Arianne Phosphate lève 18,7 M$

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Jean-Sébastien David, vice-président à l'exploitation chez Arianne Phosphate, a réitéré la nécessité que Québec procède à l'émission du décret ministériel, ce qui permettrait d'aller de l'avant avec les travaux d'ingénierie détaillée du projet.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Arianne Phosphate a procédé à la fermeture de sa facilité de crédit élargie annoncée par communiqué le 8 octobre dernier, ce qui lui a permis de lever 18,75 millions$ auprès de ses prêteurs, Windermere Capital de Montréal, Ocean Partner de Londres et Mercury Financing des Îles Caïmans.

Cette facilité viendra à échéance le 31 décembre 2017 et complétera les facilités de crédit actuelles totalisant 12,5 millions$, lesquelles devaient expirer le 31 décembre 2015. Le montant restant peut être prélevé tel que requis par la Société.

La totalité de la facilité de crédit portera intérêt à un taux annuel égal à 6,25%, incluant tous les intérêts capitalisés, et ce, jusqu'à l'échéance de la facilité.

En entrevue, Jean-Sébastien David, vice-président des opérations chez Arianne, a mentionné que l'obtention de cette nouvelle ligne de crédit évitera l'émission de nouvelles actions sur le marché, ce qui aurait contribué à diluer l'actionnariat de cette société junior. «Les trois sociétés de placement nous supportent depuis les débuts. C'est 30 M$ qu'ils ont mis dans le projet. Ce sont des gens qui connaissent le dossier depuis cinq ans. Ils ont vu le projet évoluer.»

Cette nouvelle ligne de crédit a été obtenue tout juste avant la divulgation du rapport d'évaluation environnementale du BAPE. M. David a réitéré la nécessité que Québec procède à l'émission du décret ministériel, ce qui permettrait d'aller de l'avant avec les travaux d'ingénierie détaillée du projet, des travaux qui nécessitent entre quatre et six mois de travail.

De l'espoir pour le projet du Lac-Paul

La robustesse des coûts de production du projet d'Arianne Phosphate dans le secteur du Lac-Paul donne de l'espoir aux dirigeants de l'entreprise au moment où Mine Arnaud est dans l'obligation de suspendre le projet de Sept-Îles en raison de la décision du géant des engrais chimiques scandinave Yara de ne pas acheter la production de concentré pour le moment.

Au cours d'une entrevue qu'il accordait au Quotidien juste avant la sortie du rapport du BAPE, le chef de l'exploitation d'Arianne Phosphate, Jean-Sébastien David, indiquait que les récents développements du projet de Sept-Îles n'auraient pas d'impact négatif sur le projet à l'étude dans la région. Les deux projets visent la production de concentré de phosphate de haute qualité destiné aux marchés des engrais chimiques ainsi qu'à des industries connexes.

«Même si le produit final est pratiquement similaire, nous sommes en présence de deux projets bien différents. Le gisement du Lac-Paul offre une plus grande concentration de phosphate», précise M. David, ce qui signifie qu'il faut traiter moins de minerai dans le gisement d'AP pour obtenir une quantité similaire de concentré.

«Il y a un an, nous avons indiqué que des efforts importants seraient faits pour réduire nos coûts de production. Contrairement à ce que les gens pensent, le transport n'est pas un élément majeur dans les coûts de production. La plus grande partie des coûts se situe dans les phases de traitement du minerai. C'est pour cette raison que notre projet a des coûts de production plus bas, selon nos estimations», reprend le chef de l'exploitation.

Selon les derniers chiffres publiés par AP, les coûts de production pour le projet du Lac-Paul sont maintenant de 79$ US la tonne métrique de concentré chargée dans le bateau au quai de Sainte-Rose-du-Nord. Selon des chiffres obtenus par Le Quotidien, alors que le projet de Mine Arnaud situait ses coûts à un peu plus de 125$ la tonne. La différence est majeure si l'on considère que la minière régionale a déposé un projet prévoyant la production de 3 millions de tonnes métriques de concentré par année.

Le projet de Sept-Îles avait reçu un accueil particulièrement froid de la population lors de la commission d'enquête du BAPE. Le projet est situé aux portes de la ville et les citoyens avaient des objections à ce qu'une mine à ciel ouvert opère à deux pas de leur résidence, sans parler du rejet des résidus miniers et des poussières dans l'environnement immédiat du fleuve.

Le projet de Sept-Îles a de plus soulevé beaucoup de critiques des différents groupes de pression concernant le rôle d'Investissement Québec dans ce dossier. Ces groupes reprochent à Québec d'avoir investi l'argent des contribuables sans que Yara ne finance sa juste part des travaux réalisés jusqu'à maintenant. On fait état d'un investissement public de l'ordre de 30 M$ depuis le début de ce projet. Dans la région, Québec a injecté plus ou moins 2 M$ dans le projet d'AP pour permettre à la société de compléter ses études environnementales.

La fluctuation du dollar canadien apporte aussi de l'eau au moulin pour les administrateurs d'AP. L'étude de faisabilité a été réalisée avec un dollar canadien à 0,95 US$ alors que la valeur est maintenant de 0,75$. L'industrie de la construction a aussi besoin de contrats et les projets en cours démontrent que les entreprises sont en mesure de réaliser des contrats avec beaucoup d'efficacité. AP cite en exemple le projet de Stornoway qui respecte les échéanciers ainsi que les coûts de construction.

«Nous entrons dans une excellente fenêtre pour la réalisation d'un projet comme le nôtre. Notre souhait est d'intéresser un joueur majeur qui pourrait intégrer la mine du Lac-Paul dans son processus de production», a conclu Jean-Sébastein David.

(Par Louis Tremblay)

BAPE: réaction positive

La direction de la minière Arianne Phosphate (AP) tire des conclusions positives des recommandations du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE), même si l'organisme gouvernemental lie l'acceptabilité finale du projet de mine au Lac-Paul aux évaluations environnementales de la desserte maritime de Sainte-Rose-du-Nord.

L'entreprise a réagi, hier matin, à la publication vendredi du rapport du BAPE, dont les conclusions constituent une étape importante dans la réalisation du projet. La direction d'AP retient que le BAPE n'a pas soulevé d'objection majeure à la réalisation du projet, si ce n'est de tout le volet sur la desserte ferroviaire.

«Nous sommes particulièrement heureux que le rapport n'ait soulevé aucune objection majeure au développement de notre projet, nous laissant donc croire qu'il n'y a aucune raison pour que le gouvernement du Québec retarde son support au projet. Nous sommes également heureux de voir la commission mettre en évidence un grand nombre de points positifs associés au projet Lac-Paul», a déclaré Jean-Sébastien David, chef de l'exploitation de la minière.

«Compte tenu de l'ampleur de notre projet, il était prévisible que le BAPE soulève des questions concernant le processus entourant le développement des installations portuaires, lesquelles relèvent de la juridiction fédérale, et nous comprenons que le BAPE soit d'avis que le processus à suivre doit être précis et efficace. Nous croyons que les avis du rapport du BAPE sont acceptables et que leur réalisation fera de Lac à Paul un projet encore meilleur», poursuit M. David.

Le contenu du communiqué dissimule mal la véritable réaction de la minière qui n'a visiblement pas apprécié se faire rappeler que le projet de la desserte maritime aurait normalement dû faire l'objet de la même étude que la mine. C'est ainsi qu'elle indique dans son communiqué que plusieurs groupes qui supportent ce projet minier ont déjà demandé au gouvernement du Québec d'adopter un décret «immédiatement». Le gouvernement a le pouvoir d'émettre un tel décret puisqu'il n'est pas tenu d'appliquer en tout ou en partie les recommandations du BAPE.

Toute cette question de séparer les deux projets pourrait toutefois ouvrir la porte à une contestation judiciaire du projet. Les opposants pourraient faire valoir que la minière n'a pas respecté intégralement le règlement encadrant le processus d'évaluation du Québec.

(Par Louis Tremblay)

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