Dame victime d'un malaise cardiaque

Confusion déplorable chez Air Médic

Rollande Gagnon et sa fille Josée Bouchard croient... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Rollande Gagnon et sa fille Josée Bouchard croient qu'Air Médic aurait intérêt à mieux informer ses membres sur les services offerts et les circonstances dans lesquels ils sont offerts.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Rolande Gagnon 67 ans, une Chicoutimienne membre d'Air Médic, remet en cause la fiabilité de l'information transmise par le service de transport héliporté en cas d'urgence, après avoir subi un malaise cardiaque alors qu'elle séjournait dans un chalet au km 83 au nord de la ZEC Onatchiway à la fin de septembre dernier.

En territoire isolé avec une quinzaine d'autres membres de sa famille un samedi soir, Mme Gagnon a ressenti un malaise, vers 19 h, alors qu'elle était attablée prête à souper. «J'ai fait signe à l'une de mes filles qui est infirmière que ça n'allait pas. À 19 h 08, mon autre fille a téléphoné avec l'appareil satellite à Air Médic pour demander de l'aide. Lors du premier appel, le préposé a répondu qu'il ne croyait pas qu'il y avait un hélicoptère de disponible dans la région. À 19 h 28, il a rappelé pour nous dire que tous les hélicoptères d'Air Médic étaient à Montréal, qu'il envoyait une ambulance au chalet et qu'elle serait rendue dans 40 minutes», affirme Mme Gagnon.

Jugeant que ce délai était irréaliste étant donné qu'il faut au minimum 90 minutes de transport routier pour se rendre dans le secteur de la rivière du Portage, Josée, la fille de Mme Bouchard, avise Air Médic que les membres de la famille à bord de deux camionnettes rejoindront l'ambulance au kilomètre 29 afin d'accélérer le transfert, chose qui fut faite. Mme Gagnon a été transportée à l'hôpital pour y recevoir des soins et elle est maintenant rétablie.

Enquête

Mettant en doute les motifs invoqués par le préposé aux appels d'Air Médic, Josée Bouchard décide d'aller au fond des choses en contactant l'un des dirigeants de l'organisme, Jean-Pierre Chavez, à qui elle raconte l'histoire. «M.Chavez a dit à ma fille qu'il était impossible qu'il n'y ait pas d'hélicoptère de disponible cette journée-là en remettant en question ce qu'elle disait. Il a demandé un délai de 48 heures afin d'écouter les enregistrements téléphoniques. En rappelant, il s'est confondu en excuses en nous expliquant que le motif invoqué n'était pas la centralisation des hélicoptères à Montréal, mais plutôt le fait que les hélicoptères ne peuvent voler de nuit», explique Mme Bouchard.

En entrevue, la dame affirme que le préposé d'Air Médic, en invoquant un mauvais motif, a fait perdre un temps précieux de 20 minutes, soit le délai entre le premier et le deuxième appel. La situation d'urgence aurait pu s'aggraver puisque la crise d'angine qu'a subie sa mère aurait pu se transformer en crise cardiaque.

Selon elle, Air Médic, lorsqu'elle recrute des membres, devrait prendre conscience qu'elle assume de grandes responsabilités puisqu'elle s'engage à fournir des services préhospitaliers d'urgence à des personnes séjournant en territoires forestiers non organisés où les services de communication sont limités et où les ambulanciers ne se rendent pas. Elle affirme qu'Air Médic aurait intérêt à bien mieux les renseigner sur les services qu'elle offre ou non en différentes circonstances, en fonction des conditions climatiques, de la saison, de la période du jour, etc., en leur fournissant des documents écrits et précis afin d'éviter toute confusion en situation d'urgence de façon à sauver du temps et des vies.

Mme Bouchard affirme que les cartes de membres sont bien souvent offertes dans le cadre de divers salons de chasse ou pêche sans plus d'explications qu'il ne le faut aux adhérents.

Du côté d'Air Médic, Jean-Pierre Sanchez, affecté au développement des affaires chez Air Médic, a mentionné que tous les renseignements sur les services offerts sont disponibles sur le site internet, tout en nous référant à Aziz Sikri, affecté aux communications et marketing. La consultation du site permet effectivement de lire que les hélicoptères d'Air Médic ne sont pas autorisés à voler la nuit selon les règles de Transport Canada.

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