Québec en a assez du conflit de l'automobile

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Le ministère du Travail peut intervenir dans le cadre de la négociation d'une première convention collective en confiant à un arbitre le rôle de définir les conditions de travail. Le gouvernement pourrait utiliser la même formule dans le contexte du lock-out dans le secteur de l'automobile.

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

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Le gouvernement du Québec va déposer ce matin à l'Assemblée nationale un projet de loi qui devrait mettre un terme au lock-out qui perdure depuis 1000 jours chez 26 concessionnaires d'automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean et qui affecte 450 travailleurs syndiqués à la CSD.

Il s'agit de la réponse du ministre du Travail Sam Hamad au rapport du conciliateur Normand Gauthier, qui a épuisé toutes les stratégies à sa disposition pour parvenir à trouver un terrain d'entente entre le Syndicat démocratique des employés de garage du Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Corporation des concessionnaires d'automobiles.

Dans les nouveaux préavis déposés hier matin à l'Assemblée nationale, on peut lire à la rubrique dd) «Loi portant sur le règlement de certains différends dans le secteur de l'automobile de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean - ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale».

L'attaché de presse du ministre Philippe Couillard, Harold Fortin, est demeuré discret sur le contenu du projet de loi. La procédure parlementaire oblige le ministre Hamad à déposer en premier lieu le projet de loi devant l'Assemblée nationale avant de faire état de son contenu publiquement. Il faudra donc attendre à ce matin pour connaître la façon dont le gouvernement compte s'y prendre pour obliger le retour au travail, un geste particulièrement rare pour l'État dans un conflit privé.

La limite est atteinte

«Le premier ministre Philippe Couillard avait indiqué dans des entrevues qu'il y aurait un jour une limite. M. Couillard a toujours déploré les impacts de ce conflit de travail pour tout le monde», a déclaré Harold Fortin. Ce dernier a reconnu le caractère exceptionnel de cette intervention gouvernementale en rappelant que le ministère du Travail, depuis le début, a toujours tenté de jouer un rôle de facilitateur dans les discussions.

Le ministère du Travail peut intervenir dans le cadre de la négociation d'une première convention collective en confiant à un arbitre le rôle de définir les conditions de travail. Le gouvernement pourrait utiliser la même formule dans le contexte du lock-out dans le secteur de l'automobile même s'il ne s'agit pas d'une première convention collective. Les différents fonctionnaires dépêchés dans ce dossier ont déjà une bonne connaissance de la convention actuelle qui fait l'objet du litige.

Le président du syndicat, Georges Bouchard, est impatient de connaître le contenu du projet de loi qui sera déposé ce matin à l'Assemblée nationale. Il était visiblement déçu de la tournure des événements mais cette situation le conforte dans ce qu'il a toujours cru depuis le début du lock-out, malgré les hypothèses de travail sur la table.

«Je suis toujours convaincu que nous avions devant nous un employeur qui n'a jamais voulu négocier autrement qu'en imposant des conditions de travail pour écraser les travailleurs. Tout ça, pour s'enrichir encore plus sur le dos de 450 chefs de famille jetés à la rue depuis 1000 jours. Ça se confirme et ça ne me dérange pas que vous l'écriviez», a repris Georges Bouchard.

Selon lui, il n'y a pas d'autre façon d'analyser le conflit. «À chaque fois que nous avons eu des séances de négociation, l'employeur se faisait un devoir la veille de nous faire parvenir une mise en demeure, une poursuite ou un autre geste légal pour écoeurer le syndicat», a conclu Georges Bouchard.

Concessionnaires surpris

(LT) - Le directeur général de la corporation, Sylvain Gauthier, a admis hier que la décision du gouvernement constituait une surprise. Il a noté le caractère inhabituel d'une loi spéciale dans un conflit privé et se demande bien comment le gouvernement peut justifier cette décision.

Il est demeuré prudent dans ses commentaires lors de l'entretien avec Le Quotidien. Ce dernier rencontrait en fin d'après-midi hier les membres de la corporation pour évaluer la situation et surtout prendre connaissance des commentaires des membres sur la décision de ministre du Travail de légiférer, comme il l'avait annoncé à la fin de l'été quand il avait mentionné que la patience du gouvernement allait avoir une limite.

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