Baux de villégiature : ultime tentative

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Entre autres attentes, le Regroupement des locataires de terres publiques du Québec demande au gouvernement de faire marche arrière, de décréter un moratoire et de former une table de consultation. Celle-ci aurait le mandat d'actualiser la convention de 2002, laquelle sert à fixer le prix des baux depuis plus d'une décennie.

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Le Regroupement des locataires de terres publiques du Québec tente une démarche ultime afin d'empêcher la hausse des baux de villégiature décrétée par le gouvernement.

Représentant près de 4000 membres à l'échelle provinciale, le RLTP sonne l'alarme depuis des mois quant à une hausse importante de la valeur des chalets.

Un moratoire a été réclamé, en vain, et un nouveau mode d'évaluation est entré en vigueur le 1er novembre.

La méthode de calcul des baux de villégiature tient compte de la distance entre un terrain et son pôle d'attraction urbain. Dans la région, ces secteurs névralgiques sont Saint-Félicien, Chicoutimi, Alma, Roberval et La Baie.

La proximité d'un plan d'eau est également considérée de même que la valeur de référence, aussi appelée cote 100. C'est cette dernière qui sera bonifiée de façon spectaculaire au cours des prochaines années.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour la période de 2009 à 2019, les villégiateurs auront assumé des augmentations moyennes de 154%, selon les chiffres fournis par le RLTP.

Les baux en périphérie de Chicoutimi seront les plus touchés.

Un bâtiment dont la cote 100 était de 4800$, en 2009, aura une valeur de référence de 28 600$ en 2019. Conséquemment, le coût du bail passera de 384$ à 1430$.

Selon le président national du RLTP, Réjean Thibeault, il s'agit de la fin de la villégiature pour les personnes à revenus modestes ou moyens.

Il craint également un marché dicté par la spéculation.

«L'accès à nos forêts sera réservé aux mieux nantis. Ça va à contresens du mandat de l'État, de ce qu'on attend d'un gouvernement. Bientôt, seuls les plus riches auront des chalets dans le bois. Est-ce que c'est ce qu'on veut comme société? Est-ce que c'est ça gouverner en bon père de famille?»

Pétition

Réjean Thibeault portera son message à l'Assemblée nationale le 4 novembre. Il déposera alors une pétition, via le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Forêts, de Faune et de Parcs, Sylvain Roy. Entre autres attentes, il demande au gouvernement de faire marche arrière, de décréter un moratoire et de former une table de consultation. Celle-ci aurait le mandat d'actualiser la convention de 2002, laquelle sert à fixer le prix des baux depuis plus d'une décennie.

«La convention de 2002 n'est pas parfaite, nous en sommes conscients. Il y a sûrement lieu d'augmenter les baux, mais en tenant compte de l'indice du coût de la vie. Là, ce n'est plus du rattrapage. C'est complètement fou. Des gens qui ont construit un chalet de leurs mains, qui se sont donné une valeur en défrichant et en bâtissant dans des conditions qui ne sont pas toujours faciles, vont devoir se départir de leur bien parce qu'ils seront incapables de payer leurs droits de villégiature», prédit-il.

Tous à la même table

La convention de 2002 a été rédigée après deux années de travaux concertés.

La démarche a impliqué neuf intervenants reconnus: l'Association des évaluateurs municipaux du Québec, l'Association des régions du Québec, la Fédération des pourvoyeurs du Québec, la Fédération québécoise de la faune, les gestionnaires de zecs, la Fédération québécoise des municipalités, l'Ordre des évaluateurs agréés, le ministère des Affaires municipales et le RLTP.

Des augmentations avaient été prévues dans l'élaboration de ce pacte, mais rien de comparable à ce qui s'annonce, rappelle Réjean Thibeault.

«L'esprit de la convention était de maintenir l'accessibilité à la forêt. Le Parti libéral est en train de jeter tout ça à la poubelle. Les gens ne s'en rendent pas compte. Pas encore. Mais tantôt, ils vont se réveiller et il sera trop tard. Nous avons tenté de collaborer avec le gouvernement, mais le mieux qu'on a obtenu est une rencontre avec un attaché politique et un fonctionnaire. Nous avons aussi reçu une lettre qui ne disait rien», déplore le président du RLTP.

On compte environ 46 200 villégiateurs au Québec.

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