Des Hollandais pour la construction des Serres Toundra

Le complexe des Serres Toundra est un projet... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Le complexe des Serres Toundra est un projet importé presque entièrement des Pays-Bas. Les dispositions de la Loi sur la Commission de la construction du Québec permettent dans certaines situations à un promoteur d'avoir recours aux travailleurs de l'entreprise qui vend un produit, ce qui est le cas.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

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Le Local 711 des métiers de l'acier affilié au Conseil provincial international de la construction dénonce l'entreprise des serres Toundra de Saint-Félicien qui préfère utiliser les services d'ouvriers hollandais pour le montage des structures d'acier du complexe, alors que les travailleurs de la région spécialisés dans ce secteur sont au chômage ou sur l'aide sociale.

Le gérant d'affaires du Local 711 pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Marc Simard, sonne l'alarme, alors que le chantier progresse rapidement. Il reconnaît que le promoteur a le droit d'avoir recours aux services de ces ouvriers puisqu'il tombe sous la clause du « fabricant installateur » inscrite dans la loi, mais considère que c'est une insulte pour les travailleurs dont les taxes servent en partie à financer ce projet et à garantir des emprunts bancaires.

« La patronne du projet, Caroline Fradet, devrait comprendre que si elle souhaite que les gens de la région aillent dans ses quincailleries Ferlac, ils doivent travailler. Mme Fradet préfère retenir les services d'ouvriers de l'extérieur du Québec alors que nos monteurs d'acier seraient capables de faire ce projet. Dans la situation économique où la région se trouve, c'est un non-sens de laisser faire une telle chose », explique le gérant d'affaire qui invite les membres de son syndicat à sensibiliser les amis et proches à cette situation.

100% hollandais

Le complexe des Serres Toundra est en fait un projet importé à pratiquement 100 % des Pays-Bas. Les dispositions de la Loi sur la Commission de la construction du Québec permettent dans certaines situations à un promoteur d'avoir recours aux travailleurs de l'entreprise qui vend un produit, ce qui est le cas.

« Quand il y a beaucoup de travail, on ne conteste pas ce genre de chose. Mais en ce moment, il devrait y avoir une plus grande sensibilité pour les travailleurs d'ici », reprend le gérant d'affaires du Local 711.

Règles

En plus de dénoncer le recours à des travailleurs de l'extérieur du pays, le Local 711 a informé les organismes de surveillance des chantiers de construction pour qu'au minimum, cette entreprise respecte les mêmes règles de sécurité que celles en vigueur sur tous les autres chantiers du Québec.

« Nous avons observé le chantier et on a constaté des problèmes de sécurité. À titre d'exemple, un travailleur debout sur le garde d'une nacelle d'un chariot élévateur pour fixer des boulons, sans harnais et sans casque de sécurité. Pas un seul monteur d'acier au Québec n'aurait pu travailler 30 secondes sur un chantier dans de telles conditions. Il aurait reçu une infraction rapidement. C'est beau de dire que ça coûte moins cher que nos travailleurs, mais on travaille dans des conditions à risque. »

Dans ce projet, le ministère des Affaires municipales du Québec a accordé une subvention de 5,5 M$ à la ville de Saint-Félicien pour défrayer les infrastructures nécessaires pour la captation d'eau brute ainsi que le système des eaux usées. Investissements Québec a accordé une garantie de prêt de l'ordre de 23 M$ en plus d'offrir une garantie additionnelle de 2 M$ pour une marge de crédit. Le gouvernement fédéral a quant à lui accordé un prêt de 3 M$ que les Serres Toundra devront rembourser.

L'entreprise n'avait pas le choix, selon Caroline Fradet

(LT) - La vice-présidente des Serres Toundra de Saint-Félicien, Caroline Fradet, affirme que l'entreprise n'avait d'autre choix que d'avoir recours aux spécialistes hollandais pour ériger les équipements de production agricole qui formeront le complexe de serres de 38 M$.

« Ce n'est pas par méchanceté que nous avons choisi de procéder de cette façon. Il n'y a tout simplement pas cette expertise au Québec. Nous ne construisons pas des immeubles. Nous mettons en place un complexe de serre qui est un système intégré de production agricole », insiste Caroline Fradet qui a été informée de la visite de représentants syndicaux des travailleurs pendant la semaine.

Elle insiste sur le fait que ce projet est possible parce que l'entreprise de Saint-Félicien a été en mesure d'importer une technologie qui n'existe pas ici, et qui existera peut-être un jour. Les promoteurs de Saint-Félicien ont donc voulu s'assurer de mettre toutes les chances de leur côté en retenant les services des spécialistes hollandais qui érigent ce genre de complexe régulièrement.

En tant qu'entrepreneurs, les promoteurs du complexe de serre devaient s'assurer que le complexe soit monté en répondant aux exigences de la technologie mise en place. Elle a répété à plusieurs reprises l'importance des notions d'expertises dans ce domaine spécifique où le Québec accuse un important retard. Il n'y a que 80 hectares de culture en serre au Québec, comparativement à 10 000 en Hollande.

« Ce n'est également pas vrai de dire qu'il n'y aura pas de travailleurs de la construction pour notre projet. La ville de Saint-Félicien va donner des contrats de 7 M$ parce que nous faisons le projet des serres. On va construire une sous-station électrique et les Lignes du Fjord vont devoir faire le travail. Des travailleurs syndiqués de Gaz Métro sont aussi mis à contribution. Sans projet de serre, ces travaux n'auraient pas lieu. »

Mme Fradet parle des retombées économiques à long terme qui vont à leur tour générer du travail dans la région. Selon les projections, 400 personnes vont travailler à l'exploitation du complexe. « La création de 400 emplois à Saint-Félicien, ça représente 80 000 emplois pour une ville comme Montréal. C'est énorme et ces personnes vont aussi à leur tour construire des maisons et faire travailler les syndiqués de la construction. »

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