François Beaumont vit d'espoir

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Plusieurs Québécois ont fait le même choix que François Beaumont lorsqu'ils ont pris connaissance des traitements proposés à Francfort.

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Le triathlète François Beaumont, atteint d'un cancer du côlon avec métastases au foie, s'est tourné vers l'Allemagne afin d'être soigné par le Dr Thomas Vogl, un spécialiste des traitements de chimioembolisation. «Quand ton médecin ici te dit que les chances ne sont pas de ton côté, tu prends ce que tu peux. Ce que j'ai trouvé, c'est le Dr Vogl.»

Plusieurs Québécois ont d'ailleurs fait le même choix que lui, lorsqu'ils ont pris connaissance des traitements proposés à Francfort.

«Ici, mon chirurgien me disait que j'avais 20% des chances de pouvoir lui "retaper dans la mitte" dans cinq ans. Je trouvais que ce n'était pas suffisant. J'ai cherché les alternatives.»

Les possibilités sont en revanche peu nombreuses et très onéreuses.

Le premier «voyage» de François, qui a pris fin le 10 novembre dernier, lui a coûté environ 20 000$. Il doit retourner en Allemagne au milieu du mois de décembre, et le coût sera similaire.

«Le Dr Vogl accepte seulement 10% des cas. Il a accepté le mien. Ma tumeur principale était au côlon. J'ai été opéré au Québec et elle est partie. Ils m'ont enlevé un pied de côlon. Le problème, ce sont les métastases. C'est là que le Dr Vogl est devenu une option. Il m'a dit de réserver six nuits à Francfort. Je l'ai vu une première fois, et on a commencé les traitements. Il te coupe à l'aine et te rentre un cathéter qui va directement dans le foie.»

Déjà, le Dr Vogl a dit au Jonquiérois que les traitements ont des effets sur les métastases.

«Le foie a deux lobes. Si seulement l'un des lobes a des métastases, les chances sont meilleures. De mon côté, il y a plusieurs métastases sur les deux lobes. Après avoir vu le Dr Vogl le lundi, je l'ai revu le jeudi et il était déjà capable de me dire que le traitement a fonctionné, que la tumeur et le niveau d'activité avaient régressé.»

Plusieurs Québécois

Les Québécois sont nombreux à se rendre en Allemagne afin d'être traités. L'un des stagiaires du Dr Vogl est un Québécois, le Dr Alaoui Rayan.

«Tu es dans la salle de réveil et tu te rends compte que tu es entouré de Québécois, raconte l'homme de 34 ans. C'est un peu une vague ici, chez les patients, d'aller en Allemagne pour ce traitement. C'est quelque chose qui a l'air de fonctionner. La dame de Magog à qui j'ai parlé, celle qui m'a convaincu de faire comme elle et de me rendre en Allemagne, n'a plus de métastases. C'est bon signe.»

Il y a certes plusieurs pays où François Beaumont ne se serait pas rendu pour subir un traitement. L'Allemagne lui semblait toutefois sûre.

«Le département de radiologie est gros comme l'hôpital de Jonquière. Tout est neuf. La connaissance y est de haut niveau.»

François Beaumont a été traité en Allemagne. Il... (Photo courtoisie) - image 2.0

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François Beaumont a été traité en Allemagne. Il y retournera au milieu du mois de décembre.

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Une vie chamboulée

François Beaumont avait un peu de sang dans ses selles. Son médecin lui a prescrit une colonoscopie, mais comme les saignements avaient arrêté, il a laissé le papier du docteur sur le coin du bureau. Quand les saignements sont revenus, François a passé les examens. C'est là que sa vie a complètement changé.

Le Jonquiérois a reçu le diagnostic en mars. Huit mois plus tard, il est en Allemagne. Il a entretemps suivi des traitements de chimiothérapie en plus d'être opéré au côlon. «Tout a déboulé rapidement.»

Sans antécédents familiaux, jeune, non-fumeur et surtout très en forme, François Beaumont ne s'attendait surtout pas à recevoir un tel diagnostic. «Tu ne peux pas t'y attendre.»

Il est possible que le cancer colorectal ne cause aucun signe ni symptôme aux premiers stades de la maladie puisqu'il est alors très petit, peut-on lire sur le site de la Société canadienne du cancer. Les symptômes apparaissent souvent une fois que la tumeur s'est développée dans les tissus et organes voisins.

Une grande prudence s'impose

Qu'est-ce que la chimioembolisation?

La chimioembolisation est un traitement qui a recours à une matière, à un agent ou à de minuscules billes (microsphères) pour bloquer l'apport en sang à une tumeur, peut-on lire sur le site de la Société du cancer du Canada. « Le médecin envoie la chimio directement sur les métastases, tout en coupant l'apport de sang à cet endroit. Les métastases se nourrissent du sang. Ça les empêche de le faire », explique François Beaumont.

Et au Québec?

Le ministère de la Santé appelle « à la plus grande prudence » avec les traitements du Dr Thomas Vogl. Le ministère a pris contact avec les autorités scientifiques européennes et avec le Dr Vogl afin d'en savoir plus.

« Il a publié plusieurs articles qui sont des histoires de cas sans comparaison de l'efficacité avec d'autres traitements. Ces articles, contrairement à des articles scientifiques, ne permettent pas de conclure à l'efficacité des traitements comparé aux autres existants », a dit la porte-parole du ministère, Noémie Vanheuverzwijn, au journal Le Soleil.

L'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) n'a pas encore publié sur l'efficacité de la chimioembolisation pour les métastases hépatiques.

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