Berges: l'attitude de Rio Tinto critiquée

Le préfet et la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin,... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le préfet et la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, et Richard Hébert, maire de Dolbeau-Mistassini, étaient les invités du Cercle de presse du Saguenay, mercredi.

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Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, et le maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, jugent cavalier le comportement du directeur du programme de stabilisation des berges de Rio Tinto Alcan, Jean Pedneault, qui a recours à la méthode forte pour communiquer avec les élus qui tentent d'infléchir certaines décisions.

Le chat est sorti du sac devant le Cercle de presse du Saguenay quand les deux politiciens ont parlé des dommages majeurs causés par l'érosion à la structure de l'Île Boulianne. Celle-ci, une composante du Parc provincial de conservation de Pointe-Taillon, sert aussi de protection naturelle pour la municipalité de Péribonka. «On a réussi à avoir de peine et de misère certains travaux, mais c'est toujours en fonction de leur bonne volonté, et c'est souvent négatif.»

Jean-Pierre Boivin a cité une lettre signée de la main de Jean Pedneault dans laquelle il se fait dire que RTA ne s'ingère pas dans les affaires de la MRC et qu'il n'a pas à s'ingérer dans les affaires de l'entreprise. «Il s'agit de la réparation d'une route menant à une sablière qui a été utilisée pendant un redoux. Ils ont endommagé sérieusement la route et on demandait qu'elle soit réparée. Ils ont expliqué qu'ils avaient payé des redevances à la MRC sur le sable prélevé. Dans le temps d'Alcan, on aurait tout réglé ça rapidement», précise le préfet.

Le maire des Dolbeau-Mistassini a également eu des communications musclées avec l'entreprise lorsqu'il a refusé qu'on utilise la route de Vauvert avant qu'elle soit gelée pour faire du rechargement de plage. Les élus avaient constaté un changement de comportement de l'entreprise lors de la vente à Rio Tinto. Aujourd'hui, ils jugent que l'arrivée de Jean Pedneault à la tête du programme amplifie ce problème de communication.

«Quand ils ont constaté que M. Luc Cyrenne prenait le temps de nous écouter, ils ont décidé de le faire sauter», croit le préfet Jean-Pierre Boivin. Le maire de Dolbeau-Mistassini a enchaîné de façon ironique et avec un sourire en indiquant que M. Cyrenne «avait été remplacé par un bouncer.»

Malgré ces problèmes de communication, la MRC et la ville de Dolbeau-Mistassini entendent demeurer solidaire des autres municipalités et MRC riveraines pour la suite des choses dans le dossier des berges. Jean-Pierre Boivin affirme que la multinationale a le choix de se présenter en audiences publiques avec ou sans entente. «Si nous n'avons pas d'entente, Rio Tinto Alcan va proposer sa solution et nous allons proposer la nôtre. Le gouvernement fera son choix.»

Localement, le préfet a identifié des enjeux reliés aux embouchures des rivières (Péribonka et Mistassini) qui intègrent la problématique de l'érosion de l'île Boulianne et de toute la partie ouest du parc provincial située devant la municipalité de Péribonka. La MRC peut compter sur la SÉPAQ qui a mesuré scientifiquement le recul des berges de la Pointe-Taillon ainsi que celui de l'île Boulianne, principalement la façade nord-ouest de la structure qui est exposée aux grands vents.

RTA met toute sa confiance en Jean Pedneault

Rio Tinto Alcan n'entend pas entrer dans un débat «sensationnaliste» avec les dirigeants politiques de la MRC Maria-Chapdelaine et réitère toute sa confiance dans M. Jean Pedneault, son directeur du Programme de stabilisation des berges. Il est considéré comme un cadre d'expérience en mesure de remplir cette fonction.

La porte-parole de la multinationale dans la région, Xuan-Lan Vu, a déploré le fait que le préfet Jean-Pierre Boivin et le maire Richard Hébert aient attaqué le directeur du programme de façon personnelle pour se plaindre de certains problèmes de communication. La multinationale considère qu'elle agit en fonction du décret gouvernemental encadrant la gestion du lac Saint-Jean ainsi que les travaux de stabilisation. Ses dirigeants estiment faire preuve de disponibilité et d'ouverture en matière de communication avec les intervenants locaux.

En ce qui concerne les problèmes de l'île Boulianne, la porte-parole indique que l'entreprise a réalisé des travaux malgré le fait qu'elle n'a aucune obligation légale en vertu de l'entente sur la cession de ce territoire (parc de Pointe-Taillon), au gouvernement du Québec par l'entreprise.

Interrogée sur les critiques des élus quant au comportement de RTA dans ses relations avec les communautés comparativement à celui d'Alcan, Mme Vu a indiqué que l'entreprise était toujours ouverte aux discussions. Elle a mentionné qu'il y avait en ce moment des discussions avec certaines communautés.

RTA fait face à une levée de boucliers dans le dossier des berges. La gestion du lac était au centre des critiques des élus locaux. C'est la première fois que deux élus de premier plan, un maire d'une ville importante et un préfet, dénoncent sur la place publique le comportement de la multinationale dans ses communications officielles.

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