Tous en choeur pour sauver l'église Saint-Raphaël

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Le clocher, qui ne peut plus supporter le vacillement des cloches traditionnelles, doit être repeint.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Alors que le pic des démolisseurs menace certaines églises de Saguenay, le choeur Saint-Raphaël se mobilise pour préserver le temple du même nom. Par l'entremise de deux activités de financement, la chorale de l'endroit, dirigée par Jocelyn Claveau, a amassé les sommes nécessaires pour colmater les 18 joints du bâtiment par lesquels l'air froid s'infiltrait depuis des années.

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Guy Desbiens et Jocelyn Claveau, respectivement secrétaire et directeur du choeur Saint-Raphaël, ont pris en charge le projet de réparation de l'église pour remédier aux infiltrations d'air froid. Un isolant flexible a dû être utilisé pour les 18 joints du temple.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

L'an dernier, Le Progrès-Dimanche a fait état de la décision de la Fabrique Saint-Dominique de ne plus chauffer l'église Saint-Raphaël en semaine dans le but d'économiser des sous. Les funérailles et les baptêmes ne pouvaient donc plus être célébrés entre le lundi et le vendredi. L'annonce a suscité un malaise chez de nombreux paroissiens. La direction de la chorale, qui n'avait pas été informée au préalable, a rencontré des représentants du conseil de Fabrique pour discuter de solutions. La paroisse est revenue sur sa décision au bout d'un mois et a rétabli le chauffage. Malgré tout, il faisait encore très froid entre les murs de l'immeuble emblématique de l'architecture religieuse moderne à Jonquière. La chorale, dont la plupart des membres sont des retraités, a convenu qu'il fallait faire quelque chose.

«La priorité était de réchauffer l'église. Il y avait des trous béants entre les joints. On était sur la tôle et il n'y avait plus d'isolant», explique Jocelyn Claveau, dont l'organisme a reçu l'aval de la Fabrique avant d'entreprendre ses démarches.

En mai, le choeur Saint-Raphaël a tenu une vente de garage, générant des profits de 5200$. À ce moment, Jocelyn Claveau et ses collègues ignoraient à combien s'élèverait la facture des travaux. Une soumission a été réclamée auprès de l'entreprise CMR Construction, ce qui a permis à la chorale d'apprendre qu'un investissement de 11 500$ était requis. L'entrepreneur a accepté d'exécuter les travaux en échange d'un premier chèque de 5200$. Pour le reste, un récital-bénéfice aura lieu le 25 octobre à 14h. Environ 500 billets sur les 600 disponibles ont déjà trouvé preneur.

Des choristes au chaud

Les travaux de colmatage ont eu lieu pendant la deuxième semaine de septembre. Vu le fait que l'église Saint-Raphaël a été construite sur des sols instables, une membrane flexible a dû être utilisée en guise d'isolant. L'effet de chaleur se fait déjà sentir et le choeur Saint-Raphaël est heureux d'avoir pu contribuer à la sauvegarde de l'église, dont la structure et les équipements étaient menacés par les variations importantes de température.

Les activités de financement organisées par la chorale permettront peut-être de générer quelques surplus. Si c'est le cas, tout l'argent sera utilisé pour l'entretien du lieu de culte auquel les gens du secteur sont encore très attachés. Le clocher, qui ne peut plus supporter le vacillement des cloches traditionnelles (l'église est dotée d'un système électronique) doit être repeint et la chorale n'écarte pas la possibilité de prendre le projet en charge, si le budget le permet.

L'orgue est perdu

L'absence de chauffage pendant un mois l'hiver dernier a signé l'arrêt de mort de l'orgue Providence de l'église Saint-Raphaël, évalué à 200 000$.

Le facteur d'orgue Luc Lessard est sans équivoque: «Le froid a ''scrappé'' les sommiers. L'orgue est irrécupérable». L'organier, qui connaît le majestueux instrument sous tous ses tuyaux, tient la Fabrique Saint-Dominique responsable de la perte de l'instrument, même si, selon lui, les dirigeants de la paroisse ne sont pas trop conscients de l'erreur commise en maintenant le système chauffage au strict minimum en plein hiver.

«On fait jouer la moitié de l'instrument et il joue très faux. On va peut-être sauver quelques tuyaux. Le reste va aller à la ''dompe''», confirme-t-il. Luc Lessard et le directeur du choeur Saint-Raphaël, Jocelyn Claveau, veulent maintenir un orgue à l'église Saint-Raphaël. Ils jouent leur dernière carte en négociant avec les soeurs du Bon Pasteur, qui songent à se départir de leur Casavant des années 60.

«On espère qu'elles puissent nous donner l'instrument. Si c'est le cas, il y aura beaucoup de travail à faire pour démanteler les deux orgues et installer celui des religieuses dans l'église. Ça va prendre environ trois mois», enchaîne le facteur d'orgue. L'instrument de l'église Christ-Roi, fermée au culte, demeure aussi une possibilité.

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