Martin Gauthier désapprouve

Martin Gauthier, recteur de l'UQAC, s'oppose à l'abolition... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Martin Gauthier, recteur de l'UQAC, s'oppose à l'abolition du siège social de l'Université du Québec. Il estime que le réseau permet la mise en commun d'une force et d'une expertise sur le plan académique et administratif.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Le recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Martin Gauthier, s'oppose fermement à l'abolition du siège social de l'Université du Québec. Il estime qu'une telle décision fragiliserait les universités en région et aurait un impact sur l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le gouvernement Couillard envisage une réduction des pouvoirs, voire l'abolition du siège social de l'Université du Québec (UQ) qui supervise les 10 universités. Le recteur est convaincu que l'idée, avancée par le Conseil du trésor, n'apporterait aucun bénéfice aux différentes institutions.

«Les universités du Québec ont été créées en réseau pour qu'elles soient plus fortes. Ce siège social permet aux universités en région et de petite taille de donner un service de qualité à leur communauté à coût plus faible. Des tonnes d'outils se sont développés là avec le temps. On va fragiliser les universités si on amoche la tête du réseau. En étant indépendant, on perd un pouvoir de force incroyable», affirme celui qui souligne que le réseau permet la mise en commun d'une force et d'une expertise aux plans académique et administratif. «L'enjeu, ce n'est pas de sauver des jobs au siège social, mais de sauver notre université. On doit pouvoir poursuivre notre mission qui est l'enseignement, la recherche et le développement économique de la région.»

Le recteur estime que la population doit être sensibilisée aux défis de l'UQAC.

«Il y a déjà la baisse démographique à craindre. Imaginez les conséquences si l'UQAC est affaiblie en enlevant le siège social. Les universités en région sont plus fragiles que les autres au point de vue financier», affirme-t-il, soulignant que l'UQAC réussit à contrer la baisse démographique grâce à la présence d'étudiants internationaux. Cette situation permet d'offrir des programmes qui ne pourraient plus l'être autrement, faute d'étudiants.

L'idée d'abolir le siège social n'est pas étrangère au recteur Martin Gauthier. Elle lui a été amenée à quelques reprises au cours des dernières années. «L'exercice a déjà été fait et j'ai dit à Stéphane Bédard, lorsqu'il était président du Conseil du trésor, qu'il se trompait. Je sens quelque chose de plus profond qu'une tempête dans un verre d'eau, à cause de la récurrence de cette possibilité. Lors de la première vague de compressions, l'idée avait été analysée», affirme celui qui siège au comité exécutif du siège social de l'UQ.

Selon lui, le projet n'est pas viable économiquement. Le siège social de l'UQ dispose annuellement de 15 M$ en subventions. Il estime qu'en transférant certaines de ses fonctions administratives à chaque université, près du double serait nécessaire. «Ils se trompent de cible. Ça coûterait 30 M$ ramener ces fonctions dans les universités. Et ce, à condition de trouver les ressources et de faire travailler notre monde encore plus fort», affirme celui qui se questionne quant aux motifs d'une telle abolition. «Si ce n'est pas une question économique, ça devient un choix philosophique ou politique et je veux savoir pourquoi.»

Il estime que certaines solutions pourraient être envisagées afin d'économiser des sommes.

«Des économies d'argent, il y en a à faire, notamment en coupant à la reddition de comptes. En plus des ressources du siège social, six ou sept postes servent à la reddition de compte, depuis 2000. Ça, c'est de l'argent.»

Robin Tranchant, président du MAGE-UQAC, est inquiet du... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Robin Tranchant, président du MAGE-UQAC, est inquiet du sort de l'université régionale advenant le cas où le siège social des universités du Québec disparaissait.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Crainte au sein de l'association étudiante

Le Mouvement des Associations générales étudiantes de l'Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC) est inquiet pour l'avenir de l'UQAC. Pour l'association étudiante, l'abolition du siège social du réseau des universités du Québec constituerait la coupe de trop.

Estimant que l'UQAC est déjà affectée par les coupes subites depuis trois ans, le MAGE-UQAC s'inquiète de l'impact d'une éventuelle abolition du réseau UQ, tel qu'envisagé par le Conseil du trésor. « Cela fait maintenant près de trois ans que l'UQAC subit coup sur coup les compressions budgétaires imposées par le gouvernement libéral, et celles-ci ont été rudes pour notre université. En plus de perdre plusieurs services à notre avis essentiels, comme l'infirmerie, nous devons maintenant nous entasser de plus en plus nombreux dans des salles de classe qui n'ont pas été conçues pour tant d'élèves. Avec l'abolition du réseau UQ, c'est une coupe indirecte dans les budgets que suggère le gouvernement en plus de la perte de plusieurs années d'expertise que le réseau offrait à l'UQAC pour accomplir sa mission. Et ça, ça n'a pas de prix », affirme Robin Tranchant, président du MAGE-UQAC.

L'association étudiante estime que la disparition du siège social priverait les universités en régions éloignées d'une expertise et de services qu'elles partagent. L'association est convaincue que l'abolition du réseau UQ entraînerait également des coûts supplémentaires pour les établissements.

« En abolissant le réseau UQ, le Conseil du trésor souhaite créer une économie de 15 millions $. Or, on comprend qu'en l'absence des services qu'offre le réseau à notre université, ce sera à elle d'en assumer pleinement et à elle seule les coûts. Nous craignons que ces nouvelles dépenses forcent l'UQAC et les autres universités du réseau à couper encore davantage dans le nombre d'activités d'enseignement et dans les services qui leur restent comme la sécurité ou les bourses d'études », soutient Robin Tranchant.

« On a l'impression que c'est un ballon lancé par le gouvernement pour voir qui va réagir et que si ça se passe bien, il va lancer ses coupures. On a de grosses craintes », conclut-il.

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