La Fête des anges du Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Steve Deschênes et Patricia Simard ont vécu le deuil périnatal. Mathis est décédé in utero à 24 semaines. Aujourd'hui, ils sont convaincus que leur fils veille sur sa petite soeur, Mathilde.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

La vie ne tient qu'à un fil. Pour les parents d'Arnaud, de Marianne et de Mathis, trois petits anges partis trop tôt, cette expression est bourrée de sens. Hier, ils ont rendu hommage à l'enfant qu'ils ont tant désiré, attendu et aimé. L'enfant que le destin leur a enlevé, cruellement, sans explication.

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Marie-Claude a perdu son petit trésor, Arnaud, deux heures après sa naissance.

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C'était la 8e édition de la Fête des anges du Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'événement avait lieu au Complexe funéraire Carl Savard de Chicoutimi-Nord. Il y avait tellement de chaleur, de sentiments et d'émotion dans cette salle remplie de parents et de grands-parents endeuillés qu'il fallait avoir la peau très épaisse pour demeurer insensible.

L'organisatrice de l'activité annuelle, Mélissa Gravel, a rappelé que ces bébés décédés pendant ou après la grossesse laissent un vide incommensurable dans la vie de leurs proches. Le deuil périnatal provoque un mal profond, un chagrin qui assombrit tout sur son passage et qui peut sembler, pour les personnes éprouvées, impossible à surmonter. Pour semer l'espoir, et pour laisser savoir une fois de plus à ces poussières d'étoiles qu'elles sont bien plus qu'un souvenir, l'activité a été créée.

Marie-Claude a été la première à prendre la parole. Celle qui était déjà maman de Charlie-Rose et de Raphaëlle a appris avec surprise et bonheur, il y a deux ans, qu'elle était à nouveau enceinte. La petite famille de L'Anse-Saint-Jean attendait avec impatience l'arrivée du poupon. Quand Arnaud est né, il a poussé un grand cri comme pour dire «Je suis là et je serai là dans chaque belle chose que la vie vous enverra». Aux prises avec une grave malformation cardiaque, il est parti, deux heures après avoir senti l'odeur et la chaleur de sa mère pour la toute première fois.

«Je me dis qu'Arnaud, c'est ce qu'il avait à faire sur la Terre. C'était son histoire à lui. Si j'ai un autre enfant un jour, il aura la sienne. Mon petit Arnaud est toujours là. Il fait partie de nos vies. Chez nous, ce n'est pas ''Au clair de la lune, mon ami Pierrot''. C'est ''Au clair de la lune, mon ami Arnaud''», a raconté Marie-Claude, qui a beaucoup pleuré pendant son témoignage. Très touchante, la maman qui a fait quatre fausses couches et qui a souvent eu l'impression «que la vie s'acharnait» sur elle a partagé sa fierté d'avoir traversé ce passage à vide avec son amoureux.

«Aujourd'hui, je suis capable d'en parler», a-t-elle confié, en terminant la lecture d'une lettre écrite à Arnaud pour ses funérailles. Puis un poème rédigé par une amie: «Tu as allumé une étoile avec tes mains. Il n'y a que toi partout dans le vent du Fjord...»

Élisabeth, le bébé espoir de Julie Turcotte et... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay) - image 2.0

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Élisabeth, le bébé espoir de Julie Turcotte et de son conjoint, est née un doux 22 décembre.

Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

«L'espoir et la victoire sont plus forts»

Julie Turcotte a appris à 18 semaines de grossesse que sa petite fille était atteinte de Spina bifida, une maladie du tube neural. La petite Marianne était désirée depuis 11 ans et ses parents, qui ont dû recourir à des traitements de fertilité, n'y croyaient pratiquement plus lorsqu'ils ont appris qu'elle s'était nichée dans le ventre de Julie.

«Selon les gynécologues, elle n'était pas viable et ne se rendrait pas jusqu'à la fin. On a suggéré l'interruption de grossesse», a raconté Julie, la voix vacillante.

«Marianne est née le 8 août 2012 à minuit quarante-cinq. Elle pesait une demi-livre. Nous l'avons bercée, embrassée et cajolée pendant cinq heures», a-t-elle poursuivi en présentant une photographie de sa fille.

Élisabeth, le bébé espoir de Julie Turcotte et de son conjoint, est née un doux 22 décembre.

«Quand l'espoir et la victoire sont plus forts que la peur, c'est à ce moment que nos rêves deviennent possibles», a conclu Julie, devant des dizaines de paires d'yeux remplis de larmes.

Pour Mathis

Le 17 juin, l'univers de Patricia Simard et de Steve Deschênes s'est écroulé. Le coeur de Mathis, leur premier enfant, a cessé de battre à 24 semaines de grossesse. Ce coup de Jarnac du destin les a laissés vides, froids, sans voix. Patricia devait prendre la parole, hier, mais elle s'en est trouvée incapable. Brave et vulnérable à la fois, le papa s'est présenté au micro pour parler de Mathis et de cette épouvantable épreuve que le couple ne souhaite à personne de vivre.

«On savait tous les deux qu'on voulait un autre bébé, mais qu'on ne ferait pas de bébé de remplacement», a résumé Steve. À la fin de la cérémonie, on pouvait voir la belle Mathilde, un rayon de soleil d'un an, blottie dans les bras de ses parents. Réuni dans une étreinte aussi solide que leur amour, le trio s'est laissé bercer par les paroles de Marie-Mai.

«Maintenant que tout est fait. Et qu'on ne peut pas revenir. Il faut se remettre à vivre. Faut se remettre à sourire.»

Après la cérémonie, les parents endeuillés ont libéré des ballons dans le ciel. Des messages en route vers le pays des anges.

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