Les agriculteurs veulent davantage de reconnaissance

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En conférence de presse, Yvon Simard, président de la Fédération régionale de l'UPA, accompagné de Martin Caron, deuxième vice-président général de l'UPA, a rappelé que les revenus annuels des 1200 producteurs totalisent 271,6 M$, dont 113,1 M$ uniquement dans la production laitière.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Au moment où l'agriculture vit un vent de changements importants avec la signature possible de l'entente de Partenariat transpacifique (PTP) et l'imposition de normes environnementales de plus en plus rigoureuses dans un contexte de désengagement de l'État, les agriculteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean souhaitent obtenir davantage de reconnaissance en tant qu'acteurs économiques d'importance.

Réunis à Jonquière dans le cadre de leur 85e congrès annuel sous le thème «On cultive aussi l'économie locale», une soixantaine d'agriculteurs ont pu discuter d'accaparement des terres, d'assurance agricole, de tarification compétitive pour les locataires de bleuetières et de financement de la recherche agricole.

En conférence de presse, Yvon Simard, président de la Fédération régionale de l'UPA, accompagné de Martin Caron, deuxième vice-président général de l'UPA, a rappelé que les revenus annuels des 1200 producteurs totalisent 271,6 M$, dont 113,1 M$ uniquement dans la production laitière. «Collectivement, les agriculteurs investissent annuellement 50 M$ dans tous les territoires de la région. Lorsque quelqu'un investit 100 000$ dans son entreprise, on en fait une grande annonce. Les agriculteurs font régulièrement de tels investissements dans l'anonymat», a indiqué M. Simard.

Recherche et développement

Les deux porte-parole ont ajouté que la reconnaissance du travail des agriculteurs devrait se concrétiser également auprès des gouvernements supérieurs afin qu'ils investissent davantage dans le secteur de la recherche et développement ainsi que dans le contrôle à la frontière canado-américaine de l'entrée des protéines laitières. «On réalise actuellement qu'il y a un désengagement de l'État. On vient de faire une brèche au niveau de la gestion de l'offre laitière de 3,25%. On vit avec une coupe de budget de 14,5% au niveau du ministère de l'Agriculture, qui se traduit par une diminution d'une centaine d'agronomes ainsi qu'à la Financière. Le Canada est le pays qui soutient le moins l'agriculture», a déclaré M. Caron.

Pressions

M. Simard a mentionné qu'en dépit de l'élection d'un nouveau gouvernement libéral à Ottawa, l'UPA entendait maintenir la pression puisque les libéraux se sont engagés à revoir la réciprocité dans les échanges entre les divers pays signataires, alors que plusieurs pays n'ont pas les mêmes normes environnementales et sanitaires et par le fait même doivent faire face à des coûts de production moins importants. Il y a une perte de contrôle aux frontières. On s'attend de M. Trudeau qu'il s'organise pour que les contrôles aux frontières soient présents. Après 100 jours de gouvernement, si M. Trudeau ne fait rien, il doit s'attendre à ce que les agriculteurs retournent à la rue», affirme M. Caron.

Outre les compensations pour les agriculteurs, des campagnes d'information s'adressant aux consommateurs sur ce qu'ils retrouveront dans leur assiette seront des outils utilisés par les agriculteurs pour contrer les effets de l'accord.

Grogne

M. Simard reconnaît que l'annonce de la conclusion de l'accord transpacifique a soulevé de l'inquiétude et une certaine grogne parmi les agriculteurs de la région. Combinée à la baisse du prix du lait depuis quatre mois, l'annonce a créé des remous. «Quand t'as une épée de Damoclès au-dessus de la tête, que les factures ne se paient pas, ça crée des tensions avec la famille, ton épouse. Tu deviens plus agressif et tu passes le message à ton syndicat. Ç'a été plus vigoureux, mais ça s'est fait dans le respect des individus», a indiqué le président de l'UPA régionale.

Le 19 novembre prochain, les administrateurs de l'UPA feront le point sur ses façons de faire au niveau politique, des communications, de la participation de la relève agricole à la vie syndicale à l'occasion d'un lac-à-l'épaule.

Les principales résolutions adoptées par le Congrès

• Entreprendre les démarches auprès de la Financière agricole du Québec afin qu'elle accélère les délais de traitement des dossiers, principalement dans les dossiers d'Agri-stabilité.

• Faire des pression auprès des instances pour obtenir un programme d'assurance revenu agricole renouvelé et adapté aux besoins des producteurs tel qu'il était avant les mesures de resserrement plutôt qu'une migration vers les programmes Agri tel que proposé.

•Appuyer le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec et le Regroupement des locataires de bleuetières de la région dans leurs démarches pour mettre en place une tarification compétitive des baux pour les entreprises agricoles.

• Poursuivre les rencontres et démarches auprès du gouvernement fédéral pour favoriser le développement de la ferme expérimentale de Normandin pour la recherche sur l'amélioration des cultures régionales et pour le développement de nouvelles cultures nordiques.

• Négocier avec le fédéral pour qu'il ajoute une modulation au programme d'assurance-emploi afin de tenir compte du caractère saisonnier de certains secteurs économiques comme l'agriculture.

•Analyser la mise en place d'outils de soutien pour les producteurs qui vivent une situation de détresse.

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