Démission de Stéphane Bédard

La fin d'une dynastie

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Depuis, toujours selon Stéphane Bédard, il y a eu des discussions avec sa conjointe Janick Tremblay, sur son départ de la politique, et il ne restait qu'à choisir la journée de l'annonce.

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Stéphane Bédard a dit bien des choses pendant la journée d'hier, mais le plus bel héritage qu'il laisse en politique est à ses yeux l'adoption de la Loi sur l'intégrité dans les contrats gouvernementaux, puisque cette valeur a toujours été à la base de son engagement politique et constitue pour lui un signe de respect à l'endroit des électeurs qui ont accepté de lui faire confiance alors qu'il n'avait que 30 ans.

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Stéphane Bédard n'a pas démontré d'intérêt pour la mairie de Saguenay et sa conjointe a rappelé que le député de Chicoutimi était avant tout un souverainiste convaincu et non un politicien de carrière. La fonction de député lui permettait de promouvoir cette idée.

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Malgré les nombreuses analyses et spéculations sur les raisons du départ de l'une des têtes d'affiche du mouvement souverainiste, notamment celles voulant qu'il existe un conflit avec le chef Pierre Karl Péladeau, le principal intéressé refuse d'entrer dans ce débat: «J'ai toujours été loyal envers les chefs du Parti québécois et je vais le rester jusqu'à la fin. Ça ne peut pas fonctionner autrement», a soutenu le député de Chicoutimi.

D'après les explications fournies hier par le député et sa conjointe Janick Tremblay, le moment de vérité est arrivé l'été dernier, alors que Stéphane Bédard a organisé un camp avec ses enfants et ceux des autres membres de sa famille pendant une semaine à l'abri du rythme infernal de la vie politique: «À partir de ce moment, j'ai su qu'il me restait moins de temps à faire que ce que j'avais fait.»

Depuis, toujours selon Stéphane Bédard, il y a eu des discussions avec sa conjointe Janick Tremblay et il ne restait qu'à choisir la journée de l'annonce. La décision de Pierre Karl Péladeau de le remplacer au poste de leader n'a pas été facile à accepter, mais elle n'a pas pesé lourd dans la balance puisque la réflexion était grandement amorcée lors de cet événement.

«La période de 2010 et 2011 a été très difficile», a poursuivi celui qui occupait le rôle de leader dans l'Opposition. C'est aussi pendant cette période qu'il s'est fait la réputation de dur à cuire dans les débats à l'Assemblée nationale.

«J'ai représenté ma région et mon comté avec fierté. Et comme on le fait dans la région, des fois il faut parler fort pour se faire entendre. J'ai vraiment voulu incarner le style d'une région dans mon travail», plaide le député pour justifier son style particulièrement combatif dans le salon bleu.

Avenir indéterminé

L'âge, en plus de ses obligations familiales, est un autre facteur qui compte dans la décision de celui qui met un terme à 18 ans de vie politique active. Il croit qu'il est temps pour lui de réorienter sa carrière dans un domaine qu'il n'a pas encore identifié. Rien ne permet d'avancer pour le moment que Stéphane Bédard retournera au droit et il entend bien réfléchir à ce que sera sa nouvelle vie jusqu'à Noël.

Interrogé sur les réalisations dont il est particulièrement fier, Stéphane Bédard est revenu sur l'annonce de la route du parc des Laurentides par les premiers ministres Bernard Landry et Jean Chrétien. Il compte aussi dans ses souvenirs tout le développement de l'hôpital de Chicoutimi, dont les travaux de rénovation de l'urgence.

«Dans notre métier de député, une journée vous téléphonez au président d'Hydro-Québec et le lendemain, vous contactez la maison des sans-abri parce qu'une personne dans le besoin s'est présentée à votre bureau et qu'elle a besoin d'une place.»

Stéphane Bédard a aussi remercié le personnel de son bureau de comté qui a gardé le fort pendant toutes ces années. Le bureau du député de Chicoutimi n'a jamais été fermé une seule minute pendant ces 17 dernières années et il a souligné l'engagement de son personnel envers les électeurs de son comté.

«J'ai été chanceux d'être élu député à 30 ans. Quand je pense à des vrais militants comme Magella Tremblay qui ont tout fait pour se faire élire sans jamais réussir», a conclu Stéphane Bédard avec beaucoup de respect pour les pionniers du parti dans la région.

Scrutin fédéral: une certaine lassitude paraissait

La dernière apparition publique officielle de Stéphane Bédard a eu lieu lundi soir lors la soirée électorale fédérale, au Bistro du Fjord, et le député péquiste n'avait jamais semblé alors aussi loin de la politique.

Interrogé à ce moment sur son avenir politique par Le Quotidien, le député de Chicoutimi avait indiqué qu'à ce moment précis de sa vie, il songeait de plus en plus aux obligations familiales. Ses trois enfants ont vieilli et il sentait de plus en plus l'importance de se rapprocher de sa famille.

« Ma conjointe a son travail. Elle est extraordinaire. Elle veille à ce que tout soit bien organisé quand nous avons des événements à l'extérieur de la région. Ça demande beaucoup d'organisation et elle le fait très bien », a alors expliqué le député de 47 ans en regardant défiler à l'écran les résultats de la soirée qui confirmaient que les souverainistes ne se rangeaient pas en aussi grand nombre qu'il l'aurait souhaité derrière le Bloc québécois.

Il a alors exprimé beaucoup de respect pour le chef Gilles Duceppe qui se dirigeait vers une seconde défaite dans son fief de Laurier-Sainte-Marie, malgré selon lui une campagne exceptionnelle.

Stéphane Bédard est ensuite revenu sur ses valeurs familiales en indiquant vouloir voir grandir ses enfants, se rapprocher des siens et ainsi soutenir sa conjointe pour la période de l'adolescence des filles. « Ce sont des moments importants et je ne veux pas les manquer », a-t-il répété à quelques reprises.

Lors de cette discussion et contrairement à ses habitudes, Stéphane Bédard semblait beaucoup plus préoccupé par les affaires familiales que par les fines analyses sur les résultats de la soirée.

Stéphane Bédard a été plus discret quant aux raisons qui ont amené Pierre Karl Péladeau à le rétrograder au rôle de simple député. Malgré le caractère informel de la discussion, il a été très discret sur la décision de son chef de confier à Bernard Drainville le rôle de leader parlementaire, un poste prestigieux à l'Assemblée nationale du Québec.

Cette décision de Pierre Karl Péladeau a toutefois marqué un tournant dans la petite histoire du Parti québécois où la famille Bédard a toujours joué un rôle central en raison de la grande influence de Marc-André qui a fait partie du premier gouvernement souverainiste au Québec.

Depuis qu'il a été muté au rôle de simple député, Stéphane Bédard est demeuré très loin des micros et a encaissé le coup.

Le député de Chicoutimi à l'Assemblée nationale a été élu pour la première fois en 1998. Il a occupé différents postes au sein des gouvernements Bouchard et Landry avant de retourner sur les banquettes de l'opposition, où il s'est fait remarquer à titre de leader parlementaire.

L'élection de Pauline Marois a permis à Stéphane Bédard de revenir dans les hautes sphères du pouvoir alors qu'il a été nommé au poste de président du Conseil du trésor jusqu'à la défaite du gouvernement péquiste.

C'est également lui que les péquistes ont choisi comme chef par intérim lors du départ de Pauline Marois, jusqu'à l'élection de Pierre Karl Péladeau à la direction du Parti québécois. Les observateurs croyaient que Pierre Karl Péladeau allait reconduire Stéphane Bédard dans son rôle, en raison de la présence de ses frères Éric et Maxime dans l'entourage de l'ex-patron de Québecor.

Mardi, des personnes de son entourage confirmaient que Stéphane Bédard avait perdu de l'intérêt, mais affirmaient qu'il n'était pas question de démission.

Lors de la brève conversation de lundi soir, le député de Chicoutimi a souligné qu'il aimerait revenir au droit. Le député de Chicoutimi a annoncé officiellement sa démission lors de la reprise des travaux de l'Assemblée nationale aujourd'hui, une procédure inhabituelle. Louis Tremblay

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