Le ciel s'assombrit sur Kénogami et Dolbeau

L'usine Kénogami de Résolu produit du papier surcalendré... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

L'usine Kénogami de Résolu produit du papier surcalendré

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La région avait besoin de tout sauf d'une surtaxe de 20% sur les exportations de papier surcalendré aux États-Unis. Elle va lui faire perdre un avantage concurrentiel crucial en plus d'assombrir encore un peu plus l'horizon de cette industrie qui n'en finit plus de sortir d'une crise qui dure depuis 20 ans.

Cette décision du Département du commerce américain va affecter directement la production de papier des usines Kénogami et Dolbeau. Il s'agit des seules usines disposant des équipements nécessaires pour la production de ce type de papier utilisé principalement par le secteur de la publicité pour la production de circulaires.

«Ce n'est pas une très bonne nouvelle pour Kénogami», tranche sans réserve le président du syndicat Unifor qui représente les travailleurs de la machine à papier, Régis Duchesne. La nouvelle a eu l'effet d'une véritable bombe pour l'entreprise comme pour les travailleurs, alors que l'on s'attendait à l'imposition d'une surtaxe ne dépassant pas les 2 ou 3%.

Cette surtaxe signifie que les enquêteurs américains ont déterminé que la papetière Résolu bénéficiait de subventions importantes pour la production de papier surcalendré. Dans un très bref communiqué émis tôt hier matin, Résolu se défend d'avoir reçu des aides gouvernementales importantes pour la production de papier surcalendré.

«On ne sait plus quoi penser. C'est une autre tuile qui nous tombe sur la tête. Ça ne finit plus. Je suis dans cette industrie depuis 37 ans et ça fait 20 ans que nous sommes en crise. Si ça continue, tout va fermer et si nos machines à papier ferment, les usines de sciage vont aussi fermer. C'est clair que cette surtaxe va avoir un impact direct sur nos coûts de production», insiste le leader syndical qui a discuté de toute cette problématique avec les dirigeants de Résolu immédiatement après l'annonce.

«La taxe est une chose», reprend Régis Duchesne. «On ajoute à ce problème celui des campagnes de Greenpeace contre nos clients même si nous savons très bien que nos pratiques forestières sont parmi les plus modernes au monde. On dirait que personne ne veut nous défendre contre ces attaques à répétition. Un de ces jours, on ne pourra plus rien faire», a conclu le président du syndicat Unifor.

Le porte-parole de Résolu, Karl Blackburn, est demeuré très prudent dans ses commentaires. Il a indiqué que la compagnie se limitait au contenu du communiqué pour le moment et procédait aux analyses afin de déterminer ce qui a pu amener un tel revirement de la part des Américains.

«Le Département du commerce avait pourtant évalué le taux de subvention de Résolu à 2,04%. Le Département du commerce justifie le changement sur la base de certains faits défavorables qu'il possède, soutenant que la Société n'aurait pas pleinement collaboré à son enquête», indique le communiqué de la papetière qui, dans le paragraphe suivant, se défend de ne pas avoir participé à cette enquête.

Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec, André Tremblay, indique qu'il est nécessaire d'analyser tous les éléments de cette décision avant de se prononcer. La décision a tout de même surpris le conseil. La pénalité qui sera payée sur chaque tonne de papier exportée aura, selon M. Tremblay, un impact sur la capacité concurrentielle de la production québécoise de papier surcalendré. L'entreprise bénéficiait en ce moment d'un avantage en raison de la valeur du dollar canadien.

Dans la même décision, le Département américain du commerce impose une surtaxe de l'ordre de 20,18% pour le papier surcalendré produit à l'usine de Port Hawksbury de la papetière Port Hawkesbury Paper LP en Nouvelle-Écosse. Dans ce cas, l'entreprise a bénéficié d'une aide gouvernement directe d'un peu plus de 250 M$ pour relancer les opérations de cette usine qui est considérée comme l'une des plus modernes en Amérique du Nord. En effet, elle produit une feuille de 400 pouces de large à haute vitesse alors que la machine visée par la surtaxe à Kénogami produit une feuille de seulement 220 pouces avec une technologie beaucoup moins récente.

La relance de la machine subventionnée en Nouvelle-Écosse a déjà provoqué au Québec la fermeture de la dernière machine à papier de l'usine Laurentides de Shawinigan. La dimension de cette machine construite par la papetière scandinave Stora lui confère des avantages imbattables pour une machine comme Kénogami.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer