Les citoyens: les yeux de la police

L'incendiaire Dominic Gauthier, qui a mis le feu à des résidences et des écoles... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

L'incendiaire Dominic Gauthier, qui a mis le feu à des résidences et des écoles primaires de Saguenay en 2009, et les frères Raphaël et Jacolivier Belisle, trouvés coupables d'avoir agressé un commis de la station Ultramar de la rue Price en 2013, ont tous pu être arrêtés grâce à un élément fondamental: une simple information transmise par un membre du public.

Dans les deux dossiers, des citoyens ont communiqué avec le Bureau des enquêtes criminelles de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) pour fournir certains détails, lesquels, à priori, auraient pu paraître anodins.

«Dans le cas de l'incendiaire Dominic Gauthier, un citoyen a donné une information très précise sur un véhicule à la suite d'un incendie survenu à La Baie. Cette information a fait toute la différence dans l'enquête. Une série de détails peut mener à des soupçons. Quand tu en as plusieurs, tu as des motifs», explique le policier Steeve Tremblay, de la direction des enquêtes criminelles de la SPS. Ce service regroupe le bureau des renseignements criminels et la section des projets spéciaux (stupéfiants).

Les policiers Bruno Cormier, Michel Bergeron, Jacques Duperré,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

Agrandir

Les policiers Bruno Cormier, Michel Bergeron, Jacques Duperré, Dominic Lemieux, Dominic Simard, Steeve Gilbert et Steeve Tremblay rappellent que la Sécurité publique de Saguenay (SPS) a besoin de la collaboration des citoyens.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Dans l'affaire Belisle, les enquêteurs détenaient une liste de suspects potentiels, mais celle-ci n'a mené nulle part. À la suite de la médiatisation de l'histoire par le propriétaire du commerce, une dame a communiqué avec les policiers.

«Ils étaient masqués, mais un témoin a vu ça et les a reconnus. Elle a appelé et elle a dit ''c'est eux autres''», relate le sergent Tremblay. Le bureau des enquêtes a pu obtenir un mandat de perquisition, saisir les vêtements des suspects et demander des tests d'ADN. Les analyses ont été concluantes.

Si le policier Tremblay remet ces dossiers judiciaires à l'ordre du jour, c'est pour une raison bien précise: rappeler au public que sa collaboration est essentielle au travail des représentants des forces de l'ordre, qu'il s'agisse de résolution de crimes ou d'interventions sur le terrain.

Rencontrés à quelques jours de l'ouverture de la Semaine nationale de la prévention de la criminalité, l'enquêteur et ses collègues des autres divisions de la SPS ont jugé nécessaire de mettre en avant plan le rôle crucial des citoyens dans les activités policières. Considérés comme les yeux et les oreilles de la police, ils ne doivent jamais hésiter à lui communiquer des éléments d'information.

«Le rôle de la population est important pour chaque boîte. On a besoin de la collaboration globale de la population. Si les gens ont des doutes, s'ils voient quelque chose d'inhabituel, si un élément les allume, ils doivent nous appeler. Ça peut mener à une infraction criminelle et à une arrestation», pointe le policier Steeve Gilbert, capitaine à l'administration. Il cite, en exemple, les cas de conduite avec les facultés affaiblies. De plus en plus, les policiers arrivent à mettre la main au collet de conducteurs fautifs grâce aux appels de citoyens. D'ailleurs, le nombre de dossiers de facultés affaiblies a considérablement augmenté au fil des ans, avec l'avènement des téléphones cellulaires. Le public est de moins en moins tolérant à l'égard ce type de comportement et des automobilistes témoins d'une conduite irrégulière n'hésitent pas à communiquer avec les autorités policières. Dans les jours suivant l'arrestation du chauffard Yves Martin, par exemple, six des neuf cas d'ivressomètres traités par la SPS ont résulté d'appels du public, ce qui représente les deux tiers des arrestations.

Ne pas avoir peur de déranger

Les policiers municipaux insistent: les citoyens ne les dérangent jamais et ne doivent pas craindre de leur faire perdre leur temps. «Toutes les informations que nous recevons sont traitées de façon confidentielle et les gens doivent être rassurés. Après tout, la mission première de la police est de protéger la vie et les biens des citoyens. Tout ce qu'on demande aux gens, s'ils nous laissent un message en dehors des heures de bureau, c'est d'essayer de ne pas être vagues et de nous donner le plus de détails possible», précise Steeve Tremblay, qui invite la population à communiquer avec le bureau des enquêtes de la SPS au 699-6000 poste 4356.

Les policiers municipaux insistent: les citoyens ne les... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 3.0

Agrandir

Les policiers municipaux insistent: les citoyens ne les dérangent jamais et ne doivent pas craindre de leur faire perdre leur temps.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Il n'y a pas d'information banale

Environ 90 pour cent des dossiers de violence conjugale nécessitant l'intervention des patrouilleurs de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) découlent d'appels du public.

«On a de plus en plus d'appels. Un voisin qui a entendu des cris ou des meubles brasser. Des fois, on arrive et la dame a le visage tout enflé et un oeil au beurre noir. Le citoyen ne devrait jamais s'excuser de nous avoir dérangés pour ça», met en perspective le sergent Dominic Lemieux, responsable de l'unité de surveillance du territoire.

Son collègue Michel Bergeron, qui dirige le bureau de la sécurité des milieux (BSM), explique que la collaboration du public permet aussi d'établir des cibles de surveillance. Il peut s'agir de lieux où des jeunes se réunissent pour commettre des actes répréhensibles ou des endroits où la consommation de stupéfiants a été remarquée. Lorsqu'une cible est établie, les patrouilleurs doivent y accorder une attention particulière. Grâce à ce système, la SPS a récemment pu arrêter des revendeurs dans le secteur du rang Prosper.

Les policiers affectés à l'unité de support opérationnel ont eux aussi besoin des citoyens.

«Notre mission est de sécuriser le réseau routier, d'effectuer des recherches en forêt et de patrouiller le lac Kénogami. On travaille avec les clubs de motoneigistes et l'appui de la population est essentiel. Quand un pêcheur s'est noyé à La Baie, c'est grâce à l'équipement d'un citoyen qu'on a pu retrouver le corps. Les gens nous aident sur le terrain et leur bonne connaissance du territoire nous aide à effectuer nos recherches», explique Jacques Duperré, sergent à l'unité de support opérationnel.

Drogue

L'enquêteur Steeve Tremblay explique que le mandat des policiers de la SPS, dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, ne concerne pas les groupes de motards criminalisés. Les activités visées relèvent davantage de ce qui est considéré comme de la «microcriminalité».

«Il y a moins de lieux de vente fixes comme on le voyait avant, où les clients se rendaient pour acheter leur drogue. Maintenant, les gens ont leur cellulaire et se déplacent. Oui, on peut faire des observations et des perquisitions, mais ça nous prend des informations du public pour y arriver. Souvent, on connaît les gens qui vendent de la drogue, mais on veut savoir avec qui ils travaillent. L'information, c'est le nerf de la guerre», note-t-il.

Le sergent Dominic Simard, chargé de la division Prévention, intervention, judiciaire et communautaire, croit qu'il n'y pas mieux placé que le résident d'un quartier pour signaler des événements inhabituels qui surviennent dans le voisinage.

«Si quelqu'un remarque quelque chose d'anormal, il doit nous appeler. Il n'y a pas d'information banale quand elle vient du public», insiste-t-il.

La semaine de la prévention de la criminalité

La semaine nationale de la prévention de la criminalité a lieu partout au Québec, du 1er au 7 novembre, et se déroule sous le thème «Ensemble, agissons».

Les activités ont notamment pour but de sensibiliser la population à l'importance de la prévention, de l'inciter à participer pour en assurer le succès et de rappeler qu'il est important d'être vigilant dans sa communauté.

Le relationniste de la SPS, l'agent Bruno Cormier, rappelle aux citoyens de Saguenay que la SPS est «leur» corps policier et que les agents ont grand besoin d'eux pour faire leur travail.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer