Ce que le réseau ne peut donner

Caroline Gauthier et Réjean Baribeau entourent Johanne Desmeules.... (Photo Le Quotidien, Katerine Belley-Murray)

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Caroline Gauthier et Réjean Baribeau entourent Johanne Desmeules. Mme Desmeules habite la RI depuis plus de deux ans.

Photo Le Quotidien, Katerine Belley-Murray

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Offrir un hébergement entre le chez-soi et le milieu institutionnel. C'est ce que font Réjean Baribeau et Caroline Gauthier à la ressource intermédiaire qu'ils possèdent depuis 22 ans sur la rue Price Ouest à Alma.

Dans la superbe ancienne maison des directeurs de Price, M. Baribeau et Mme Gauthier s'assurent que les 14 résidants de la RI en santé mentale passent d'agréables journées et tendent vers le rétablissement - c'est-à-dire qu'ils vont au maximum de leurs capacités.

Les RI de tout le Québec tenaient une journée portes ouvertes, hier. Le tout a en partie comme objectif de démontrer que de bonnes choses se font dans ce type de ressource.

«Des événements déplorables se sont produits, explique Réjean Baribeau, faisant référence en outre à cet homme maltraité dans une RI à Charlevoix. Ce sont des gestes inacceptables, des cas isolés. On veut démontrer que nos gens ont un bel environnement ici.»

«Quand on a une personne qui passe ici et qui réussit à se louer un appartement plus tard, c'est un bonheur extraordinaire pour nous parce que ça signifie qu'elle a progressé chez nous. Nous sommes avec les plus démunis. Les RI leur permettent de vivre en communauté, en sécurité, avec trois repas par jour sur la table.»

Toutes les semaines, parfois tous les jours, une infirmière bachelière et une travailleuse sociale, employées par le CIUSSS, se rendent à la RI de la rue Price Ouest. Au total, neuf personnes sont employées par la RI afin de s'occuper des 14 résidants.

«Peu de gens savent même que nous existons, pointe M. Baribeau. Les propriétaires sont dévoués. On offre des services que le réseau ne peut donner. Nous sommes une belle alternative pour l'hébergement. Il y a 800 ressources intermédiaires au Québec qui hébergent un total de 13 000 personnes.» La région compte 32 RI, dont quatre en santé mentale.

La RI de Mme Gauthier et M. Baribeau représente «un milieu de vie le plus près possible du chez-soi». Pendant 20 ans, le couple a même habité la résidence. Les quatre enfants du couple également. «Pour les enfants, il y a zéro différence entre une personne et une autre, note Mme Gauthier, soulignant que la cohabitation s'est faite dans l'harmonie. Nous avons décidé d'acheter la RI quand la mère de Réjean nous a annoncé qu'elle voulait prendre sa retraite. C'est elle qui la gérait auparavant.»

Le couple ne semblait pas destiné à ce milieu. Mme Gauthier et M. Baribeau habitaient à Montréal. «Je n'aurais jamais pensé déménager ici. Par contre, pour les enfants, on trouvait que c'était parfait. Ça leur donnait un encadrement excellent, un milieu de vie enrichissant. Ma belle-mère nous a proposé cela en mai et en juillet nous rentrions dans la maison.»

C'était il y a 22 ans. Il y a deux ans, le couple a décidé d'acheter sa propre maison, «pour avoir un peu plus d'intimité.»

«On continue de travailler ici à temps plein, mais maintenant on a plus d'employés. On aime trop nos résidants pour juste partir.»

Témoignage

Johanne Desmeules habite à la RI en santé mentale d'Alma depuis deux ans et cinq mois. Elle est la seule des occupants qui a accepté de parler aux journalistes et d'être prise en photo dans le cadre de ces portes ouvertes, les autres craignant la stigmatisation.

«J'espère rester ici un bon bout. J'ai 51 ans. J'avais besoin d'un bon repos. J'étais épuisée. J'avais besoin d'une ressource comme celle-ci pour me remonter, mentalement et physiquement. J'avance très bien.»

«Vivre en appartement, c'est fini pour moi. Je me suis faite à l'idée. Je fais par contre mon lavage depuis deux mois. C'est déjà un bon pas. Je sors aussi régulièrement avec ma copine de chambre. On va à la Plaza. Je me suis fait une amie. On tient vraiment l'une à l'autre. Ce n'est pas toujours évident de s'accorder, puisque nous sommes 14. Parfois, ça demande beaucoup d'énergie.»

«J'aime les activités qu'ils offrent ici, comme la peinture, le bingo, le karaoke. Parfois on fait des sorties, des voyages. Cette année, nous sommes allés au camp Kiwanis à Saint-Gédéon. Nous sommes aussi allés à Québec, dans le Vieux-Québec. On y a vu le Château Frontenac.»

«On a un boss extraordinaire. Réjean et Caroline sont super. Ils veulent notre bien.»

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