Centralisation: le projet inquiète les techniciens de labos

Le projet «Optilab» va se traduire dans la... (Archives Getty Images)

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Le projet «Optilab» va se traduire dans la région par la centralisation, à Chicoutimi, de la majorité des activités d'analyse des six hôpitaux dans à peu près tous les domaines de la santé.

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Le gouvernement du Québec veut abolir 1000 postes de techniciens dans les laboratoires des centres hospitaliers du Québec et met en place le projet «Optilab». Dans la région, cela va se traduire par la centralisation, à Chicoutimi, de la majorité des activités d'analyse des six hôpitaux dans à peu près tous les domaines de la santé.

Les personnes qui fréquentent les centres de prélèvement dans les hôpitaux ont vu apparaître les signes d'une campagne de mobilisations de l'Association du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux du Québec (APSSQ) pour contrer cette centralisation dont les impacts sur les emplois et la qualité des services ne sont pas encore connus. Il se trouve que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a été choisi comme région hôte de la première expérience de centralisation au Québec.

«Il s'agit d'un projet gouvernemental qui se réalise en sept sections livrables selon ce qui est indiqué sur le site officiel du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean. Selon les réponses fournies, le CIUSSS a maintenant franchi trois étapes. Ils ne sont pas encore en mesure de déterminer les impacts de la mise en place de ce projet sur les emplois pour chacun des hôpitaux qui verront leur travail réduit par le transfert des analyses à Chicoutimi», précise Nathalie Chalifoux, répondante politique de l'APTSQ pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Trop loin

L'association a donc lancé une vaste campagne pour sensibiliser la population à cette autre vague de centralisation dans le système de santé. Cette fois, le syndicat croit que le gouvernement va trop loin en voulant réaliser des économies sur un service aussi sensible et névralgique que celui des tests qui permettent de supporter les diagnostics médicaux.

En plus des problèmes reliés à la sécurité des services pour les patients dont les traitements et le diagnostic dépendent de ces tests, l'association soutient que le gouvernement fait vivre une période d'incertitude au personnel affecté aux laboratoires. Ces derniers ne savent pas vraiment ce qu'il adviendra de leur travail qui sera modifié de façon importante par la perte d'une série de tests.

La modification des rôles des laboratoires des cinq hôpitaux nécessitera, selon le syndicat, la mise en place d'un système de transport entre Chicoutimi et ceux de Roberval, Dolbeau-Mistassini, Alma, Jonquière et possiblement La Baie. En ce moment, le CIUSSS a informé le syndicat que les analyses étaient en cours quant à la mise en place de ce réseau de transport.

«Ça n'a pas beaucoup de sens, mais les spécimens vont se promener d'un bout à l'autre de la région et même de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec. Dans le seul déménagement du nouveau centre hospitalier de Montréal, on a égaré des spécimens pour des personnes atteintes du cancer. Il y a eu de sérieux problèmes», a repris Nathalie Chalifoux.

L'association, dont les membres connaissent bien les particularités des flux de spécimens et autres produits entre les centres de prélèvement et les laboratoires, juge qu'il sera très difficile d'établir un système de transport adéquat et sécuritaire.

«Il y a plusieurs types de spécimens prélevés dans les hôpitaux. Certains ont des durées de vie plus courtes en fonction de la température et des conditions de conservation. Il y a aussi des risques de perdre des spécimens pour des examens importants comme le cancer. Ce n'est pas rassurant. Il reste beaucoup de questions sans réponse pour le moment», a ajouté la représentante de l'association.

Cette nouvelle diminution des effectifs médicaux dans les hôpitaux du Lac-Saint-Jean continuera d'alimenter les perceptions des politiciens municipaux qui considèrent faire les frais de la création du CIUSSS avec l'hôpital de Chicoutimi qui deviendra au fil du temps le pôle majeur de la santé dans la région.

Une mise en place de cinq à 10 ans

La mise en place du projet «Optilab» dans les hôpitaux de la région relève d'une obligation imposée par le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui croit être en mesure de faire plus avec moins dans tout le volet biomédical des hôpitaux en ayant recours à la technologie ainsi que le développement d'une multitude de tests diagnostics.

Le porte-parole du Centre intégré universitaire de santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Marc-Antoine Tremblay, précise que les gestionnaires de l'hôpital travaillent en ce moment aux plans de main-d'oeuvre de la nouvelle structure des laboratoires ainsi que la répartition des tests. Il s'agit pour le moment d'un projet en préparation, a réitéré le porte-parole.

«Il s'agit d'une demande du ministère qui a procédé à l'analyse des examens en laboratoire et qui veut que l'on exploite au maximum les équipements. Le ministère considère aussi l'arrivée de plusieurs nouveaux tests diagnostics au cours des prochaines années.»

Il n'est pas question pour le moment de procéder à des mises à pied puisque le CIUSSS prépare le plan de main-d'oeuvre en fonction des départs à la retraite du personnel des laboratoires. Selon Marc-Antoine Tremblay, le CIUSSS se donne un horizon de 5 à 10 ans pour mettre en place ce nouveau service qui sera composé de Chicoutimi comme «laboratoire serveur» avec cinq laboratoires associés dans les autres hôpitaux de la région.

«Les changements vont se faire dans le respect des conventions collectives de travail. Les départs se feront par attrition et non par des mises à pied. La personne qui va se rendre dans son hôpital pour un prélèvement ne se rendra compte de rien et risque même d'obtenir son résultat plus rapidement», soutient le porte-parole de l'hôpital régional.

Il est encore trop tôt, selon ce dernier, pour mettre un chiffre sur le nombre de postes qui disparaîtront dans les laboratoires associés d'ici la fin de la mise en place du programme, car ils conserveront une partie des examens.

«Ça sera le cas pour les urgences et certains examens dont les spécimens ne peuvent être transportés. Il arrive que l'on ait besoin d'un résultat dans un très court délai.» Le CIUSSS, malgré les explications, n'est pas encore en mesure d'identifier les analyses qui seront réalisées localement et celles qui seront centralisées au laboratoire serveur de Chicoutimi.

En plus des économies, l'objectif recherché est le développement d'un savoir-faire par la réalisation d'un grand nombre de tests pour plusieurs types d'examens sur le même site. Plusieurs de ces analyses, il faut le rappeler, seront réalisées dans un avenir rapproché par de nouveaux appareils et il sera donc possible d'effectuer une grande quantité d'examens de spécimens en même temps.

Le ministère considère que la biologie médicale est un secteur qui peut offrir des possibilités intéressantes pour concentrer des fonctions dans le secteur de la santé. Dans ce cas précis, Québec mise beaucoup sur les développements technologiques ainsi que la nouvelle génération des tests diagnostics.

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