Aluminium: une industrie en état de choc

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

En raison d'une conjoncture mondiale en pleine mouvance depuis une dizaine d'années, l'industrie de l'aluminium est en état de choc tant au niveau de l'offre que de la demande, ce qui entraînera d'ici deux ans la fermeture de la majorité des alumineries de production primaire aux États-Unis et ajoutera de la pression sur les producteurs canadiens.

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Ce tableau sombre a été présenté hier après-midi par Jean Simard, président de l'Association de l'aluminium du Canada, à partir des données produites par Harbor Aluminium, une firme de consultation spécialisée dans l'analyse des données de la production d'aluminium.

Devant les membres de la presse régionale, M. Simard a expliqué que d'ici 2040, la demande mondiale pour le métal gris continuera de croître, passant du niveau actuel de 2,1 millions de /tonnes par milliard $ de revenus à 3,9 millions de tonnes, sauf qu'il est loin d'être assuré que ce tonnage proviendra principalement de l'Amérique du Nord.

Le choc chinois

Le premier choc auquel doit faire face l'industrie, explique M. Simard, provient de la Chine qui, en raison de ses politiques de régulation des naissances, connaîtra une décroissance démographique importante. L'économie chinoise passera d'une croissance de 12 % par année à 5 % selon les prédictions. Au cours des derniers mois, le gouvernement chinois a aboli une taxe à l'exportation de l'aluminium primaire de 15 %. Il en va de même pour la taxe sur les produits semi-finis, ce qui permet aux exportateurs d'acheminer de l'aluminium sous forme de produits « maquillés » comme de fausses poignées de porte ou autres produits de commodités qui sont tout simplement refondus. L'autre phénomène auquel on assiste est la volonté des dirigeants chinois de continuer à développer leur économie sous régime totalitaire et à faire travailler le peuple à 25 % du coût d'un travailleur américain.

« Les Chinois ajoutent des tranches de capacité de production, ce qui fait grimper les inventaires mondiaux », explique M. Simard. Et il ne faut pas croire, selon lui, que les Chinois ont tant de retard au plan technologique. Selon les données de Harbor, les inventaires actuels réels ou cachés se situent à 14 millions de tonnes de métal primaire dans un contexte où 50 % de la capacité mondiale de production est déficitaire en raison d'un prix de la tonne d'aluminium en bas de 1500 $ US.

M. Simard affirme qu'à 1800 $ la tonne, il faut parler de la vallée de la mort. Mais malgré cela, il s'ajoutera davantage de capacité de production mondiale d'ici deux ans qu'au cours des neuf dernières années. « Les fermetures d'alumineries s'accélèrent et se rapprochent. Il suffit de penser à l'Usine RTA à Beauharnois ou encore la réduction de production de 500 000 tonnes annoncée la semaine dernière dans l'État de Washington. »

Il n'y a pas que la Chine qui bouge puisque la croissance de la production provient aussi du Moyen-Orient où les dirigeants de pays riches en pétrole et en gaz naturel utilisent les surplus énergétiques pour construire et alimenter des alumineries, et ce, en utilisant des fonds souverains. « Pendant ce temps, des entreprises privées comme Alcoa, RTA et BHT Billiton doivent se soumettre aux règles du marché. Si les prix du marché ne montent pas, la majorité des usines américaines fermeront. C'est un signal », affirme-t-il.

Le paradoxe nord-américain

(DV) - Un autre constat contenu dans l'étude et qui est paradoxal est que malgré l'ajout de capacité de production, l'Amérique du Nord est en déficit de 2,4 millions de tonnes pour suffire à ses besoins annuellement. Ce déficit est de plus en plus comblé par des importations provenant de la Chine, de la Russie, du Moyen-Orient. « Plus rien ne tient dans le monde de l'aluminium. Il faut que tout le monde se serre les coudes parce qu'il y a de plus en plus de producteurs qui ont des cartes aussi fortes que nous. On a vécu l'histoire du magnésium, j'espère qu'on ne vivra pas la même chose dans l'aluminium. »

Invité à se prononcer sur l'avenir de l'industrie au Canada, M. Simard affirme qu'il faut traverser la tempête en attendant que d'autres tendances se dessinent comme la nécessité de vivre dans un monde de plus en plus à faible empreinte carbone. Parmi celles-ci, il est possible que d'ici quelques années, les pays du Moyen-Orient aient épuisé leurs sources d'énergie fossiles, ce qui est déjà le cas pour certains producteurs.

Il a conclu en affirmant que sur une période de 10 ans, il peut se produire bien des changements.

Gilles Grenon, directeur, DER, Québec, Rio Tinto, Gino... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Gilles Grenon, directeur, DER, Québec, Rio Tinto, Gino Jobin, représentant technique, JAMEC de Normandin; Frédéric Potvin, président, Morin Énertech de La Baie; et Martin Charron, directeur général, communications et relations externes et leader de la pratique DER, Rio Tinto, assistaient hier à l'activité soulignant les dix ans du Bureau de développement économique régional de RTA.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

162 projets et 75 M$

(DV) - Le Bureau de développement économique régional (DER) de Rio Tinto Alcan a souligné ses 10 années d'existence, mardi, lors d'un « 4 à 6 » tenu au Centre opérationnel d'Arvida en présence d'une centaine de gens d'affaires, équipementiers et transformateurs, à la suite de l'invitation du nouveau directeur en poste depuis septembre, Gilles Grenon.

L'événement a été l'occasion de souligner les réalisations de certaines entreprises qui, comme STAS, PCP Canada et Charl-Pol, ont pu percer le marché dans leur secteur d'activité en bénéficiant d'aide sous diverses formes - financière, développement de relations d'affaires, acquisition d'expertise.

Selon M. Grenon, ces 75 M$ ont été investis dans 162 projets et entreprises diverses pour la création de 2500 emplois directs ou indirects.

En entrevue, M. Grenon, qui compte 36 années d'expérience chez RTA en finances, gestion, contrôle de projets, comme chef de service au sein de diverses divisions de l'entreprise, a déclaré que le mandat qu'il assume depuis le 1er septembre à la tête du DER s'inscrira dans la continuité de son prédécesseur, Hugues Lajoie. « Mon mandat sera de continuer d'aider les équipementiers et entrepreneurs à diversifier l'économie régionale et de contrer la morosité qui existe. »

Avec 162 projets appuyés en 10 ans, ce dernier croit que la région a besoin de gens disposant déjà de bons outils pour continuer à développer l'économie autour de quatre axes principaux, soit la diversification économique, l'accompagnement des équipementiers, l'aide à la transformation de l'aluminium et la valorisation de l'innovation.

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