Le projet de géoparc à l'UQAC

Le réseau des géoparcs mondiaux est formé de... (Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Le réseau des géoparcs mondiaux est formé de 120 sites reconnus dans 33 pays. Selon la description de l'UNESO, il s'agit d'espaces géographiques unifiés, où les lieux et les paysages de portée géologique internationale sont gérés selon un concept global de protection, d'éducation et de développement durable.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

La région rapatrie le projet de création d'un géoparc au Saguenay. Le dossier, qui pourrait mener à une reconnaissance par l'UNESCO, avait été confié à une équipe de chercheurs de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) par Promotion Saguenay il y a deux ans. Les deux parties n'ont cependant pas réussi à s'entendre et le mandat, assorti d'une subvention d'environ 100 000$, vient d'être confié à des chercheurs de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Le triathlète Pierre Lavoie, qui est porteur du projet, explique que l'expert en paléontologie et chercheur à l'UQAR, le professeur Richard Cloutier, a été sollicité par Promotion Saguenay pour son expérience et ses connaissances approfondies en géologie et en paléontologie. Il a dirigé les travaux visant à la reconnaissance patrimoniale du parc national de Miguasha, en Gaspésie. Le chercheur en géographie connaît bien la région puisqu'il possède un chalet à L'Anse-Saint-Jean.

Or, les deux années de tractations entre l'UQAR et Saguenay se sont avérées laborieuses à plusieurs chapitres. Richard Cloutier estime que les démarches administratives étaient beaucoup plus lourdes que prévu, ce qui a fait avorter le partenariat.

«On était dans la démarche pour obtenir la subvention. Ça a bloqué dans l'établissement du contrat. Je me suis retiré de ce projet faute de pouvoir en arriver à un financement adéquat. Dans le domaine de la recherche, l'argent est le nerf de la guerre», a-t-il fait remarquer, précisant qu'un protocole d'entente impliquant une ville et une université est particulièrement difficile à conclure. Richard Cloutier indique que les discussions se sont complexifiées le moment venu de négocier les budgets relatifs à l'embauche d'étudiants et à l'achat de matériel comme des cartes topographiques et géologiques. Ces équipements sont essentiels au recensement de la quarantaine de géosites qui composent un géoparc. Ces géosites sont de natures variées et peuvent emprunter des caractéristiques géologiques ou historiques. La faille présente dans le fjord et la statue de la vierge au sommet du cap rocheux de Rivière-Éternité ont été citées en exemple par le professeur Cloutier comme étant des géosites potentiels. Le fjord n'est pas le seul secteur concerné et des géosites pourraient être identifiés sur les deux rives du Saguenay. À ce jour, un seul géoparc canadien a obtenu le sceau officiel de l'UNESCO. Il s'agit de Stonehammer, au Nouveau-Brunswick.

Richard Cloutier n'entretient pas d'animosité à l'égard de Promotion Saguenay et souhaite de tout coeur que le projet de géoparc se concrétise.

«Il y avait une véritable volonté de mener ce projet-là à terme. Je trouve que c'est un très beau moteur économique et touristique. Je les encourage à continuer les démarches pour aller chercher les éléments d'intérêt», poursuit le professeur, qui s'était entouré de spécialistes de différents domaines pour monter le dossier scientifique.

100 pour cent régional

À l'instar des représentants de Promotion Saguenay, Pierre Lavoie croyait que M. Cloutier était l'homme de la situation pour le géoparc, ce qui explique pourquoi ce dossier d'envergure majeure pour la région a été confié à des chercheurs de l'extérieur, malgré le savoir-faire contenu entre les murs de l'UQAC. L'homme de fer précise que les avocats de l'UQAR et de la Ville se sont renvoyé la balle à moult reprises au sujet du protocole d'entente, mais que les demandes du professeur de l'université étaient devenues pointilleuses.

«On a retiré le dossier à l'UQAR vu la complexité des choses. On va rapatrier le dossier chez nous à 100 pour cent, ce qui représente une excellente nouvelle pour la région. J'y crois vraiment pour le tourisme au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Oui, il y a le fjord, mais il y a le géoparc aussi. La reconnaissance des deux par l'UNESCO est possible», met en relief Pierre Lavoie. Et même si le géoparc n'obtient pas de désignation officielle, le père du Grand défi estime que les démarches n'auront pas été vaines puisque tous les régionaux profiteront de ces découvertes scientifiques.

Un comité scientifique formé d'ici la fin du mois

Un comité scientifique sera constitué à l'UQAC d'ici à la fin novembre, dans le dessein de chapeauter la démarche visant la création d'un géoparc au Saguenay. Si le projet se concrétise, il s'agirait d'un premier géoparc québécois.

Directrice des affaires publiques à l'université, Marie-Karlynn Laflamme confirme que son établissement est engagé dans le processus qui devrait mener, d'ici à quelques jours, à la signature d'un protocole d'entente avec Promotion Saguenay.

«On est à l'étape de signer le contrat. Ça avance très bien et on a bon espoir de pouvoir le signer rapidement», a-t-elle déclaré, lorsque questionnée par Le Progrès-Dimanche. La directrice ne peut dire, pour l'instant, à combien s'élèvera la subvention de Promotion Saguenay. Elle ne peut s'avancer, non plus, sur la composition du futur comité scientifique.

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