Dépôt d'une demande de recours collectif de 14 M$

Un recours collectif est déposé contre l'ancien abbé... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Un recours collectif est déposé contre l'ancien abbé Paul-André Harvey et la Corporation épiscopale catholique romaine de Chicoutimi pour compenser au moins 39 victimes.

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L'ancien abbé Paul-André Harvey et la Corporation épiscopale catholique romaine de Chicoutimi pourraient être poursuivis, par le biais d'un recours collectif, pour une somme minimale de 14 millions de dollars en dommages moraux et punitifs envers 100 victimes potentielles.

Les dirigeants de l'Association des jeunes victimes de l'église (AJVE), constituée pour instituer les présentes procédures, ont déposé, le 14 octobre, une requête pour autorisation d'exercer un recours collectif en Cour supérieure du Québec.

Le document de 19 pages, déposé par la firme d'avocats Trudel, Johnston et Lespérance, revient sur les faits et gestes de Paul-André Harvey, à l'époque où il était prêtre dans le diocèse de Chicoutimi, lesquels justifient cette action en responsabilité civile.

L'AJVE demande au tribunal d'accueillir l'action en recours collectif et demande de condamner solidairement Paul-André Harvey et la Corporation à payer à chaque membre du groupe une somme de 125 000$ à titre de dommages compensatoires (moraux). L'organisme veut que l'intimé soit de plus condamné à verser 25 000$ à chaque membre à titre de dommages punitifs et de condamner aussi la corporation à faire de même, le tout avec dépens, les frais d'avis, d'administration et des experts.

Il y a un peu plus d'un mois, Harvey a été condamné à six années de pénitencier pour avoir abusé sexuellement de 39 victimes âgées de 8 à 10 ans entre les années 1963 et 1987. Pour ces jeunes filles, le recours s'élèverait à près de 7 millions de dollars. Mais l'association croit qu'il pourrait y avoir entre 80 et 100 victimes, ce qui suppose un recours variant de 14 à 17,5 millions de dollars.

Dans la requête, les responsables de l'AJVE visent naturellement l'homme d'Église, mais aussi l'Église et feu monseigneur Marius Paré. Les requérants estiment que les membres du diocèse étaient au courant de cette situation, mais qu'ils n'ont rien fait.

À l'article 2,21 de la requête, l'association des jeunes victimes de l'église révèle que l'évêque Marius Paré, en poste de 1961 à 1979, était parfaitement au courant de la situation. Il avait été avisé que l'une des victimes avait dénoncé l'abbé Harvey en 1966. Elle avait été immédiatement convoquée à l'évêché.

On y écrit que monseigneur Paré a sommé la fillette de se mettre à genoux devant lui, l'a giflée, l'a traitée de menteuse et l'a intimée de prier Dieu pour cesser d'être une menteuse.

«Ni Paré, ni quiconque au Diocèse n'a pris la moindre mesure pour restreindre le ministère d'Harvey ou lui interdire d'être en présence d'enfants», écrit-on un peu plus loin.

Pourtant, Paul-André Harvey avait fait part de sa problématique à ses supérieurs au sein de l'église, mais ceux-ci lui avaient dit de prier plus fort.

Dans le document, la requérante justifie le recours par le fait que tous les membres ont subi un préjudice causé par les agressions sexuelles commises par Harvey et qu'il a porté atteinte à l'intégrité et à la dignité des victimes.

Les responsables du diocèse de Chicoutimi ont transmis le dossier à leur compagnie d'assurance.

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