20e anniversaire du référendum

On se souvient des partisans du Oui rassemblés... (Archives Presse Canadienne)

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On se souvient des partisans du Oui rassemblés au Palais des congrès à Montréal pendant l'attente des résultats du vote référendaire à venir.

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En ce 20e anniversaire du référendum de 1995, Le Quotidien se penche sur le volet régional de cet événement marquant dans l'histoire du Québec

L'appui avait grimpé partout dans la région

Les résultats du vote référendaire du 30 octobre 1995 confirment une fièvre souverainiste qui a dépassé largement les attentes du camp du Oui dans la région alors que l'option a fait un bond de 10 à 18 points de pourcentage par rapport aux résultats du référendum de 1980.

Dans les cinq circonscriptions de la région, cela s'est traduit par un bond de 10 points de pourcentage en comparaison avec les résultats obtenus pour le premier référendum sur la souveraineté du Québec.

La présence de deux ténors du camp du Oui dans le secteur d'Alma, avec le ministre péquiste Jacques Brassard et le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard, a donné une poussée d'adrénaline aux tenants de la souveraineté. Les électeurs de cette circonscription ont appuyé la souveraineté dans une proportion de 73,06% le soir du 30 octobre, le résultat le plus élevé de la région en pourcentage et le second au Québec derrière le comté de Saguenay qui affichait 73,33%.

Dans le comté Lac-Saint-Jean, lors du référendum de 1980, les électeurs avaient appuyé la souveraineté dans une proportion de 57,61%. Le taux de participation a aussi bondi, passant de 86,5% lors du premier référendum à 93,03% il y a 20 ans.

Le bond le plus spectaculaire d'appuis à la souveraineté a toutefois été enregistré dans la circonscription de Dubuc. Lors du premier référendum, les électeurs de ce comté avaient voté en faveur du Oui dans une proportion de 52,97%. En 1997, 70,30% ont appuyé le oui, pour un bond de l'ordre de 17,33% du vote alors que la participation au scrutin entre les deux référendums a augmenté de 9,76%.

Jonquière avait obtenu le plus haut pourcentage d'appui au référendum de 1980. Lors de la reprise de 1995, le comté du député Francis Dufour a livré le deuxième meilleur résultat de la région avec un score de 71,02%. L'augmentation de la participation au vote a toutefois été inférieure aux autres circonscriptions, mais cette réalité découle du fait qu'en 1980, les électeurs de Jonquière avaient voté au référendum dans une proportion 86,5%. L'expression du vote a été de 93,62% lors du dernier référendum.

Au cours de ces deux référendums sur la souveraineté du Québec, ce sont les électeurs de Roberval qui sont demeurés les plus fidèles à la Confédération canadienne. Ce qui n'a pas empêche la cause souverainiste de faire un bond de 15 points de pourcentage lors du référendum de 1995.

En 1980, l'option du oui franchissait à peine la majorité dans Roberval avec 50,65% d'appuis. En 1995, ce sont 65,21% des citoyens en âge de voter qui donnaient leur appui à la souveraineté. Les résultats dans Chicoutimi ont également permis à l'option souverainiste de faire un bond appréciable de 10%.

Jacques Parizeau... (Archives Presse Canadienne) - image 3.0

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Jacques Parizeau

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Un héritage oublié

Les Québécois ne conservent du référendum que le souvenir du résultat d'un vote serré et des déclarations de Jacques Parizeau alors que l'héritage de cet événement historique aurait pu être beaucoup plus intéressant et ce, que ce soit le Non ou le Oui qui l'emporte.

L'ex-maire de La Baie, Réjean Simard, a coprésidé la Commission régionale sur l'avenir du Québec qui a été mise en branle en prévision du référendum sur la souveraineté, un événement dont le principal intéressé garde un excellent souvenir en raison de la qualité des mémoires déposés. L'exercice se voulait un état de situation et surtout la perception des groupes et individus de ce qu'était le Québec, principalement dans les régions.

«C'était plus ou moins important de connaître la position des personnes ou des groupes sur la souveraineté. Le travail consistait à entendre les gens sur ce qu'ils voyaient comme façon de développer le Québec et les régions dans le futur. Cette commission avait permis de brasser des idées et de forcer les gens à se pencher sur un modèle à mettre en place», rappelle Réjean Simard.

Au terme du processus, un débat national avait été tenu afin de bien faire comprendre aux grands centres que les régions ne devaient pas devenir des colonies de Montréal et de la capitale, mais bien des entités à part entière en complément avec les grands centres. Ce fut, selon Réjean Simard, l'un des rares moments de l'histoire du Québec où il y a eu une réflexion profonde sur le rôle des régions au Québec par rapport à l'influence de Montréal.

«Après le référendum, et c'est bien malheureux, on a tout mis dans des boîtes et les résultats de cette commission n'ont jamais été ramenés dans le débat public. Il y aurait quand même eu des idées intéressantes à appliquer malgré le rejet de la souveraineté», a conclu Réjean Simard.

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