La fédération des locataires de HLM demande une enquête

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Le coordonnateur de la FLHLMQ, Robert Pilon.

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La Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) réclame une enquête sur l'embauche d'Éric Gauthier à la tête de l'OMH de Saguenay, ainsi qu'une seconde sur le processus ayant mené au déménagement de l'organisme, en juin dernier.

Regroupant plus de 300 associations réparties sur l'ensemble du territoire québécois, la FLHLMQ a été saisie d'informations qu'elle qualifie de «troublantes» concernant l'administration de l'Office municipal d'habitation de Saguenay (OMH). Les informations dont elle fait mention auraient été obtenues de sources près de l'OMH.

Par le biais d'une missive dont Le Quotidien a obtenu copie et adressée à Michel Gagnon, PDG de la Société d'habitation du Québec, la présidente Julie Laprès énumère une série d'événements et de décisions qui lui apparaissent injustifiables. Notamment, elle évoque la décision de faire appel à la société de comptables Mallette dans le processus d'embauche d'un nouveau directeur général.

Elle étaye sa réflexion en rappelant que le président du conseil d'administration de l'OMH, Martin Simard, siège comme associé à la succursale saguenéenne du groupe Mallette.

«Dans les gros OMH, il est normal qu'on confie à une firme la responsabilité de faire le tri et la sélection des candidats potentiels parce qu'il y a toujours au moins une centaine de postulants. À Saguenay, il y avait six ou sept alternatives. C'est toutefois le groupe Mallette qui a été retenu», signale le coordonnateur de la FLHLMQ, Robert Pilon, au cours d'une entrevue téléphonique.

Bien que M. Simard se soit retiré lorsque la résolution a été débattue, puis adoptée par le conseil, Robert Pilon affirme que le dénouement était inévitable.

«Le président est parti pour éviter un conflit d'intérêts, mais d'autres membres du conseil d'administration ont dit: "Avec tous les services qu'ils nous rendent, on leur doit bien ça." Une minorité d'administrateurs se sont opposés», avance-t-il.

Très peu d'appelés, un seul élu

La firme a donc entrepris son mandat visant à identifier un successeur à Fernand Houle, qui a annoncé son départ à la retraite.

Toujours selon les informations répertoriées par la FLHLMQ, l'appel de candidatures n'aurait suscité pratiquement aucun intérêt, pour une fonction dont le salaire atteignait pourtant 111 866$ en avril 2013 (réf. SHL).

«Les administrateurs se sont fait dire que seulement 15 personnes ont soumis leur candidature. C'est invraisemblable. Saguenay n'est quand même pas la Sibérie. Lorsqu'on a ouvert des postes semblables au Québec, dans des Offices de taille semblable à celle de Saguenay, à Sherbrooke par exemple, il y avait toujours environ 125 à 150 candidats», commente Robert Pilon.

Les curriculum vitae reçus auraient été soumis à une grille d'évaluation élaborée par la firme mandataire. Celle-ci s'articule en trois grades de compétences, la première étant la plus élevée. Éric Gauthier serait le seul postulant à avoir été classé au premier échelon.

Trois candidats ont atteint le deuxième niveau.

Conséquemment aux conclusions du groupe Mallette, le comité de sélection de l'OMH aurait recommandé qu'Éric Gauthier soit embauché sur-le-champ, sans autre processus d'entrevues. Ledit comité était composé du président Martin Simard, d'un représentant de la ville de Saguenay, Jean-Pierre Bolduc, et d'un représentant de la société civile, Jean-Rock Duchesne.

Le candidat choisi n'a pas le profil

Informée de la décision du comité de sélection, la direction de la SHQ aurait exigé que les candidats de grade 2, de même qu'Éric Gauthier, soient tous convoqués en entrevues, soutient Robert Pilon.  Au terme de ce processus, Éric Gauthier a été considéré tel le plus apte à remplir les fonctions de directeur général de l'OMH.

« Ce qui est très particulier, c'est que M. Gauthier n'a aucune expérience en habitations à loyer modique. Habituellement, les gens qui appliquent pour ce genre d'emploi sont des directeurs de HLM qui souhaitent avancer, améliorer leur sort, administrer une plus grosse business. Ce type de candidatures n'a pas été retenue, mais plutôt celle d'un monsieur qui a zéro expérience dans le domaine du logement social. En 30 ans de carrière à la FLHLMQ, j'en ai vu des processus d'embauche au Québec et je peux affirmer que ce qui s'est passé à Saguenay n'est pas normal. C'est une procédure qui semble avoir été faite sur mesure pour donner un poste au directeur général nouvellement nommé. Si on prend les directeurs généraux des 10 plus grosses Offices au Québec présentement, ce sont des gens qui ont des compétences avérées en matière de gestion et de connaissances de logements sociaux. M. Gauthier n'a pas ce profil », plaide Robert Pilon.

Il enchaîne en prétendant que les membres du conseil d'administration n'ont jamais eu accès aux curriculum vitae et aux informations relatives aux candidats.

« Tout s'est fait à leur insu. Par exemple, ils n'ont pas su que M. Gauthier a été condamné pour fraude électorale. Ce n'est pas rien. C'est un élément qui doit être considéré pour un tel poste. Les membres du c.a. ne le savaient pas et la SHQ non plus. » Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a sanctionné Éric Gauthier pour avoir rendu public, en pleine campagne électorale de 2009, un sondage favorisant le maire Jean Tremblay.

Dans son jugement daté de 2011, le DGEQ a retiré les droits électoraux de M. Gauthier pour une période de cinq ans, lors d'élections municipales ou scolaires.

(Par Marc Saint-Hilaire)

Nouveaux locaux

La FLHLMQ soutient qu'il y a eu des irrégularités dans le processus de relocalisation de l'OMH de Saguenay.

En juin dernier, l'organisation a emménagé dans ses nouveaux locaux situés sur la rue Racine, à Chicoutimi.

Selon le coordonnateur Robert Pilon, le choix de l'emplacement a été influencé par des considérations extérieures, au détriment des besoins réels de l'organisation.

«Le conseil d'administration avait établi des besoins bien précis. C'était dans l'appel d'offres. On voulait que tous les employés de l'OMH soient au même endroit, en incluant les garages et les gars d'entretien. Finalement, quelqu'un a modifié les besoins afin de louer là où le Groupe Mallette est installé, chez Gestion W.E..»

L'entreprise immobilière de Chicoutimi appartient à l'homme d'affaires Robin Thibeault. Selon différentes sources, un terrain situé à l'angle du boulevard du Royaume et de la rue Saint-Dominique, à Jonquière, avait été ciblé initialement pour la construction d'un édifice regroupant toutes les activités de l'OMH.

(Par Marc Saint-Hilaire)

L'ERD souhaite interroger le c.a.

La présence de l'Unité permanente anticorruption dans les activités de la Coupe des nations, du Festival forestier de Shipshaw et de l'Office municipal d'habitation de Saguenay interpelle l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) et sa chef Josée Néron.

Commentant les informations publiées jeudi par Le Quotidien, Mme Néron affirme que si on s'en tient à ce qui a été observé à Laval, la population doit comprendre que le rôle de la ville est plus que de signer des chèques. «Les élus ont un rôle de chien de garde versus l'utilisation de l'argent provenant des taxes. Si l'UPAC est venue à l'OMH, ce n'est pas pour des pacotilles. On va les laisser travailler jusqu'à ce qu'ils arrivent à des conclusions.»

Mme Néron entend demander que le conseil puisse rencontrer les membres du conseil d'administration de l'OMH afin de les interroger sur la façon dont a été embauché Éric Gauthier en remplacement de Fernand Houle pour combler le poste de direction générale. Mme Néron a rappelé qu'en avril 2011, M. Gauthier a été reconnu coupable d'avoir fait une manoeuvre électorale frauduleuse en vertu de la Loi sur les élections et référendums municipale. M. Gauthier s'était reconnu coupable en novembre 2009 d'avoir transmis au journal Le Réveil un sondage favorisant le maire Jean Tremblay, enfreignant ainsi l'article 284 de la loi qui interdit aux employés d'une municipalité d'effectuer du travail de nature partisane relativement à l'élection d'un membre du conseil municipal. M. Gauthier est inhabile à voter jusqu'en 2017.

(Par Denis Villeneuve)

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