PFR: des fermetures d'usine seraient inévitables

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Richard Garneau a dressé un portrait sombre de la situation de sa compagnie aux maires de la région.

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Louis Potvin
Le Quotidien

«Si les choses ne s'améliorent pas, les carnets de commandes seront trop dégarnis pour assurer une opération rentable des usines et la fermeture deviendra inévitable.»

C'est le constat qu'a livré le grand patron de Produits forestiers Résolu Richard Garneau, jeudi soir, lors d'une rencontre avec plusieurs maires de la région. Cette citation est inscrite noir sur blanc dans le document qui leur a été présenté et dont le Quotidien a obtenu copie.

Selon les propos de Richard Garneau, trois facteurs mettent en péril l'industrie forestière régionale. Ce sont les droits compensateurs sur le papier supercalandré qui affectent les usines de Dolbeau et Kénogami, la campagne de Greenpeace et ForestEthics, qui fait perdre des clients à Résolu, et les approvisionnements incertains en lien avec les dossiers du caribou forestier, des aires protégées et des massifs de forêts intactes.

Est-ce qu'il s'agit d'une présentation trop alarmiste qui vise à faire peur aux élus pour qu'ils fassent pression sur le gouvernement? Non, juge Richard Hébert. «Au début de la présentation, certains élus montraient un certain scepticisme. Après l'exposé de monsieur Garneau, tous étaient convaincus que l'heure est grave. Ce qui est le plus compliqué dans cette histoire, c'est que peu importe ce que l'on fait, rien ne semble vouloir changer et ça ne touche pas que Résolu mais toutes les compagnies forestières», déclare le maire de Dolbeau-Mistassini.

À cette rencontre, on retrouvait les préfets des MRC et de nombreux maires de la région, dont celui de Saguenay, Jean Tremblay.

On sent, à la lecture du document, que Résolu semble se diriger vers un mur. Des lettres et courriels de compagnie comme 3 M, Kymberly-Clark et CVS sont exposés pour montrer sur quelles bases reposent leurs décisions de couper leur lien d'affaires avec la multinationale. Résolu semble dépourvu en lisant ce qui suit: «Malgré les interventions du gouvernement du Québec et du gouvernement fédéral, malgré l'implication importante des intervenants clés en région, malgré nos investissements en communications pour contrer ces campagnes, Résolu a perdu des contrats, en a vu d'autres être diminués significativement. Pour compenser en partie, Résolu doit composer avec de nouveaux clients situés outre-mer, avec des coûts plus élevés et des conditions de paiement nettement moins favorables», lit-on dans le document.

Droits compensateurs

Par ailleurs, les droits compensateurs imposés sur le papier surcalendré par les Américains ajoutent à l'inquiétude. Les suppléments à payer pour exporter aux États-Unis représenteraient par année 16,4 M$ pour l'usine de Dolbeau et 17,6 M$ pour celle de Kénogami.

Malgré ce portrait sombre, la compagnie ne baisserait pas les bras. «D'autres pourraient se décourager, mais on ne peut se le permettre: les enjeux sont trop importants pour la région, l'industrie des produits forestiers et Résolu. Trop d'emplois en dépendent, trop de familles en dépendent», mentionne-t-on dans le document présenté jeudi soir aux élus de la région.

Alma: le syndicat et le premier ministre se rencontrent

Des syndiqués de la papetière d'Alma de Produits forestiers Résolu ont rencontré le premier ministre Philippe Couillard pour parler de l'avenir de l'usine.

«Je ne veux pas dévoiler le contenu de la rencontre. Nous avons une stratégie et ce n'est pas le moment de dévoiler de l'information», a indiqué le président du Syndicat national des travailleurs des pâtes et papier d'Alma affilié à la CSN Jean-Pierre Lebel.

Il a été question de la fermeture de la machine #9 et des perspectives d'avenir pour l'usine. L'inquiétude est palpable au sein des travailleurs. Ils attendent toujours que la compagnie propose des projets d'investissements, mais le contexte n'est pas favorable pour le faire, selon Résolu.

Jeudi soir, des syndiqués ont rencontré Richard Garneau qui leur aurait fait la même présentation que celle présentée aux élus de la région. Jean-Pierre Lebel n'a pas voulu faire de commentaires sur les aspects qui ont été abordés.

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