«Ce n'est que la pointe de l'iceberg»

Julie Rousseau, membre du conseil de la communauté... (Archives Le Quotidien)

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Julie Rousseau, membre du conseil de la communauté de Mashteuiatsh, a pris part à la rencontre des leaders autochtones, hier, à Val-d'Or. Présente en remplacement du chef Gilbert Dominique, Mme Rousseau souhaite que les dénonciations des derniers jours incitent d'autres femmes à parler.

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«Ce qui se passe à Val-d'Or, ce n'est que la pointe de l'iceberg. Ça fait boule de neige dans les autres communautés. Nous non plus, nous n'échappons pas à la violence faite aux femmes.»

Julie Rousseau, membre du conseil de la communauté de Mashteuiatsh, a pris part à la rencontre des leaders autochtones, hier, à Val-d'Or. Présente en remplacement du chef Gilbert Dominique, Mme Rousseau souhaite que les dénonciations des derniers jours incitent d'autres femmes à parler.

«La rencontre a été organisée en soutien et en solidarité aux femmes algonquines qui ont bien voulu dénoncer, et aussi en appui aux chefs des communautés près de Val-d'Or.»

«Dû à la teneur et à la gravité des événements, c'était assez émotif. Il y a eu beaucoup d'échanges, de témoignages. La famille de Cindy Ruperthouse (une Algonquine de 44 ans disparue au printemps 2014) était présente», a mentionné Mme Rousseau, hier soir, lors d'un entretien téléphonique.

Julie Rousseau n'est pas en mesure de dire si les derniers événements ont incité des femmes de Mashteuiatsh à parler, mais elle l'espère fortement. Elle confirme toutefois qu'il y a des rencontres, des discussions.

«Ce qu'on souhaite, c'est que si des femmes de chez nous vivent ce genre de situation ou quelque forme de violence que ce soit, elles doivent dénoncer. J'ose espérer que ce que les femmes algonquines ont fait ne sera pas vain. Elles l'ont fait pour les générations futures. Pour elles, le processus ne fait que commencer», explique Mme Rousseau.

Elle rappelle qu'un tel processus de dénonciation d'agressions sexuelles, au niveau de l'abus de pouvoir «d'une institution supposée nous protéger» de surcroît, est très difficile.

«Il faut s'assurer que ces femmes aient un suivi continu. Le jour où les médias ne seront plus sur notre histoire, où nous ne serons plus la saveur du mois ou de la semaine, il faut que le suivi continue. Nous aussi, en tant que leaders politiques, avons des responsabilités dans notre communauté.»

La conseillère sent que la population est derrière les Premières Nations, mais le support semble fragile. «On vient de déstabiliser une institution. On a vu des policiers discréditer les discours des femmes. Il faut être prudents. Malgré ce que dit Martin Prud'homme (directeur de la Sûreté du Québec), il y a une crise présentement à Val-d'Or. C'est important de réagir à ce moment.»

Selon Mme Rousseau, à Mashteuiatsh, de bonnes ententes de collaboration existent avec Roberval et Saguenay pour des services qui ne sont pas offerts dans la communauté. «Même si nous n'échappons pas à la violence faite aux femmes, notre sécurité publique autochtone peut grandement aider. Mais c'est important de réitérer que c'est tolérance zéro dans la violence et offrir notre pleine collaboration», conclut-elle.

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