L'UQAC plongée dans le deuil

L'UQAC a mis à la disposition des étudiants... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'UQAC a mis à la disposition des étudiants une mosaïque composée de trois grands panneaux blancs sur lesquels les étudiants et visiteurs peuvent inscrire un mot ou une pensée pour répondre aux attentats de vendredi soir.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Avec un contingent de 500 étudiants originaires de la France et un noyau de professeurs important de même nationalité, l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) vit une forme de deuil et le recteur Martin Gauthier partage ce sentiment alors que le drame de la fin de semaine soulève encore plus de questions sans que les réponses ne soient nécessairement simples.

Hier, l'UQAC a mis à la disposition des étudiants une mosaïque composée de trois grands panneaux blancs sur lesquels les étudiants et visiteurs pourront inscrire un mot ou une pensée pour répondre aux attentats de vendredi soir. La mosaïque sera construite au cours de la semaine et l'université donnera suite à ce qu'elle entend faire avec cette oeuvre quand elle sera complétée.

Le consul honoraire de France dans la région, le docteur François Brochet, a été invité pour dévoiler la mosaïque et il a rédigé un bref commentaire qui reprenait en gros son discours en rappelant que la France allait malgré ces événements tristes demeurer le pays de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Il reprenait ainsi la devise du pays qui représente à ses yeux un grand modèle d'ouverture.

«Il faut faire attention et éviter de penser que tous les gens du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de certaines régions sont des terroristes. La très grande majorité de ces personnes sont des gens bien. Nous devons penser aux victimes et aux familles de ces victimes. Il est important de faire preuve de tolérance et d'amour en réaction à ces actes», a déclaré le médecin avant de signer la mosaïque.

Après le dévoilement de la mosaïque, les étudiants français ont participé à une activité de discussion avec des professeurs du département des sciences sociales, dont Dominic Bizot, un professeur originaire de la France qui a sa vision de cette nouvelle guerre dans laquelle la France est plongée depuis vendredi soir.

Il résume assez bien cette situation lorsqu'il évoque la Deuxième Guerre mondiale avec l'occupation où les Français connaissaient l'ennemi et surtout les raisons de l'occupation. Les Français ont aussi vécu les attentats terroristes reliés à leur passé colonial dont les conséquences sont toujours d'actualité dans l'hexagone. Paris avait vécu une série d'attentats qui ciblaient spécifiquement des intérêts juifs. Il y a eu les attentats contre Charlie Hebdo à cause des dessins du prophète et, vendredi, la France a été frappée pour tout ce qu'elle représente en tant que nation libre.

«Le passé colonial n'explique pas tout. J'ai parlé à ma mère qui avait 15 ans pendant la Deuxième Guerre mondiale et aujourd'hui, elle a peur. Pas peur pour elle, mais peur pour mon autre frère qui travaille et doit vaquer à ses occupations. On devra apprendre à vivre avec cette peur», indique le professeur.

Le professeur Bizot rejoint le président français François Hollande lorsqu'il affirme que la France est en guerre. «La France est dans une troisième guerre mondiale qui est différente de tout ce que nous avons connu jusqu'à maintenant.»

Les médias ont été invités à quitter la salle lors de la rencontre entre les étudiants et les professeurs afin de permettre à ceux qui le désiraient de s'exprimer sans contrainte.

L'UQAC a mis à la disposition des étudiants des services de soutien psychologique. Selon la porte-parole Marie-Karlynn Laflamme, les ressortissants français ont été peu nombreux à demander de l'aide et une rencontre.

Le recteur Martin Gauthier a participé à toutes les activités depuis samedi. Il a mentionné que ces différents événements ont été organisés à l'initiative des étudiants et l'UQAC n'a fait qu'apporter le support logistique.

Selon le recteur, il y a une ambiance de deuil au sein de l'établissement, mais il constate que les jeunes Français n'ont pas perdu espoir et, à ses yeux, c'est ce qu'il y a de plus important.

«En tant que parent, on pense beaucoup aux jeunes qui ont été des victimes lors des événements. Mais samedi soir, après la marche, je me suis aussi demandé ce que pouvaient penser les parents des jeunes qui ont commis ces actes.»

Pour le moment, aucun étudiant ou professeur de l'UQAC n'a perdu de membre de sa famille ou de proche dans les attaques de vendredi soir. L'université a cependant répertorié une victime qui a étudié en 2007-2008 à Chicoutimi, ainsi que deux professeurs qui collaborent dans le cadre d'échanges étudiants. Le recteur de l'UQAC est toutefois demeuré discret sur l'identité des personnes.

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