Fillette aspirée par le spa

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La petite Mélody, de Laterrière, passera plusieurs semaines à l'hôpital à Québec.

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Une Laterroise de cinq ans a été opérée d'urgence, vendredi dernier, après avoir eu les fesses aspirées par le système de filtration du spa de l'hôtel Ambassadeur où elle séjournait avec ses parents. «Notre sortie de famille a viré au cauchemar», explique la mère de la petite Mélody, Audrey Lapointe.

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L'incident impliquant la petite Mélody, 5 ans, est survenu dans le spa de l'hôtel Ambassadeur de Beauport.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

L'enfant est aujourd'hui dans un état stable. «Le pire reste à venir. Ses intestins sont sortis de son corps par le rectum. Tout est défait en dedans», soutient Mme Lapointe, jointe au Centre mère-enfant de Québec.

Selon les explications fournies par la mère, l'enfant venait d'embarquer dans le spa de l'hôtel du secteur Beauport lorsque le système de filtration l'a littéralement aspirée.

«Mon mari l'a prise, moi j'ai mis mes mains de chaque côté de ses fesses pour la sortir de là. Je n'ai aucune idée du temps que ça a pu prendre. Vingt secondes? Trente? Je ne sais pas, j'en ai perdu la notion du temps.»

L'enfant passera au moins les trois prochaines semaines à l'hôpital à Québec.

«Les séquelles psychologiques m'inquiètent aussi beaucoup. Elle ne nous a pas encore reparlé. Elle est sous le choc. On ne sait pas du tout comment ça va aller pour la suite, quand va venir le temps d'aller aux toilettes, de marcher, de s'asseoir...»

Pas d'ambulance

Audrey Lapointe affirme que la personne à l'accueil à l'hôtel a refusé d'appeler une ambulance, même si les parents lui en ont fait la demande.

«On lui a demandé quatre fois d'appeler les secours. Il a fallu monter à la chambre pour appeler l'ambulance, parce que nous n'avions pas apporté notre cellulaire au spa. Nous étions en maillots de bain, avec la petite dans les bras, et on courait pour se rendre téléphoner à l'ambulance, raconte la mère, qui est enceinte. On voyait dans le maillot de Mélody que l'écumoire avait aspiré ses selles. Elle criait au meurtre. La femme à l'entrée m'a dit: "Votre fille a eu peur; allez vous reposer". À 18 h 28, j'ai appelé l'ambulance et à 19 h 55, ma fille était dans la salle d'opération. Elle n'avait pas seulement eu peur!»

«Je ne connais pas les normes, mais ce n'est sûrement pas normal de ne pas avoir de grille dans la bouche d'évacuation. En plus, l'hôtel ne nous a pas porté assistance du tout. Ça n'a pas de bon sens», relate celle qui s'était rendue à Québec afin de faire poser ses pneus d'hiver chez le concessionnaire chez qui elle a récemment acheté une voiture, à deux heures de route de la maison, pour ne pas passer les lignes de piquetage devant de nombreux concessionnaires de la région en lock-out. «C'est Mélody qui nous avait demandé pour aller dans des jeux d'eau», ajoute-t-elle.

Audrey Lapointe déplore également n'avoir reçu aucune nouvelle de l'hôtel depuis l'événement.

«Dimanche, il y avait encore du monde dans le spa. Ils ne nous ont pas contactés, pas dit un mot.»

Enquête

À la Sécurité publique de la Ville de Québec (SPVQ), on confirme que des enquêteurs se sont rendus sur place vendredi soir.

«L'enquête est en cours. La jeune fille était consciente lors de son transport à l'hôpital. Pour l'instant, la thèse de l'accident est privilégiée. L'enquête déterminera s'il y a matière criminelle au dossier», a expliqué Marie-Ève Painchaud, porte-parole de la SPVQ.

Audrey Lapointe affirme qu'aucune grille n'empêchait l'enfant d'être... (Photo courtoisie) - image 2.0

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Audrey Lapointe affirme qu'aucune grille n'empêchait l'enfant d'être littéralement siphonné par le filtreur.

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Impossible dans un spa résidentiel

Un événement comme celui survenu vendredi à Québec ne pourrait se produire dans un spa résidentiel, mais est beaucoup moins surprenant dans un spa avec un filtreur industriel.

«Les pompes faites pour un spa en béton siphonnent énormément, explique le spécialiste en spas chez Piscines Pro à Alma, Bernard Paradis. Comme il y a plus de gens qui circulent, ça prend une plus grande filtration.

«Ça ne pourrait pas arriver dans un spa à la maison, parce qu'il n'y a pas là de pompes industrielles. Selon le Code du bâtiment, ça prend une grille dans un spa avec un filtreur industriel. Ces grilles empêchent une succion trop forte. On parle quand même de tuyaux de deux à trois pouces de diamètre. Un enfant peut facilement rester collé là», ajoute-t-il lors d'un entretien téléphonique.

Audrey Lapointe affirme qu'aucune grille n'empêchait l'enfant d'être littéralement siphonné par le filtreur.

Témoignages discordants

À l'hôtel Ambassadeur, on en est encore à rassembler tous les morceaux du casse-tête avant de pouvoir dire ce qui s'est réellement passé. «Nous avons des éléments de réponses, mais nous attendons le rapport complet de la police», laisse savoir Félix Tremblay, de chez Pragmatique Communication, porte-parole de l'établissement.

Selon lui, certains témoignages ne concordent toujours pas. Par exemple, M. Tremblay souligne qu'un sauveteur s'est porté au secours de la famille.

Par ailleurs, Le Soleil a appris que la fillette n'aurait pas dû se trouver dans le spa qui est interdit aux enfants de cinq ans et moins. Une information que n'a pas voulu confirmer le porte-parole. «Je préfère ne pas répondre pour l'instant à cette question. Toutefois, je peux vous dire qu'il y a des contraintes sur l'utilisation du spa. Elles sont indiquées à l'entrée.»

Enfin, M. Tremblay défend l'employée de la réception dont l'attitude a été critiquée par Mme Lapointe. «Dans l'urgence de l'instant, il y a certainement eu une mauvaise communication, mais il n'y a pas eu de mauvaise volonté», souligne-t-il. N'empêche, en soirée lundi, la direction annonçait que l'employée était suspendue jusqu'à nouvel ordre.

Lundi, des experts tentaient de comprendre ce qui a pu se passer. «Une équipe s'assure qu'il [le spa]correspond à toutes les normes possibles et inimaginables. On a déjà eu quelques certitudes qu'il était conforme. Malgré cela, on a décidé de refaire un examen pour voir si on peut faire plus pour ne pas que ça se reproduise.»

Après avoir été remis en activité, dimanche, le spa est maintenant fermé en attendant les conclusions de l'analyse.

(Par Jean-François Néron, Le Soleil)

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