Québec agrandit l'aire de protection du caribou forestier

Les revendications des groupes de pression pour la protection du caribou... (Archives Le Quotidien)

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Les revendications des groupes de pression pour la protection du caribou forestier - avec Greenpeace en tête - font leur chemin au sein de l'appareil gouvernemental qui a placé sous «protection administrative» une vaste zone de la forêt boréale commerciale en vue d'en arriver à la création d'une aire protégée de 10 000 kilomètres carrés.

Le Quotidien a mis la main sur des échanges entre fonctionnaires et industriels de la forêt établissant que les opérations forestières sont maintenant interdites dans des secteurs des Montagnes Blanches et du lac Pletipi. Il s'agit d'un agrandissement d'une aire protégée qui existe déjà, mais dont la superficie ne permettait pas au gouvernement du Québec d'atteindre 12% du territoire protégé en 2015.

«Depuis juin 2014, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (MERN) ont réalisé des travaux techniques afin de proposer une grande aire protégée d'une superficie de 10 000 km2 pour le caribou forestier», indique d'entrée de jeu l'ingénieur forestier Steeve Coulombe de l'unité de gestion Rivière Péribonka du MFFP.

Il poursuit son courriel en indiquant que «les travaux ayant eu cours dans la dernière année ont mené à l'élaboration de plusieurs options pour cette grande aire protégée, toutes celles-ci sont situées dans les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord et se recoupent sur une zone commune, dans les secteurs du lac Plétipi et des Montagnes-Blanches. Le MFFP s'est engagé à assurer la protection administrative du territoire couvert par le projet retenu afin qu'aucune coupe ne puisse y être planifiée, en attente de sa désignation à titre d'aire protégée», a conclu le fonctionnaire.

Un mois plus tard, en août 2015, le technicien forestier de la même unité de gestion réitérait la directive aux industriels quant à la protection administrative du territoire.

«La présente est pour vous indiquer que nos autorités nous demandent qu'une protection administrative soit appliquée à ce territoire commun à partir de maintenant. Par conséquent, aucune activité d'aménagement forestier ne doit y être planifiée, autorisée ou réalisée», écrit le fonctionnaire.

Cette vaste région chevauche deux régions administratives entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord, où il y aura également des impacts sur la possibilité forestière. Le grand lac (réservoir) Manouane est situé à l'ouest de l'aire protégée. Selon les études du gouvernement fédéral, la harde de caribous dans cette région est considérée comme stable.

Cet agrandissement de l'aire protégée privera l'industrie forestière d'une superficie de récolte de l'ordre de 75 000 hectares, ce qui signifie une réduction de la possibilité forestière de plus ou moins 70 000 mètres cubes de bois.

Cette décision du gouvernement du Québec va à l'encontre de certaines positions politiques énoncées au cours des deux dernières années par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, les ministres des forêts des provinces ainsi que les représentants politiques du gouvernement canadien.

À la base, tous les paliers politiques ont indiqué que des études additionnelles sur le caribou forestier étaient nécessaires avant l'adoption d'un plan de rétablissement ayant des impacts majeurs sur la forêt boréale commerciale, l'industrie et les communautés qui dépendent de cette activité économique. M. Couillard avait déclaré en campagne électorale que le Québec ne perdrait pas un seul emploi en raison du caribou forestier.

Une rencontre doit avoir lieu ce matin (mercredi) à Québec entre le MFFP et le Comité de rétablissement du caribou forestier. Québec doit y présenter une étude sur les impacts économiques d'un plan de rétablissement basé sur un seuil de perturbation maximal de 35% dans la forêt boréale commerciale.

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