de pension : un poids trop lourd pour RTA

Le directeur de l'Usine Laterrière et membre du... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le directeur de l'Usine Laterrière et membre du comité de retraite, Richard Guay, et le responsable du régime de retraite, Jérôme Couture, ont tenu, hier, une séance d'information sur la situation des régimes de retraite et de leur poids sur les charges financières de Rio Tinto Alcan.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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La société Rio Tinto Alcan souhaite de tout coeur éviter de placer l'enjeu du régime de retraite sur le «poêle chaud» de la négociation en cours avec le Syndicat des métallos de l'Usine Alma, celui d'Énergie électrique Québec Nord, des employés du Roberval Saguenay et des installations portuaires.

L'entreprise a tenu, hier, devant les médias, une séance d'information sur la situation des régimes de retraite et de leur poids sur les charges financières. Comme de nombreuses entreprises au Québec, la problématique des régimes de retraite à prestations déterminées est devenue lourde à supporter. Pour RTA, elle représente pas moins de 120 M$ par année, soit 30% de la masse salariale, pour financer le service courant et les obligations contractées par le régime envers ses 6000 retraités.

Les travailleurs regroupés dans les quatre syndicats ont rejeté, dans une proportion de 94%, la proposition patronale de fermer le régime actuel en 2017 pour le remplacer par un régime à financement salarial géré par les syndicats. Cette solution permettrait à l'entreprise de geler dans le temps ses obligations futures pour les participants actuels au régime, et de bénéficier d'un nouveau régime dont les obligations sont moins lourdes puisqu'elle comprend un partage des risques tout en le mutualisant dans une grande caisse de retraite.

Selon le directeur de l'Usine Laterrière et membre du comité de retraite, Richard Guay, l'enjeu financier du régime actuel est incontournable pour l'employeur et constitue le seul enjeu de la présente négociation. Il faut noter que 60% des membres actifs et retraités membres des autres accréditations syndicales de la région ont accepté dans de très fortes proportions la proposition patronale. Depuis les cinq dernières années, des dizaines de grands syndicats québécois ont accepté des propositions semblables avec le feu vert des centrales syndicales.

Un conflit qui ferait mal

Les représentants d'Alcan considèrent pour le moment, malgré l'inquiétude palpable, que l'enjeu du régime de retraite est la seule raison qui a motivé les travailleurs à se prononcer aussi nombreux contre le projet. Interrogé à savoir si d'autres éléments, comme des relations difficiles à l'Usine Alma au cours des trois dernières années pouvaient avoir un impact dans le résultat du vote, Richard Guay a refusé de se prononcer. Il s'est contenté de revenir sur les impacts négatifs d'un second confit de travail en trois ans dans les installations de Rio Tinto Alcan dans la région.

Le problème des régimes de retraite comme celui en vigueur chez RTA est provoqué par la faiblesse des taux d'intérêt à long terme combinée à l'alourdissement des obligations de l'employeur en raison de l'augmentation de l'espérance de vie. Il n'est pas rare aujourd'hui qu'un retraité bénéficie d'une rente pendant pratiquement aussi longtemps qu'il a travaillé. L'actuaire de l'entreprise qui est responsable du régime de retraite, Jérôme Couture, admet qu'une augmentation des taux d'intérêt à long terme aurait un impact positif sur la solvabilité du régime en diminuant les charges financières de l'employeur.

Espérance de vie

L'autre problème, celui des changements dans l'espérance de vie, ne serait cependant pas réglé.

Pour le moment, les analyses réalisées sur les effets du projet de Loi 57 ne permettent pas d'espérer une diminution significative des charges financières pour l'employeur. C'est pratiquement la même situation pour tous les régimes qui ont, dans le langage des actuaires, atteint une certaine maturité. En ce moment, le régime de retraite des syndiqués compte 9000 membres divisés entre 3000 cotisants et 6000 bénéficiaires d'une rente. Au début des années 80, la situation était exactement le contraire.

Les données fournies hier par RTA sont indiscutables puisqu'elles proviennent du régime de retraite et l'entreprise ne peut pas jouer avec les informations de cette nature. Les problèmes font également l'objet d'un consensus employeurs-syndicats et gouvernement.

La multinationale a déjà fermé l'accès au régime de retraite pour les nouveaux cadres. La solution qu'elle propose aux syndiqués est imparfaite, mais constitue celle qui, jusqu'à maintenant, a fait l'objet d'une forme de consensus dans le monde syndical, mais qui n'est disponible que pour les syndicats affiliés à la FTQ.

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