Élue députée de la circonscription de Jonquière

Une nouvelle vie commence pour Karine Trudel

La première semaine de la nouvelle députée néo-démocrate... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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La première semaine de la nouvelle députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, s'est passé «très, très vite».

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Depuis sa victoire à l'arraché contre le candidat libéral Marc Pettersen, le quotidien de la députée désignée de Jonquière, Karine Trudel, est un véritable feu roulant. Déjà, la néo-démocrate est en mesure de goûter à sa nouvelle vie.

Une semaine après son élection, Mme Trudel a accepté de se livrer à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien. Elle s'y est présentée souriante et énergique, sans la moindre empreinte de fatigue. Et pourtant, la dernière semaine, en plus d'être bien remplie, fut forte en émotions pour la mère monoparentale de deux enfants.

Inévitablement, un retour sur la journée électorale s'imposait d'entrée de jeu. «C'est trop frais encore! On s'en doutait qu'on ne l'aurait pas facile. Ce sont les petits détails et les petites attentions de chacun des 78 jours de campagne qui ont fait la différence. Avec mon équipe comme avec mes enfants, on s'était préparés autant pour la victoire que la défaite, pour ressortir gagnants dans les deux situations. À 6 h 30, mardi, j'attendais le cadran pour l'annoncer à mes enfants. Mes garçons ont crié de joie dans leur lit!», raconte Karine Trudel.

Rapidement, la question de la conciliation travail-famille a fait surface. «Être députée, ce n'est pas un travail, corrige avec justesse et délicatesse la nouvelle élue. C'est un engagement pendant quatre ans envers tous ceux qui ont mis un X à côté de ton nom, mais aussi tous les autres citoyens de ta circonscription. C'est d'être avec les gens.»

«Vous savez, l'élément déclencheur qui a fait en sorte que je souhaite être candidate, c'est quand le ministre conservateur Peter MacKay a dit qu'il y avait peu de femmes à la Cour suprême, car elles se sentaient coupables d'abandonner leurs enfants à la maison. Je venais de me féliciter, avec les résultats scolaires de mes deux fils, d'être une mère épanouie avec une famille extraordinaire. Le lendemain, j'ai rencontré Dany Morin et je lui ai dit que je trouvais ça inacceptable. Il m'a répondu que le NPD avait besoin de gens comme moi.»

Sa première réaction: «Je me suis dit que c'était impossible à cause de mes enfants. Je me suis fait prendre à mon propre jeu.»

Puis, son père l'a appelé le matin suivant pour aller prendre un café. «Mes parents m'ont dit qu'ils étaient à la retraite et m'ont demandé mon intérêt pour la politique, si je n'avais pas à m'inquiéter pour mes enfants. J'ai leur dit que je foncerais sans hésiter. Et ils m'ont dit de foncer, que j'avais leur appui», relate avec reconnaissance la mère de deux garçons, âgés de 8 et 10 ans.

Redonner aux autres

Karine Trudel n'avait jamais songé à se lancer en politique avant ce jour-là. Comme toujours, elle a décidé d'écouter son coeur, de faire confiance à sa spontanéité.

La néo-démocrate est habitée depuis toujours par le besoin de redonner aux autres, de s'impliquer pour défendre la démocratie. Cela lui vient de sa grand-mère, dit-elle. «Elle était impliquée à la Société Saint-Vincent-de-Paul. Je devais avoir 8 ans et je calculais les journées de congé en espérant que ça concorde avec ses journées de bénévolat», relate celle qui a été mannequin pendant 13 ans.

La première semaine de Karine Trudel en tant qu'élue fédérale «s'est passée très, très vite». «Mardi, j'ai passé la journée au téléphone et en entrevue. Depuis, je suis sur le terrain pour revoir les gens. Les organismes et les citoyens sont surpris de me revoir déjà. Je veux être très présente. On cherche donc un local rapidement pour notre bureau de circonscription. On a commencé les démarches, notamment au Carré Davis. Sinon, je lis de la documentation, enlève des pancartes ou ferme le local de campagne. Ça roule tellement vite», a énuméré, dans un seul souffle, l'ex-factrice et présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis huit ans.

À ses yeux, la politique sera une aventure enrichissante, autant pour elle que pour ses enfants.

Impatiente de se mettre au travail

Karine Trudel a manifesté son intérêt au Nouveau Parti démocratique pour se voir attribuer des responsabilités au sein du parti, notamment en matière de réglementation du travail ou de justice.

La députée désignée considère que son expérience en matière de droits du travail et de relations avec le public s'avère un atout de taille pour de telles fonctions, lorsque viendra le temps du remaniement de l'équipe néo-démocrate. Karine Trudel a réalisé des études universitaires en administration des affaires avant de faire le saut chez Postes Canada

La nouvelle députée de Jonquière se rendra à Ottawa la semaine prochaine pour participer à une formation de trois jours et à un premier caucus du NPD. Elle a d'ailleurs bien hâte d'avoir son horaire parlementaire pour pouvoir organiser sa vie entre le Parlement et sa circonscription.

Déjà, elle compte évoquer certains sujets qui lui tiennent à coeur et dont elle fera ses principaux chevaux de bataille en début de mandat, par exemple les services de proximité, le maintien des emplois au Centre de données fiscales de Jonquière, le soutien aux PME, les soins de santé et le régime de l'assurance-emploi.

Rapidement, Karine Trudel veut compléter son équipe et dénicher un local accessible pour y établir son bureau de circonscription, afin d'entamer son «vrai» travail, celui de répondre aux besoins des citoyens et d'écouter leurs idées. «Je veux être une députée intègre, accessible, ouverte, qui ne laisse pas de place à la partisanerie et qui oriente le citoyen vers les meilleures ressources disponibles. Pour mon équipe, je veux des gens à mon image: dynamiques et accessibles», a-t-elle fait valoir.

Fonceuse et spontanée

L'élue se définit comme une fière travailleuse, fonceuse et spontanée. Avec un côté givré et un côté plus délicat. «Je suis capable de défendre bec et ongles une position, et l'autre partie est mieux d'avoir des arguments solides. Mon père me surnomme parfois le bulldog. Mais en même temps, je suis attentive, spontanée. J'attends le bon moment pour foncer et j'essaie de travailler avec positivisme et réalisme, en demeurant proche de l'humain.»

Mme Trudel a toujours suivi la politique de près. Elle se voit en politique à long terme. «La politique se fait un pas à la fois pour gagner la confiance et continuer d'aller vers l'avant», conclut-elle.

Ce qu'elle a dit

Sur son lien d'emploi avec Postes Canada:

• «J'ai obtenu un congé sans solde de trois mois. Le renouvellement de la convention collective se fait en 2016. J'ai une bonne entente avec l'employeur, alors j'espère pouvoir prolonger ce congé sans solde.»

Sur la fin du service régional de livraison du courrier à domicile:

• «C'était une journée très triste vendredi pour les facteurs, mais pour les clients aussi. Cela nous rappelle l'importance des services de proximité, surtout avec une population vieillissante. Pour certaines personnes, le facteur était la seule personne qu'elles voyaient dans leur journée. J'ai hâte de voir l'engagement des libéraux, qui sont nébuleux. On espérait l'annonce d'un moratoire vendredi.»

Sur sa confiance envers le chef du NPD, Thomas Mulcair:

• «J'ai une pleine confiance en notre chef. Je lui ai encore parlé vendredi. Quand mes enfants l'ont vu à Alma, ils étaient tellement fiers!»

Sur son rôle de député dans un parti de seconde opposition:

• «Il faut simplement être encore plus actif et accepter de travailler en collaboration. Je suis prête à travailler avec Denis Lemieux. Plusieurs projets chevauchent nos deux circonscriptions. C'est un défi, mais je me sens capable de le relever.»

Sur les délimitations de sa circonscription:

• «J'ai l'ambition de tenter de faire changer la perception que la circonscription de Jonquière se limite à Jonquière, peut-être en faisant changer le nom. Je vais me renseigner et faire les démarches nécessaires pour voir ce que l'on peut faire avant la prochaine révision de la carte électorale.»

Sur sa campagne électorale:

• «Je veux remercier l'équipe, tous ceux et celles qui ont cru en moi, et évidemment, tous les électeurs. J'invite d'ailleurs ceux qui n'ont pas voté pour moi, peu importe vos allégeances, à venir nous rencontrer. On va être là pour vous aussi.»

Sur la réputation du NPD dans Jonquière après la volte-face de Claude Patry:

• «J'ai dû expliquer aux gens que la loi électorale le permet, que c'était son choix et non celui du parti. Il y aurait peut-être un travail à faire pour modifier la loi électorale pour que cela n'arrive plus. Il y a des gens qui votent pour le candidat, mais d'autres votent pour le parti ou le chef également.»

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