Retraités de Résolu: le déficit s'alourdit de 500M$

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Quelques dizaines de retraités de Produits forestiers Résolu ont assisté à l'assemblée annuelle de leur association mercredi matin à Jonquière.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La situation du régime de retraite des employés syndiqués de Produits forestiers Résolu (PFR) a continué de se détériorer en 2014 au rythme de la baisse des taux d'intérêt avec un alourdissement du déficit de solvabilité de 500 M$, ce qui porte le déficit total à 1,7 G$.

L'information a été divulguée, hier, aux membres présents de l'Association des retraités d'Abitibi-Consol (ARAC) réunis au Pavillon Nikitoutagan à l'occasion de l'assemblée générale annuelle.

Selon le bilan présenté par le président de l'ARAC, Armand Gauthier, le degré de solvabilité des régimes canadiens s'est détérioré d'environ 5% au 31 décembre 2014 pour se situer aux environs de 71,7%. L'actif net du régime atteint 4,6 G$. Il devrait se situer à 5,2 G$ pour l'atteinte d'un plein financement à 100%, mentionne M. Gauthier.

Il rappelle qu'en vertu d'une entente signée dans le passé, PFR doit continuer d'apporter de l'eau au moulin du régime avec l'ajout de cotisation de base de 80 M$ par année jusqu'à la fin de 2020.

En entrevue, M. Gauthier a mentionné que l'une des préoccupations des 3000 retraités du Saguenay-Lac-Sain-Jean à la lumière des dernières déclarations du président de Résolu, Richard Garneau, concernant l'avenir des usines est que la compagnie poursuive ses activités de production afin d'assurer la survie du régime.

Le dossier de la non-indexation des rentes des retraités continue d'être un sujet de préoccupation, selon M. Gauthier, car le pouvoir d'achat des ex-travailleurs ne cesse de diminuer depuis 2010. «Il y a des travailleurs de plus de 80 ans qui ne disposent que de 10 000$ par année provenant de leur fonds de pension.» Malgré des tentatives pour corriger la situation, PFR ne bouge pas, a-t-il indiqué.

L'ARAC n'entend pas demeurer les bras croisés lors de l'étude en commission parlementaire du projet de loi 57 déposé en juin dernier. On y propose de modifier la méthode de financement des régimes de retraite à prestations déterminées. Le document soumet une nouvelle méthode de financement des régimes basée sur l'approche en capitalisation renforcée par une provision de stabilisation obligatoire, ce qui éliminerait l'exigence de financer les déficits selon l'approche de la solvabilité. Certains changements sont basés sur le rapport D'Amours déposé en avril 2013. «On juge qu'il sera important de questionner le gouvernement sur les changements envisagés. On s'inquiète qu'il y ait des modifications dans le privé. Dans tous les débats, l'indexation des régimes peut être questionnée».

Pour le président du syndicat Unifor de la... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin) - image 2.0

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Pour le président du syndicat Unifor de la scierie Mistassini de Résolu, Daniel Leblond, qui suit de près tout le dossier caribou, cette autre information ne fait qu'exacerber les travailleurs des usines. Ces derniers croyaient que Québec allait suspendre toute décision pouvant avoir un impact sur la possibilité forestière.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

Les syndicats dans tous leurs états

La décision des fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), de suspendre les opérations forestières par mesure de «protection administrative» dans la forêt boréale commerciale fait bondir les syndicats qui croyaient avoir obtenu des engagements contraires de ministre Laurent Lessard et du premier ministre Philippe Couillard.

Pour le président du syndicat Unifor de la scierie Mistassini de Résolu, Daniel Leblond, qui suit de près tout le dossier caribou, cette autre information ne fait qu'exacerber les travailleurs des usines. Ces derniers croyaient que Québec allait suspendre toute décision pouvant avoir un impact sur la possibilité forestière.

«J'ai eu une longue discussion avec le président du syndicat de la papeterie de Dolbeau, Pascal Cloutier. Nous nous demandons sérieusement ce qui se passe au ministère. Le ministre Lessard nous a encore dit l'autre jour qu'il n'y aurait pas de baisse de possibilité forestière pour le caribou et on apprend ce matin (mercredi) qu'une décision administrative fait diminuer les volumes disponibles de 75 000 mètres cubes», a déclaré au Quotidien le leader syndical.

Les syndicats devraient rapidement demander à Québec de suspendre cette protection administrative qui n'a jamais été annoncée ou même communiquée aux travailleurs.

Dans les deux courriels obtenus par Le Quotidien, ce sont des fonctionnaires du ministère des Forêts, de l'unité de gestion de la rivière Péribonka, qui interdisent aux détenteurs de garanties d'approvisionnement dans la zone identifiée sur une carte de procéder à des planifications de récolte, et ce, même si cette zone fait partie de la forêt boréale commerciale.

«On se retrouve aujourd'hui avec une nouvelle diminution de la possibilité forestière. Le ministère interdit de récolter dans une zone et ne donne aucune mesure pour compenser la perte. C'est encore moins de bois pour l'industrie. Chaque fois, le tas de bois subit des diminutions alors que le premier ministre avait donné des indications contraires.»

«Les travailleurs en ont plus qu'assez, enchaîne le président du syndicat Unifor. Si le sous-ministre responsable du MFFP, Richard Savard, n'est pas capable de faire le travail qu'on lui demande de faire, on a qu'à le changer. C'est pas compliqué. On a l'impression que la machine administrative ne suit pas les directives des politiciens», a conclu M. Leblond.

Les courriels dévoilés par Le Quotidien font état que ces messages sont envoyés à la demande des «autorités concernées», ce qui confirme que les patrons du ministère ont pris cette décision.

L'attaché de presse du ministre Lessard, Mathieu Gaudreault, a déclaré que toute décision ayant un impact sur la possibilité forestière dans la région allait être prise par le ministre et non l'appareil administratif. Le gouvernement maintient l'objectif de préparer un plan caribou qui ne comportera pas de réduction de la possibilité forestière.

(Par Louis Tremblay)

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