Des Saguenéens à Paris

«Soudain, les sirènes et les policiers»

Plusieurs personnes se sont réunies, vendredi soir, devant... (Photo PC)

Agrandir

Plusieurs personnes se sont réunies, vendredi soir, devant le consulat français de Montréal.

Photo PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

Sabrina Myre, ancienne journaliste à Radio-Canada au Saguenay, et son conjoint Pierre-Olivier Laforge, d'Alma, se trouvaient dans leur appartement du 18e arrondissement lorsque les attaques ont éclaté à Paris, hier soir.

Le couple devait sortir, mais un petit rhume l'avait convaincu de demeurer dans le confort de leur foyer. Mais le bruit des sirènes a intrigué la journaliste, qui se trouve actuellement en France pour terminer sa maîtrise.

Curieuse, elle ouvre son compte twitter et c'est là qu'elle apprend qu'une fusillade a lieu dans l'arrondissement voisin. Quelques minutes plus tard, un autre attentat se produit, des bruits de bombes, une prise d'otage, 40 morts, 60 morts, 100 morts...

« J'ai parlé, ce soir, à différents médias de l'événement, mais je ne le réalise même pas encore. Ça n'arrête jamais », répond d'emblée la journaliste, consternée par les événements.

Journaliste saguenéenne, Sabrina Myre se trouve à Paris... (Photo courtoisie) - image 2.0

Agrandir

Journaliste saguenéenne, Sabrina Myre se trouve à Paris pour une maîtrise.

Photo courtoisie

Cette dernière venait d'ailleurs d'entendre François Hollande décréter les mesures d'urgence et la fermeture des frontières.

« C'est du jamais-vu dans l'histoire moderne de la France. Et c'est bien la première fois que je ne peux sortir d'un pays dans lequel je me trouve », exprime Sabrina Myre, qui se rend d'ailleurs régulièrement en Afrique pour son travail.

Photographe originaire de Chicoutimi, Charles-Frédérick Ouellet devait revenir... (Photo courtoisie) - image 3.0

Agrandir

Photographe originaire de Chicoutimi, Charles-Frédérick Ouellet devait revenir à Québec dimanche.

Photo courtoisie

Résidant à Québec, mais originaire de Chicoutimi, le photographe Charles-Frédérick Ouellet marchait près de la place de la république au moment des événements.

« Plusieurs policiers se trouvaient près de nous. Mais on ne savait pas ce qui se passait, car les infos sur place sont filtrées pour ne pas compromettre les opérations. Alors on a regardé des fils de presse externes et c'est là qu'on a vu. C'est un triste jour », commente le photographe, de passage en France pour l'exposition de ses photos.

Née en banlieue parisienne, Clémence Jaeger a déménagé... (Photo courtoisie) - image 4.0

Agrandir

Née en banlieue parisienne, Clémence Jaeger a déménagé dans la région il y a trois ans pour ses études à l'UQAC.

Photo courtoisie

Née en banlieue parisienne, Clémence Jaeger écoutait la partie de soccer France/Allemagne dans son appartement de Chicoutimi lorsqu'elle a su ce qui se passait dans sa France natale. L'étudiante de l'UQAC, qui a de la famille à Paris, était sur le qui-vive une bonne partie de la soirée

« Pendant le match, j'ai remarqué que le président Hollande quittait les lieux avec des agents de sécurité. Je trouvais ça étrange, mais on a quand même continué d'écouter la partie. On a bien vu par contre que quelque chose n'allait pas lorsque les annonceurs ont dit qu'il n'y aurait pas d'entrevue avec les athlètes », témoigne l'étudiante en géographie, qui habite la région depuis trois ans.

Immédiatement, elle s'est assurée que ses proches se portaient bien.

« Heureusement, mon frère qui se trouve souvent à Paris était dans une autre région de la France. Mais je me croise les doigts pour ne pas avoir de mauvaises nouvelles », mentionne la jeune femme.

Pas «si», mais «quand»

L'ampleur des événements a étonné le monde entier. Mais ces attentats étaient prévisibles, selon Sabrina Myre et Clémence Jaeger.

« Les experts l'avaient prédit. La France recevait un si grand nombre de menaces que la question n'était pas de savoir si ça allait se produire, mais bien quand », pointe la journaliste de Saguenay.

« Le contexte est difficile en Europe. Que ce soit sur le plan de l'économie, de l'immigration. Les gens ne se sentent pas en sécurité depuis quelque temps. Après ce qui s'est passé avec Charlie Hebdo, les gens étaient devenus paranoïaques », remarque la Française, qui désire plus que jamais faire sa vie au Québec.

Comme plusieurs étrangers à Paris, Charles-Frédérick Ouellet a utilisé la nouvelle option de Facebook indiquant être en sécurité pendant « Paris Terror Attacks ». Le réseau social a en effet activé, vendredi soir, cet outil pour permettre à ses utilisateurs de rassurer leurs proches.

Le photographe devait revenir à Québec dimanche, mais la fermeture des frontières, même si elle a été de courte durée, risque de retarder ses plans.

« À mon avis, il y aura du retard. La fermeture des frontières, ça va retarder tout le trafic aérien. »

Depuis l'attentat de Charlie Hebdo, la France avait resserré ses mesures de sécurité. Étudiante dans un établissement parisien, Sabrina Myre appréhende maintenant la suite. « Des mesures ont été mises en place à plusieurs endroits, notamment dans mon université. On ne circule pas comme on veut. On doit présenter régulièrement notre carte d'identité. Et on ne peut pas laisser traîner un sac. Ça devient rapidement un colis suspect. La psychose s'est installée. Donc je ne peux m'imaginer comment ça va être maintenant », laisse tomber la jeune femme.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer