Forêt: l'avenir lié à de nouveaux produits

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Luc Bouthillier croit que Résolu va frapper un mur si elle ne se tourne pas vers de nouveaux produits.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Produits forestiers Résolu n'a pas le choix de se tourner vers de nouveaux produits si elle veut survivre.

Le professeur de politique forestière et d'évaluation environnementale à l'Université Laval, Luc Bouthillier, n'y va pas par quatre chemins. «Depuis 2006 que je le dis, et ça ne touche pas que Résolu. L'ensemble de l'industrie doit faire un virage et diversifier sa production. Le papier journal est mort. C'est un produit qui a bien fonctionné au 20e siècle, mais là nous sommes rendus au 21e siècle. Le papier journal est un produit d'un autre temps», a-t-il lancé.

Le professeur réagissait ainsi aux menaces de fermeture d'usine qu'a brandies Richard Garneau, le grand patron de Résolu, devant les maires de la région la semaine dernière. «Il a raison. Objectivement, ça va très mal. En Amérique du Nord, la valeur des ventes de papier journal était de 35 milliards$ en 2000 et en 2014 elle était 23 milliards$, c'est 11 milliards$ de moins. C'est énorme! On le constate avec La Presse+ et les applications mobiles du Groupe Capitales média, l'information se consomme de manière électronique», analyse-t-il.

Le professeur pense que les entreprises qui veulent vraiment s'en sortir doivent se lancer dans des produits porteurs. «Résolu a beau dire que les droits de coupe au Québec sont plus élevés et que ça prend de la certitude pour investir, si elle était en meilleure santé financière et avait en tête une vision claire, elle pourrait se lancer dans la production de nouveaux produits», pense Luc Bouthillier.

Il convient que son constat n'a rien de réjouissant pour les élus. Après avoir reçu un signal d'alarme de la part de Résolu, les élus seraient en droit de demander à la compagnie ce qu'elle pense faire pour se sortir du pétrin. «Tant qu'on se borne à vouloir fabriquer un produit qui est en chute libre et qu'en plus, on subit les assauts des groupes environnementaux, ce qui a pour effet de perdre des clients qui peuvent s'approvisionner ailleurs, c'est certain que l'avenir n'est pas rassurant», constate-t-il.

Kruger

Luc Bouthillier donne l'exemple de Kruger. L'entreprise a investi 250 M$ pour modifier son usine de papier journal de Trois-Rivières pour fabriquer du carton d'emballage. «Ça, c'est un exemple d'une compagnie qui s'est lancé dans un produit d'avenir. Le signal et tellement clair et porteur que le gouvernement a décidé de devenir partenaire. Je pense que c'est de cet exemple que doit s'inspirer Résolu», signale le professeur.

Résolu et Tembec: une fusion est-elle envisageable?

Oui, pense le professeur de politique forestière et d'évaluation environnementale à l'Université Laval, Luc Bouthillier. Par contre, il n'est pas sûr qu'un tel mariage serait heureux. «Il s'agit de deux entreprises qui ne sont pas en bonne santé financière. On l'a vu à l'époque du regroupement d'Abitibi-Consolidated et Bowater, la nouvelle entreprise s'est retrouvée sur la protection de la faillite et c'est Fairfax, un groupe spécialisé dans l'investissement dans les entreprises en difficulté, qui est devenu propriétaire majoritaire de Résolu», signale-t-il.

C'est justement depuis que Fairfax a acquis 20% des actions de Tembec, en juin dernier, que cette rumeur court. On pense que Résolu pourrait acquérir Tembec. D'ailleurs, le président du conseil d'administration de Résolu, Bradley Martin, est vice-président des placements stratégiques chez Fairfax.

Le même genre de scénario s'était joué à l'époque quand Résolu avait fait une offre jugée hostile pour acquérir Fibrek, alors propriétaire de l'usine de pâte kraft à Saint-Félicien. Fairfax détenait alors 26% des actions de Fibrek.

«Je ne sais pas ce que veut faire Fairfax, mais mon hypothèse est la suivante: comme elle a investi pour éponger une dette pour qu'AbitibiBowater évite la faillite, elle veut un rendement à court terme pour récupérer son argent et ensuite se retirer. Ça pourrait expliquer le manque de vision de Résolu», soumet Luc Bouthillier en précisant son manque de connaissance du milieu de la finance.

Tembec compte une dizaine d'usines au Québec et en Ontario. Elle emploie 1800 personnes au Québec et 1200 en Ontario.

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