Forêt boréale : la recherche menacée

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Le Consortium de recherche sur la forêt commerciale boréale de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) devra vraisemblablement cesser ses activités après 22 ans d'existence, par manque de subventions. Ses responsables espèrent transférer son savoir-faire vers une nouvelle chaire de recherche industrielle.

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Daniel Lord, directeur coordonnateur du Consortium de recherche sur la forêt commerciale boréale de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

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Depuis quelques années, le secteur de la recherche sur les aménagements forestiers traverse «une crise de financement» au Québec, explique le directeur coordonnateur de l'organisation de recherche indépendante, Daniel Lord, contacté par Le Quotidien. Les équipes de recherche se retrouvent actuellement «en mode survie».

«Maintenant, ce qu'on observe, c'est qu'il n'y a plus de possibilités d'avoir de l'argent venant d'organismes gouvernementaux comme on en a eu auparavant», souligne-t-il. L'organisation est loin de ses riches années, pendant lesquelles elle opérait avec 1,5 M$ en chiffre d'affaires, sans compter le salaire des professeurs.

«Dans la situation actuelle, nous avons jugé que le mode de fonctionnement du consortium était trop lourd. Donc, il fallait passer à un autre mode de fonctionnement qui générerait ses propres fonds», ajoute le chercheur.

Chaire de recherche

L'équipe a donc mis en place cet automne une stratégie afin d'obtenir une chaire de recherche industrielle. Le consortium espère recevoir une réponse au début de l'année 2016. L'implantation d'une chaire de recherche industrielle est un long processus qui peut prendre jusqu'à deux ans.

L'obtention d'une chaire de recherche obligera cependant l'équipe de chercheurs à passer d'une programmation large à une programmation plus spécifique.

M. Lord ne peut toutefois pas s'avancer sur les partenaires industriels potentiels et les contributions demandées dans le cadre d'une éventuelle chaire de recherche.

Le directeur du consortium demeure positif, puisque l'UQAC possède un savoir-faire reconnu en recherche en partenariat avec l'industrie.

Il ne souhaite pas jeter le blâme de la situation sur quelqu'un en particulier. Il souligne par ailleurs avoir toujours obtenu une excellente collaboration avec la direction régionale du ministère des Forêts.

Plusieurs projets de recherche ont été menés par le consortium en partenariat avec le ministère régional, dont le développement de miniplants d'épinette noire qui permet d'économiser 1 M$/an dans la région.

En attendant la solution d'une chaire de recherche, qui permettrait de continuer à soutenir la recherche en aménagement forestier dans la région, les chercheurs poursuivent leurs projets de recherche de façon individuelle. Certains projets stagnent à l'heure actuelle.

Définition

Le consortium est une organisation de recherche qui prend la forme d'un organisme à but non lucratif. Il rassemble des partenaires gouvernementaux et industriels. Il compte parmi ses partenaires industriels Produits forestiers Résolu, Produits forestiers Arbec, Barette-Chapais, Chantiers Chibougamau, ainsi que le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'UQAC est le seul partenaire institutionnel du consortium.

Austérité

Le contexte d'austérité a amené, notamment, la disparition des programmes spécifiques de ministères provinciaux sectoriels pour financer la recherche sur la forêt dans les dernières années. Le Consortium de recherche sur la forêt commerciale boréale ne peut en outre plus se qualifier auprès de Développement économique Canada, qui a changé ses critères d'admissibilité. Le coup dur qui a amené la réflexion sur l'avenir du consortium a toutefois été porté cet été. Le consortium attendait pour l'année 2015-2016 une subvention de 300 000$ issue du Programme de financement de la recherche et développement en aménagement forestier. La troisième année d'attribution de ce programme temporaire de trois ans, dont l'enveloppe de la deuxième année avait été déjà amputée, a été annulée, explique Daniel Lord, directeur coordonnateur du consortium. «Le 25 juillet, on a appris que la troisième année, on recevrait 0% du montant prévu. [...] On ne s'y attendait pas du tout.» Les chercheurs sont maintenant contraints de se tourner vers les programmes généraux de financement de la recherche, eux aussi coupés.

L'Erreur boréale

Daniel Lord constate que l'industrie forestière se remet encore difficilement aujourd'hui des impacts du documentaire L'Erreur boréale de Richard Desjardins, rendu public en 1999. «Quand tu travailles dans le secteur forestier, c'est assez démoralisant au Québec présentement, souligne-t-il. [...]. Je ne veux pas leur imputer cette responsabilité. Mais ça a été un électrochoc, et on dirait qu'on ne s'est pas remis de cet électrochoc, malgré toutes les mesures adoptées depuis.» Il espère que les jeunes chercheurs parviendront à conserver leur motivation, malgré ce climat de morosité qui présente un avenir plutôt sombre à ceux qui souhaitent se consacrer à la recherche dans le domaine forestier.

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