La base montréalaise du CQFA

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Jean Laroche, directeur de la recherche et développement du CQFA à Dorval, affirme que 2500 personnes de tous les coins du monde reçoivent de la formation très spécialisée de son organisme basé à Montréal.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Bien des citoyens de la région connaissent le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) de Saint-Honoré, rattaché au Cégep de Chicoutimi. Mais bien peu savent que l'établissement a un pied à terre également sur l'avenue Orly, à deux pas de l'aéroport Pierre-Elliott Trudeau à Montréal, où sont dispensés des cours ultraspécialisés s'adressant à des professionnels de l'aviation comme des pilotes de ligne, du personnel de gestion de grandes compagnies aériennes provenant du monde entier, ainsi que des écoles privées de pilotage.

Au cours des derniers jours, Le Quotidien a visité l'établissement aménagé sur 5300 pieds carrés pour y rencontrer le directeur de la recherche et développement, Jean Laroche, un pur produit du CQFA. Diplômé du CQFA en 1984, M. Laroche est devenu dès sa sortie des classes instructeur de vol pour ensuite entamer en 1988 une carrière de pilote de ligne dans le Grand Nord canadien, puis chez Air Canada, aux commandes, pendant 20 ans, de Boeing 727, DC-9 et Airbus 340. En association avec Stanley Roscoe, un ex-collègue d'Howard Hughes, célèbre bâtisseur d'avions, M. Laroche créé la firme de consultants Aéro Innovation pour y développer divers instruments de formation dont un test d'évaluation psychologique qui s'applique dans 46 pays.

« Notre mission ici à Dorval est d'offrir de la formation pointue sur mesure aux entreprises oeuvrant dans le secteur de l'aviation. Ces formations sont offertes de façon récurrente ou ponctuelle. Elles s'adressent aux entreprises qui ne possèdent pas une masse critique d'employés pour organiser elles-mêmes l'acquisition de compétences. Dans une même classe, il peut y avoir une dizaine de personnes provenant de compagnies aériennes diverses qui sont formées par des enseignants contractuels que nous avons recrutés », explique M. Laroche. Une carte d'une cinquantaine de cours très diversifiée est constamment en évolution en fonction des besoins du milieu.

À titre d'exemple, le CQFA possède les ressources nécessaires pour la formation du personnel de gestion oeuvrant dans l'entretien hivernal des aéroports ou encore dans la formation de pilotes vérificateurs agréés. Des cours de survie en milieux inhospitaliers, la gestion des menaces et des erreurs en situation de pilotage, la formation intensive sur les piles au lithium, le givrage au sol des aéronefs, le vol en haute altitude, l'évitement d'impacts au sol sans perte de contrôle témoignent de la diversité des formations présentes à la carte d'enseignement du CQFA basé à Montréal. Annuellement, environ 2500 personnes y sont formées sur le site de Dorval ou par des formations en ligne.

Afin de poursuivre son effort de recrutement, le CQFA est en train de développer un réseau international de revendeurs de cours à Khartoum au Soudan, à Bejing, Beyrouth, au Nigéria, Madagascar, Brésil et au Chili.

Outre les trois classes de formation aménagées sur l'avenue Orly, le CQFA dispose d'un laboratoire comprenant un dispositif d'entraînement au vol de la classe des Boeing 737. « Lors de son acquisition, cet équipement a fait bien des sceptiques. Il s'avère très utile pour effectuer la mise à niveau pré-embauche des pilotes de ligne. Il s'agit en quelque sorte d'une salle de finition pour combler ce qui manque entre le travail et l'embauche. C'est le seul du genre qui existe au pays. On fait affaire avec des écoles privées à Saint-Hubert qui recrutent des étudiants européens en sachant que l'on dispose de cette expertise et qu'ils peuvent compter sur nous. Ce serait facile d'arriver avec nos gros sabots et de faire de la publicité là-dessus. Nous sommes une institution publique et notre rôle est d'être en support à des écoles de formation privée. Notre rôle est simple. Il consiste à écouter les besoins du milieu, à recruter des enseignants qualifiés et à enseigner », conclut M. Laroche.

Le centre de formation du CQFA basé à... (Photo Le Quotidien, Denis Villeneuve) - image 2.0

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Le centre de formation du CQFA basé à Dorval a pignon sur l'avenue Orly, un lieu stratégique situé entre l'aéroport Pierre-Trudeau et de grands hôtels afin d'accommoder le personnel des grandes compagnies aériennes du monde entier.

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350 000 $ de drones au fond du Saint-Laurent

Depuis la semaine dernière, le CQFA offre en ligne une formation sur le maniement des drones récréatifs, une formation non spécialisée d'une durée de deux heures trente destinée aux amateurs.

Selon les connaissances de jean Laroche, il doit y avoir au fond du fleuve Saint-Laurent une valeur d'au moins 350 000 $ de drones qui ont été perdus tout simplement parce que leurs propriétaires en étaient à leurs premières armes avec ces engins volants payés parfois au fort prix. Il explique que dans la région de Montréal, le CQFA compte parmi ses clients le distributeur d'équipements photographiques Lozeau. « Lorsqu'une personne s'inscrit à un cours de maniement des drones en ligne, elle l'achète du vendeur avec son logo, mais en réalité, il s'agit du cours que nous avons monté », explique M. Laroche.

Le nouveau cours se veut davantage une conversation entre le formateur et le consommateur destinée à démontrer jusqu'où il est plaisant de faire voler un drone, en ajoutant des informations concernant les assurances, les risques, les précautions à prendre en fonction des conditions climatiques.

Interrogé sur l'avenir de ce loisir, M. Laroche ne croit pas que la manipulation de drones deviendra une activité de masse en raison des coûts d'acquisition élevés de ces appareils, mais surtout parce que le plaisir de faire voler un tel engin s'estompe rapidement. Il y a des limites à adopter des passe-temps très dispendieux. S'il y a une vague de drones qui s'en vient, ce seront des drones qui ne seront plus pilotés par les utilisateurs, affirme le directeur.

De plus, les appareils mis en vente sont très peu robustes, ce qui ajoute à la difficulté de percer le marché récréatif.

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